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 Paleontologie, l'actu...

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tanka
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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 17 Aoû 2011 - 0:48

L’archéoptéryx n’est plus l’ancêtre des oiseaux

Sacré cadeau: cent cinquante ans après sa découverte, l’archéoptéryx n’est plus un oiseau ! L’étude d’un nouveau fossile découvert en Chine oblige les paléontologistes à repenser les liens entre oiseaux et dinosaures, notamment en changeant la classification du fameux « chaînon manquant ».
En 1861, deux ans après la publication par Darwin de sa théorie de l’évolution, la découverte d’un fossile mi-dinosaure, mi-oiseau fait sensation. Ce premier archéoptéryx, avec son bréchet, ses membres antérieurs forts et surtout ses plumes, est alors naturellement vu comme le « chaînon manquant » entre les deux groupes. Mais les paléontologues se sont aperçus depuis que la réalité de l’évolution des êtres vivants est bien plus complexe. L’idée de « chaînon manquant » a laissé place au concept de « dernier ancêtre commun ».

Les découvertes récentes de nouveaux fossiles de dinosaures partageant des caractéristiques aviaires ont bien sûr troublé les chercheurs. Dinosaures ou oiseaux ? Cousins ou ancêtres ? Le casse-tête se compliquait… Mais l’archéoptéryx a néanmoins conservé son titre de premier des oiseaux.

Une poule avec des dents… et des griffes
Un titre conservé jusqu'à aujourd’hui, avec l’étude détaillée d’un nouveau fossile par une équipe de l’institut de Paléoanthropologie et paléontologie des vertébrés de Pékin. L’animal, baptisé Xiaotingia zhengi, vivait à la fin du Jurassique, il y a 161 à 145 millions d’années. L’empreinte dans la roche montre qu’il avait des plumes, des griffes et des dents acérées. Les longs os de ses doigts et la forme en L d’une extrémité de son bréchet l’apparentent fortement à l’archéoptéryx et à un autre emplumé nommé anchiornis. Les trois sont donc des parents proches et doivent être classés ensemble.


Une vision artistique de ce à quoi aurait pu ressembler Xiaotingia zhengi.
© DR
Ensemble, mais où ? Pour trouver la réponse la plus proche des observations, l’équipe ne s’est pas arrêtée à ces rapprochements. Les chercheurs chinois ont aussi remarqué que ces trois individus présentaient chacun les mêmes différences avec le groupe des Avialae, dont font partie les premiers oiseaux. Les plus flagrantes sont au niveau du crâne, avec un museau assez plat et des régions postérieures aux orbites assez étendues. Deux caractères absents chez les premiers oiseaux, mais bien présents chez des dinosaures comme le vélociraptor et le microraptor.

Les chercheurs chinois ont donc dû déplacer les trois fossiles à plumes. Tous, même l'archéoptéryx, quittent les oiseaux pour rejoindre les dinosaures du groupe Deinonychosauria. Pour Xing Xu, auteur de la publication et responsable de l’offense à l’ancêtre, les choses sont claires: « La place donnée à l’archéoptéryx dans la classification était due à la combinaison d’un contexte historique [Darwin, NDLR] et d’un manque de données fossiles éclairant la transition entre dinosaures et oiseaux. »

La mise à bas du mythe de l’archéoptéryx comme premier oiseau est plutôt bien accueillie par les paléontologues. Pour Lawrence Witmer de l’université de l’Ohio, elle paraît évidente avec les connaissances actuelles. En revanche, savoir si le placement phylogénétique de l’archéoptéryx parmi les Deinonychosauria sera pérenne est une autre question. Seuls des indices de terrain apportés par de nouveaux fossiles pourront confirmer (ou chambouler une nouvelle fois) nos connaissances sur l’émergence de la lignée des oiseaux.


Malgré l'impression de vol dégagée par cet exemplaire fossile exposé à Berlin, l'archéoptéryx n'est plus un oiseau mais bien un dinosaure.
© digital-cat, Flickr, CC-by-2.0
* Archaeopteryx no longer first bird
* An Archaeopteryx-like theropod from China and the origin of Avialae
* Happy 150th birthday, Archaeopteryx...you’re not a bird after all! Maybe

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 1er août 2011 à 15h24
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/larcheopteryx-nest-plus-lancetre-des-oiseaux_31731/

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tanka
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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 18 Aoû 2011 - 11:35

Des continents en collision depuis 3,2 milliards d'années

De quand datent les premières collisions de continents ? D’après les analyses des inclusions trouvées dans des diamants, elles auraient commencé il y a 3,2 milliards d’années, pas avant. C’est ce qu’affirment deux géochimistes dans un article récemment publié dans Science.

Les diamants fascinent l’humanité depuis longtemps. On a même des raisons de penser que certains d’entre eux, les fameux Carbonado, sont d’origine extraterrestre. Ceux formés sur Terre le sont dans des conditions de températures et de pressions assez élevées, et donc à des profondeurs modérées sous la croûte terrestre. Ce n’est qu’à l’occasion de certaines éruptions volcaniques qu’ils sont ramenés en surface et se retrouvent dans une lave refroidie bien particulière qu’on appelle une kimberlite, du nom des célèbres mines de diamants de la région de Kimberley, en Afrique du Sud.

Pour les géochimistes, ils ont aujourd’hui un intérêt particulier. Comme l’expliquent Steven B. Shirey, de l’Institut Carnegie, et son collègue Stephen Richardson de l’université de Cape Town, dans un article de Science donné en lien ci-dessous, ils leur permettent de dater les premières collisions de continents, et probablement même le début du cycle de Wilson.

Si l’on savait déjà que la tectonique des plaques était ancienne, s'étant manifestée il y a au moins 3,8 milliards d’années, on ne savait pas quand avait pu commencer les collisions entre continents. Selon les chercheurs, elles n’auraient débuté qu’il y a 3,2 milliards d’années.


John Tuzo Wilson (24 octobre 1908-15 avril 1993).
© University of Toronto

Pour réaliser cette découverte, qui aurait plu à des pionniers de la tectonique des plaques comme Jean Francheteau ou Haroun Tazieff, les géochimistes ont utilisé des données concernant quatre mille inclusions de silicates et cent inclusions de sulfures dans des diamants provenant des cinq continents. Bien protégées par leur gangue de diamants, les compositions isotopiques des couples rhénium-osmium et samarium-néodyme leur ont permis de remonter aux âges et aux conditions de formation des diamants.

Des traces des premières subductions
Il se trouve que les inclusions dans les diamants renvoient à deux grands types de roches essentiellement. Les péridotites et les éclogites. Les péridotites sont des roches plutoniques qui forment une grande partie du manteau supérieur, juste sous la croûte terrestre. Les éclogites, elles, sont des roches métamorphiques associées à des processus de subduction de plaques tectoniques. Or, pour des âges inférieurs à 3,2 milliards d’années, seuls des diamants associés à des péridotites ont été trouvés, alors que des diamants associés à des éclogites deviennent les plus fréquents il y a 3 milliards d’années.

Ce ne serait donc qu’il y a 3,2 milliards d’années que des processus de subduction liés à des collisions entre plaques auraient commencé à former des éclogites. Des inclusions caractéristiques d'associations éclogitiques dans des diamants en formation n’auraient donc pas pu se former avant. Encore une fois, les isotopes en géochimie démontrent leur remarquable capacité de traceurs pour des processus géologiques.


Un grain de sulfure de fer examiné au microscope optique dans un diamant extrait d'une kimberlite. Sa taille est de 0,25mm.
© Steven B. Shirey, Carnegie Institution of Washington
* Start of the Wilson Cycle at 3 Ga Shown by Diamonds from Subcontinental Mantle

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 3 août 2011 à 15h32
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/des-continents-en-collision-depuis-32-milliards-dannees_31767/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mar 23 Aoû 2011 - 19:02

Le chien et l’Homme, des amis de 33.000 ans

Le squelette d’un canidé découvert dans une grotte de Sibérie, repousse à 33.000 ans les débuts de la domestication du chien. Une découverte qui apporte également des informations sur le mode de vie de nos ancêtres durant le dernier maximum glaciaire.
Meilleur ami de l’Homme et premier animal à avoir été domestiqué, le chien s’est intégré dans notre quotidien depuis fort longtemps. Mais depuis quand exactement ? Jusqu’ici les paléontologues avaient les preuves d’une domestication certaine il y a environ 14.000 ans. Elle serait apparue dans plusieurs endroits en même temps, en Europe, au Moyen Orient et en Chine à la fin du dernier maximum glaciaire. L’étude d’un crâne de canidé découvert récemment dans une grotte des montagnes de l’Altaï donne une autre perspective...

Le squelette sibérien a été daté par radiocarbone à 33.000 ans. L’étude poussée de ses caractéristiques morphologiques montre entre autres des dents plus petites et un museau plus court et large que ceux des loups, modernes ou préhistoriques. Pourtant, s’ils y ressemblent, ces paramètres ne sont pas non plus tout à fait ceux des chiens domestiques plus tardifs. Des observations qui font dire aux chercheurs qu’il s’agit là d’un animal témoin des débuts de la domestication. Un processus favorisé par un habitat majoritairement sédentaire.

Une période de froid entre Homme et chien
Mais le chien de l’Altaï n’est pas le grand-père des toutous modernes. Ce serait plutôt le témoin d'une des multiples tentatives de domestication, qui aurait avorté, fauchée dans son élan par l’arrivée de conditions climatiques très rudes il y a 26.500 ans. Pour les paléontologues ce changement climatique appelé dernier maximum glaciaire aurait imposé aux communautés humaines de la région un retour à plus de nomadisme. Et cette mobilité aurait empêché les interactions prolongées entre mêmes groupes d’animaux et d’humains, condition nécessaire à une coévolution modifiant en profondeur la morphologie des canidés pour donner une nouvelle espèce, le chien.

Le crâne russe montre donc qu’il y a 33.000 ans, la cohabitation rapprochée avec les Hommes sédentaires a déjà bien commencé à transformer des loups en chiens compagnons. Mais ce n’est que 14.000 ans plus tard, avec le retour de conditions climatiques plus clémentes, que la lignée des chiens modernes pourra s’établir définitivement.


C'est l'étude du crâne de l'animal qui permet de reconnaître s'il s'agit d'un loup ou d'un chien.
Ou comme ici, d'un intermédiaire témoin des débuts d'une longue amitié.
© 2011 Ovodov et al., Plos One
* A 33,000-Year-Old Incipient Dog from the Altai Mountains of Siberia: Evidence of the Earliest Domestication Disrupted by the Last Glacial Maximum (en anglais)

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 7 août 2011 à 14h34
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/le-chien-et-lhomme-des-amis-de-33000-ans_32662/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mar 23 Aoû 2011 - 21:15

Les dinosaures polaires n'hibernaient pas

Contrairement à ce que l’on pensait il y a plus de dix ans, les os des dinosaures ayant vécu au voisinage du cercle polaire antarctique au Crétacé n’indiquent pas de différences de physiologie avec les dinosaures ayant vécu sous des latitudes plus basses. On ne peut plus en déduire qu'ils hibernaient.

La découverte d’os de dinosaures en Australie, datant du Crétacé inférieur, avait été une surprise. En effet, du fait de la dérive des continents, l’Australie se trouvait bien plus près du Pôle sud il y a un peu plus de 100 millions d’années. Il fallait donc en conclure que des dinosaures avaient vécu dans des régions où les températures et l’ensoleillement n’étaient pas vraiment compatibles avec des animaux à sang froid.

Certes, la répartition des continents à cette époque modifiait sans aucun doute les courants océaniques et atmosphériques. De sorte que, et du fait d’une forte activité volcanique (la quantité de CO2 dans l’atmosphère était plus élevée), on a toutes les raisons de penser que le climat global était plus chaud avec un gradient thermique moins important de l’équateur aux pôles. D’ailleurs, les archives géologiques montrent l'absence vraisemblable de calotte à cette époque. Il semblait donc que les dinosaures polaires pouvaient alors présenter une physiologie similaire à celle de nos actuels animaux à sang froid, comme les iguanes des Galápagos, et ce devait être encore plus vrai, à fortiori, pour les dinosaures vivant sur les autres continents au Crétacé inférieur. Peut-être même étaient-ils à sang chaud, comme les mammifères et les oiseaux.

Toutefois, les premières analyses des os des dinosaures australiens ont montré qu'il existait des différences laissant supposer que ces animaux hibernaient plusieurs mois de l’année.

La publication récente dans Plos One d’un article (donné en lien ci-dessous) par un groupe de paléontologistes remet en cause cette affirmation.


Tibia de dinosaure trouvé en Australie sur le site de Flat Rocks.
© Monash University
Des anneaux de croissance pour les os des dinosaures polaires
La paléontologue Holly Woodward, actuellement en thèse avec le fameux Jack Horner, y montre en effet avec ses collègues qu’il existe des sortes d’anneaux de croissance dans les os des dinosaures australiens. Or ceci n’est pas compatible avec des dinosaures effectuant des longues périodes d’hibernation.

La raison de ce retournement de situation vient en partie du fait que les os de dinosaures australiens datant du Crétacé inférieur n’avaient pas encore été retrouvés en quantités suffisantes. Woodward et ses collègues ont cette fois-ci pu analyser les tissus osseux fossilisés de dix-sept dinosaures ornithopodes et théropodes vivant il y a entre 112 et 100 millions d’années. Sauf chez les dinosaures âgés de moins d’un an, des anneaux de croissance sont bien présents et la structure de l’os montre une croissance rapide similaire à ceux des dinosaures trouvés ailleurs sur la planète.

Bien que l’on ne puisse pas en conclure que les dinosaures polaires n’avaient pas malgré tout une physiologie différente, aucune trace n’en est donc trouvée dans leurs os. Cela laisse penser que très tôt dans leur histoire, les dinosaures disposaient d’une physiologie leur permettant de coloniser un grand nombre de niches écologiques différentes, d’où la raison de leur succès pendant près de 160 millions d’années.


Une coupe d'un os de dinosaure polaire australien.
© Holly Woodward
* Growth Dynamics of Australia's Polar Dinosaurs

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 8 août 2011 à 10h27
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-dinosaures-polaires-nhibernaient-pas_32660/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 27 Aoû 2011 - 0:17

Les plésiosaures étaient vivipares, un embryon fossile le prouve

Reptiles marins de l’ère secondaire, les plésiosaures - qui n’étaient pas des dinosaures - étaient vivipares, comme le montre un embryon fossilisé dans le ventre de sa mère.

On savait depuis longtemps que les plésiosaures, bien qu'on les considère comme des reptiles (un groupe mal défini), n’avaient pas les caractéristiques morphologiques leur permettant de sortir de l’eau pour aller pondre des œufs sur la plage, à la façon des tortues marines. Mais curieusement, alors qu’ils étaient abondants dans les mers du Crétacé où ils constituaient de dangereux prédateurs, aucun fossile associé à un embryon n’avait jusqu’à présent été retrouvé, ce qui laissait planer des doutes quant à leur viviparité.

Un article récemment publié dans Science et donné en lien ci-dessous montre que c’est maintenant chose faite. Un remarquable fossile de maman plésiosaure adulte de l’espèce Polycotylus latippinus a finalement été trouvé associé aux restes de sa progéniture pas encore née. L’ensemble est daté de 78 millions d’années, peu de temps avant la disparition des dinosaures et des grands reptiles marins du Crétacé, il y a environ 65 millions d’années.


Une animation montrant un plésiosaure nageant dans l'eau.
© Trent Schindler, National Science Foundation

Les fossiles font actuellement partie d’une exposition du Natural History Museum's Dinosaur Institute. Mais il a fallu longtemps avant que les chercheurs ne se prononcent sur la nature exacte de ce qui avait été trouvé dans une couche de sédiments marins du Kansas puisque les restes fossilisés ont été découverts en… 1987 !

Un embryon presque complet


Le fossile de plésiosaure avec son embryon juste à droite de l'os du bassin en bas à gauche.
© Natural History Museum of Los Angeles County
L’embryon lui-même est presque complet puisqu’il contient 20 vertèbres, des côtes, des épaules, des hanches et même des os des nageoires. Il dénote de ceux déjà retrouvés associés à d’autres reptiles marins du Secondaire en ce qu’il est de grande taille par rapport à sa mère.

Si l’on se fie à la biosphère actuelle, où n’existent malheureusement plus de proches cousins des plésiosaures, on peut spéculer sur les caractéristiques de la viviparité de ces reptiles et en déduire qu’elle allait peut-être de pair avec un comportement social poussé. La mère devait sans doute s’occuper d'un seul petit à la fois.


Une vue d'artiste d'un Polycotylus latippinus mettant au monde un bébé plésiosaure.
© S. Abramowicz, Dinosaur Institute/NHM
* Viviparity and K-Selected Life History in a Mesozoic Marine Plesiosaur (Reptilia, Sauropterygia)

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 15 août 2011 à 14h32
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-plesiosaures-etaient-vivipares-un-embryon-fossile-le-prouve_32822/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 27 Aoû 2011 - 16:55

Découverte d’un grand oiseau contemporain des dinosaures ?

Un article publié la semaine dernière dans Biology Letters rapporte la découverte d'un fossile d'un gros oiseau contemporain des dinosaures, créant un minibuzz dans la presse scientifique. Pourtant, Eric Buffetaut qui, avec ses collègues, avait découvert le premier gros oiseau du Crétacé il y a quinze ans, confie à Futura-Sciences ses doutes quant à la véracité de ces résultats.

En travaillant sur des ossements découverts il y a environ dix ans, des paléontologues ont démontré qu’ils appartenaient à une espèce nouvelle. Ces os, qui proviennent de la mâchoire de l’animal, ont été retrouvés au centre du Kazakhstan dans des couches correspondant à l’ère du Crétacé (il y a environ 70 millions d’années), celle des dinosaures. Mais selon les auteurs de la découverte, il ne s'agit pas d'une mâchoire de dinosaure...

En réalité, les os - les extrémités postérieures de la mâchoire inférieure - ne ressemblent à aucun connu jusqu’à présent et ne peuvent être attribués à aucune espèce déjà décrite, selon Darren Naish (Université de Portsmouth) et ses collègues, auteurs de l'article publié sur le site de la revue Biology Letters. L’absence de dents au fond de la mâchoire, la forme en U (voir la photo ci-dessous) et la taille de ces os (environ 27cm, ce qui pourrait correspondre à un crâne de 30cm) laissent à penser qu'ils appartenaient à un gros oiseau, d'après les explications des auteurs.

Le deuxième gros oiseau du Crétacé ?
En outre, ces derniers ont décelé des autapomorphies (caractères propres à un taxon) – comme la présence d’un profond sillon dorsoventral sur l’os – les incitant à clamer l’existence d’une nouvelle espèce: Samrukia nessovi (en hommage à Samruk, un légendaire phœnix kazakh, et Lev Nessov, un paléontologue russe mort en 1995).


Mâchoire inférieure de Samrukia nessovi. La partie droite correspond aux fossiles découverts. La partie grisée
est une reconstitution de ce qu'aurait sans doute été le reste de la mâchoire.
© Darren Nash et al., 2011
Un gros oiseau contemporain des dinosaures ! Voilà une découverte de taille... Mais pas tant que cela. Selon le paléontologue français Eric Buffetaut, il est peu probable qu'il s'agisse d'un oiseau et le cas échéant, la découverte montrerait « tout au plus leur diversité [aux oiseaux, NDLR] plus grande qu'on ne le pensait ». En effet, c'est Eric Buffetaut et ses collègues qui avaient découvert pour la première fois, en 1995, des fossiles prouvant l'existence de gros oiseaux contemporains des dinosaures. Ils avaient nommé cette espèce Gargantuavis philoinos.

Oiseau ou ptérosaure ?
La trouvaille de Darren Naish et ses collègues serait donc la seconde preuve de l'existence des gros oiseaux à l'époque du Crétacé, à condition que ces os de mâchoire aient effectivement appartenu à un oiseau ! En effet, Eric Buffetaut est « absolument convaincu qu'il ne s'agit en rien d'un oiseau, mais plus prosaïquement d'un ptérosaure », remettant ainsi en question les découvertes de ses confrères.

Il faut dire que les conclusions des scientifiques ne se basent que sur deux fragments d'un unique os et que beaucoup d'incertitudes demeurent concernant la taille de l'animal, son poids ou encore son mode de vie. Des os tels que le fémur, ceux du bassin ou bien les omoplates auraient sans doute permis de statuer de façon plus certaine ces informations puis de conclure sur le groupe d'appartenance de l'animal.

Des gros oiseaux au Crétacé, et alors ?
D'ailleurs, pourquoi est-il si intrigant de prouver l'existence de gros oiseaux contemporains des dinosaures ? Parce que pendant longtemps, un paradigme établissait que leur existence simultanée n'était pas compatible. « On a longtemps cru que les gros oiseaux terrestres s'étaient développés après la disparition des dinosaures, qui leur auraient laissé des niches écologiques vacantes, explique Eric Buffetaut à ce sujet. Gargantuavis a montré que ce n'était pas si simple. »


Fémur de Gargantuavis philoinos permettant de statuer sur son mode de vie (terrestre).
© Ghedoghedo, Wikipedia, cc by sa 3.0
Aussi excitant que cela puisse être de bouleverser des théories en place, les conclusions de Darren Naish et ses collègues semblent pourtant prématurées. Des études complémentaires seraient nécessaires pour statuer définitivement sur la nature de Samrukia nessovi.


La découverte d'ossements d'oiseaux géants datant du Crétacé apporte des informations
supplémentaires sur la biodiversité de l'époque des dinosaures.
© John Conway, DR
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 16 août 2011 à 15h32
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/decouverte-dun-grand-oiseau-contemporain-des-dinosaures_32825/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 3 Sep 2011 - 22:15

A-t-on découvert les plus vieux fossiles ?

La découverte a fait pas mal de bruit dans la presse scientifique et même au-delà: des chercheurs ont annoncé avoir découvert les plus anciens fossiles de bactéries, dans la région du Pilbara, en Australie. André Brack et Frances Westall, deux spécialistes du CNRS d'Orléans, interviewés par Futura-Sciences, tempèrent en émettant quelques doutes.

Quand, en 1993, William Schopf, un chercheur de l’Université de Los Angeles (UCLA), spécialisé dans l’étude de l’évolution, découvre les plus anciens fossiles, datant d’un peu plus de 3,4 milliards d’années, Martin Brasier, de l’Université d’Oxford, est un des premiers à contester ces résultats dans un article publié de la revue Nature. Récemment, le même Martin Brasier a annoncé, en compagnie de David Wacey et trois autres chercheurs de l’Université d’Australie Occidentale, la découverte de microfossiles datant de 3,4 milliards d’années. Soit les plus vieux fossiles si William Schopf s’est effectivement trompé. Les analyses sont présentées dans la revue Nature Geoscience.

Les fossiles de William Schopf avaient été découverts dans le Pilbara, au nord-est de l’Australie. Les analyses scientifiques, notamment celles concernant les taux de carbone 12, avaient semble-t-il prouvé qu’il s’agissait bien de traces d’êtres vivants, utilisant la photosynthèse. Mais Martin Brasier avait trouvé une autre explication, infirmant la piste photosynthétique, et en proposait une autre. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, l'origine biologique des fossiles retrouvés par le scientifique américain n'est pas avérée.

En outre, d’autres travaux publiés en 2011 démontraient, grâce à une nouvelle technique d’analyse (spectroscopie Raman), la présence de microstructures similaires à celles décrites par William Schopf, mais d’origine purement minérale, décrédibilisant encore un peu plus les conclusions du scientifique américain. Malgré tout, ces récents travaux montraient également que les structures géologiques renfermaient de l’oxygène probablement d’origine photosynthétique.


Fossiles tubulaires datant de 3,4 milliards d'années, retrouvés par David Wacey et ses collègues dans la région du Pilbara en Australie.
© Wacey et al. 2011 - Nature
Les fossiles de David Wacey et Martin Brasier ont quant à eux été retrouvés dans la même zone que ceux de William Schopf. L’analyse des concentrations des différents isotopes de sulfures, ainsi que l’observation des microstructures associées aux fossiles ont permis aux scientifiques de conclure sur leur origine biologique. Pour eux, il s’agit de bactéries sulfureuses: réduction de sulfate et rejet de soufre.

Frances Westall, directrice du groupe Exobiologie au Centre de biophysique moléculaire d’Orléans, n’est pourtant pas convaincue par ces fossiles: « Je doute que ces structures correspondent à des restes d'organismes. Elles n'en ont pas la morphologie et elles ne ressemblent pas à d'autres structures microbiennes de l'époque », confie-t-elle à Futura-Sciences. En ce qui concerne la présence de soufre, cela ne semble rien prouver: « la matière organique abiotique dans les météorites comporte également du soufre » propose la chercheuse du CNRS, en guise d'autre solution. André Brack, fondateur du groupe Exobiologie, a également des doutes, mais plutôt à propos du métabolisme sulfuré des microorganismes fossilisés annoncé par les chercheurs.

La course au plus vieux fossile
Dans la lutte qui verra sacrer le découvreur des restes de bactéries les plus anciennes, c’est peut-être donc Frances Westall qui tient toujours la corde ! Elle avait déjà décrit, en 2006, des microfossiles de la même région, se basant sur des critères morphologiques et chimiques. Et en juillet 2011, elle exposait une autre étude, lors d’un colloque d’exobiologie à Montpellier, dans laquelle elle affirmait avoir découvert les restes d’un tapis microbien datant de 3,3 milliards d’années dans la région de Barberton, en Afrique du Sud. Les analyses de la chercheuse montrent que ces microbes avaient une activité photosynthétique liée à celle des bactéries sulfato-réductrices, ce qui a provoqué l’intérêt de Nature.

D’autres travaux ont mis en évidence la présence de vestiges vivants au Groenland et qui dateraient de 3,8 milliards d’années. Mais ils sont contestés par la communauté des paléontologues. Quant à William Schopf, selon ses collègues interrogés par le New York Times, il cherche toujours à prouver l’origine biologique des fossiles qu’il a trouvés il y a près de vingt ans.

Pilbara: berceau de la vie microscopique ?
Mais qu’importe l’identité du vainqueur. L’objectif n’est évidemment pas de trouver les plus vieilles bactéries, mais de mettre en évidence leurs mécanismes de vie, de révéler leur métabolisme, afin de comprendre un peu plus une époque que la recherche scientifique a encore bien du mal à expliquer. En effet, le temps est un sérieux obstacle à la découverte de vestiges de cette période: la tectoniques des plaques, l’érosion et la présence d’oxygène sont autant de phénomènes qui tendent à faire disparaître les traces fossiles des premiers êtres vivants.

André Brack, contacté par Futura-Sciences, souligne un point bien plus important que cette course : ces nouvelles recherches, ajoutées aux précédentes, montrent que « Barberton et le Pilbara apparaissent de plus en plus comme les berceaux d'une vie microscopique qui s'est développée voilà 3,4 milliards d'années. » De quoi susciter de nouvelles fouilles...


L'équipe de David Wacey et Martin Frasier annonce avoir trouvé le pus vieux fossile, datant de 3,4 milliards d'années.
© Wacey et al., 2011 - Nature Geoscience
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 30 août 2011 à 10h33
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/a-t-on-decouvert-les-plus-vieux-fossiles_33021/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 4 Sep 2011 - 16:15

Le premier cuisinier de l'histoire était Homo erectus

La cuisine serait-elle apparue avec Homo erectus ? Une étude vient de montrer que c’est à partir de cette espèce que les bénéfices apportés par la cuisson sont inscrits physiquement dans la morphologie des individus.

L’Homme est le seul animal à modifier la majorité de sa nourriture grâce à différents procédés, dont la cuisson. De nombreuses recherches ont déjà montré que cette habitude était beaucoup plus qu’un simple plaisir gustatif. Les aliments cuits réduisent l'effort de mastication et sont plus faciles à assimiler: ils sont plus tendres, plus digestes, et permettent ainsi l’apport rapide de plus de calories. En diminuant la durée des moments consacrés à s’alimenter, la cuisson a, pour les chercheurs, permis d’allouer plus de temps à d’autres activités, sociales, d’artisanat ou de chasse.

L’invention de la cuisine aurait donc joué un rôle important dans l’évolution vers l’Homme moderne en le libérant en partie d’une grande préoccupation: comment remplir suffisamment son estomac. Pourtant, la façon dont nos ancêtres ont généralisé ce comportement et le moment où ils en ont tiré physiquement bénéfice étaient jusqu’à présent inconnus. Une équipe de l’Université de Harvard affirme que c’est Homo erectus qui, le premier, a subi des transformations physiques liées au nouveau mode d’alimentation.

Des repas rapidement expédiés
Pour parvenir à cette conclusion, Chris Organ et ses collègues ne s'appuient pas sur l'étude de foyers de cuisson ou de reliefs de repas. Leur méthode, apparemment inédite, repose sur des analyses statistiques, phylogéniques et morphologiques. Les scientifiques ont estimé le temps que passent l’Homme moderne et les primates non-humains à se nourrir. L’évolution et la taille du corps peuvent expliquer une différence, mais certainement pas le fossé observé: quand le chimpanzé passe près de la moitié de son temps à s’alimenter (48%), l’Homme n’y consacre pas 5%. Dix fois moins que ses cousins poilus !


Zarin Machanda (à droite) et Chris Organ, deux des auteurs de l'étude, dans la galerie
de l'évolution du Musée d'histoire naturelle de l'université de Harvard.
© Kris Snibbe/Harvard Staff Photographer
Chez l'Homo erectus, selon l'équipe, le temps serait du même ordre que celui de l'Homme moderne. Pour les chercheurs, la seule explication est qu’un fort changement a eu lieu entre le moment où la lignée conduisant à l’Homme a divergé d’avec les grands singes. Ce bouleversement étant la préparation des aliments. Ils sont alors partis à la recherche d’indices anatomiques permettant d’en préciser le moment. C’est la variation de taille des molaires qui leur a fourni la réponse.

Alors que chez les premiers Homo (H. habilis et H. rudolfensis), la diminution de taille des molaires est cohérente et explicable par l’évolution du crâne, une brusque diminution est observée chez Homo erectus. Le déclin se poursuit de façon irrégulière chez Homo sapiens et nous en avons encore une trace dans les dents vestigiales, parfois absentes, nos « dents de sagesse ». Rien dans la phylogénie ou l’évolution de la taille du corps ne permet cette fois d’expliquer un tel changement. Pour les chercheurs, c’est la marque nette de la modification du comportement alimentaire.

La transformation des aliments avant de les consommer se serait donc généralisée à partir de 1,9 million d’années environ avant le présent, conjointement ou juste avant l'apparition d'Homo erectus qui devient ainsi le premier des cuisiniers. Les recettes ont dû toutefois bien changer…


Une reconstitution de la tête d'Homo erectus, présentée au Muséum d'histoire naturelle de Washington.
© Robert Goodwin, Flickr, CC by-nc-sa 2.0
* Phylogenetic rate shifts in feeding time during the evolution of Homo
* The efficient caveman cook

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 1er septembre 2011 à 10h31
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/le-premier-cuisinier-de-lhistoire-etait-homo-erectus_33136/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 8 Sep 2011 - 20:35

Les plus vieux outils des Hominidés

Des découvertes réalisées en 2007 dans les couches sédimentaires du lac Turkana remettent en question la date du début de la culture acheuléenne, époque à laquelle les outils perfectionnés ont été élaborés.

La fabrication des premiers outils remonte à l’époque de l’Oldowayen qui s’étend de -2,6 millions d’années à -1,7 million d’années environ, selon les connaissances actuelles. Ces premiers outils étaient relativement rudimentaires. On parle, pour cette époque, d’industrie à galets aménagés, désignant ainsi des galets plus ou moins tranchants grossièrement modifiés par frappes contre une grosse pierre.

C’est à la suite de cette époque (vers -1,6 million d’années) que sont apparus les premiers outils élaborés. Ce sont des pierres en forme de goutte d’eau, plus tranchantes, facilement manipulables et plus soigneusement choisies. Ces outils marquent le début de l’époque acheuléenne qui a pris fin il y a environ 100.000 ans. Du moins, c’est ce que pensaient les paléontologues... Mais il semblerait bien que les nouvelles découvertes d’une équipe de recherche franco-américaine viennent ébranler ces certitudes.

L'époque acheuléenne 200.000 ans plus tôt
Les fouilles de cette équipe se sont déroulées en 2007, sur les couches sédimentaires du lac Turkana, au nord-ouest du Kenya (près des frontières éthiopienne et soudanaise). Dans cette caverne d’Ali Baba des paléontologues, les scientifiques, emmenés par Christopher Lepre, ont déterré des outils acheuléens datant de 1,76 million d’années, avançant ainsi le début de cette période du Paléolithique inférieur de près de 200.000 ans.


Galets aménagés de l'époque oldowayenne.
© Didier Descouens, Wikipedia, cc by sa 3.0
Mais ce n’est pas tout. Sur le site archéologique du lac Turkana, des outils perfectionnés de la période acheuléenne étaient mêlés à des outils rudimentaires de type oldowayen. Ce qui suggère que les deux cultures ont coexisté pendant plusieurs années. La culture acheuléenne aurait ainsi dérivé de l’oldowayenne, laquelle aurait perduré.

Coexistence de deux cultures
Une observation curieuse a étonné les chercheurs: les migrants vers l'Asie et l'Europe n'ont pas emporté les meilleurs outils... En effet, les Hominidés émigrés d’Afrique étaient équipés d’outils de type oldowayen, peu perfectionnés, comme en témoignent les vestiges retrouvés en Géorgie, qui datent de 1,7 million d’années.

Pourquoi les Hommes sont-ils partis en Asie avec des outils peu élaborés ? Plusieurs explications sont proposées par les auteurs de l’article publié dans Nature. Parmi les groupes qui cohabitaient il y a environ 1,8 million d’années, ceux possédant des outils plus rudimentaires seraient partis d’Afrique pour l’Asie. Ensuite, soit ils auraient perfectionné leur technique sur place, soit d’autres groupes, avec des outils perfectionnés, les auraient rejoints. Des outils acheuléens datant de 1 million d’années ont en effet été retrouvés en Géorgie également.


Les outils perfectionnés, découverts au Kenya, permettent
de préciser le début de l'époque acheuléenne.
© Jean-Pierre Texier, MPK/WTAP
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 5 septembre 2011 à 10h25
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-plus-vieux-outils-des-hominides_33203/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 14 Oct 2011 - 9:56

L'australopithèque de Malapa, un nouvel ancêtre pour Homo erectus ?

Australopithecus sediba pourrait bien être l'ancêtre d'Homo erectus, selon Lee Berger, codécouvreur de cette espèce qui présente des caractéristiques primitives mais aussi des similitudes avec le genre Homo. De quoi chambouler l'arbre phylogénétique des Hominidés.

En 2010, Lee Berger (Université de Witwatersrand) et ses collègues annonçaient la découverte d’une nouvelle espèce d’Hominidés suite à des fouilles réalisées en 2008 en Afrique du Sud, dans la grotte de Malapa: Australopithecus sediba. Cette semaine, les analyses de ces ossements font l’objet de cinq articles dans la revue Science. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles suscitent le débat au sein de la communauté des paléontologues.

Il faut dire que les ossements retrouvés en 2008 sont assez particuliers, pour ne pas dire en contradiction avec les paradigmes actuels. Ce qui ne semble pas être discuté en revanche, c’est la datation de ces ossements. Elle a été réalisée en se fondant sur la chaîne de désintégration de l’uranium et sur le paléomagnétisme. Les ossements sont vieux d’un peu moins de 2 millions d’années, ce qui place A. sediba environ 1 million d’années après Lucy (A. afarensis) et le situe comme contemporain d'Homo habilis, le premier Homo. Ce résultat semble faire l’unanimité.

Contradictions de la tête au pied
Ce n’est pas le cas de l’analyse des ossements des pieds, des mains et des bassins qui tous exposent des caractéristiques tout à fait contradictoires, rendant périlleux le placement de cette nouvelle espèce au sein de l’arbre phylogénétique des Hominidés et semant le doute au sein de son organisation globale.


Les mains d'Australopithecus sediba, avec quelques-unes des caractéristiques phénotypiques, dont certaines sont semblables
au genre Homo et d'autres aux Australopithèques.
© Kivell et al. 2011 - Science - adaptation Futura-Sciences
Parmi les 220 ossements retrouvés, appartenant à au moins 5 individus de sexe et âge différents, la trouvaille la plus originale concerne probablement les os du bassin. Les paléontologues sont d’accord pour dire que la largeur du bassin (chez les femelles) est directement corrélée à la taille du cerveau. En effet, difficile pour un fœtus ayant un gros cerveau de passer par un bassin étroit. Mais les ossements de A. sediba semblent contredire cette quasi-certitude: la taille de son cerveau est comparable à celle d’autres Australopithèques tandis que le bassin semble aussi large que celui des Homo.

Bipédie et brachiation ?
Les ossements de la main sont également truffés d’incohérences. En effet, ils indiquent que le pouce est long et musclé, formant une pince avec l’index, ce qui est propice à la création ou à l’utilisation d’outils et rapproche donc A. sediba d'Homo habilis. Mais les ossements dévoilent aussi une capacité à la flexion importante de la main, ce qui est cohérent avec la brachiation (déplacement en s'accrochant aux branches), un caractère archaïque. Cette thèse est également soutenue par la longueur des bras.

Tous ces paradoxes sont confirmés par l’analyse des ossements du pied. Le talon, étroit, est semblable à celui des grands singes, tout comme le tibia. Mais le tendon d’Achille de A. sediba et sa voûte plantaire suggèrent une démarche proche de celle des Homo bipèdes.

Nouvel ancêtre pour Homo erectus ?
Tout indique donc que A. sediba était bipède et qu’il conservait également un mode de vie arboricole. En outre, les rapprochements phénotypiques avec Homo habilis et plus largement l’ensemble du genre Homo, notamment concernant la main, font de A. sediba un candidat très sérieux pour être l’ancêtre d'Homo erectus, comme le propose Lee Berger.

Si certains paléontologues n'osent guère s'avancer jusque là si rapidement, ils conviennent que cette découverte et les contradictions qui l'accompagnent sont intéressantes et nécessitent des analyses plus approfondies pour déterminer la place exacte d'Australopithecus sediba dans l'histoire de l'Homme.


La taille du bassin est normalement corrélée à la taille du cerveau du fœtus, mais les analyses d'Australopithecus sediba semblent montrer le contraire.
Ici le bassin d'Australopithecus sediba (à droite) est comparé à celui d'Australopithecus africanus
© Kibii et al. 2011, Science
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 10 septembre 2011 à 16h24
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/laustralopitheque-de-malapa-un-nouvel-ancetre-pour-homo-erectus_33353/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 19 Oct 2011 - 18:03

Des plumes de dinosaures retrouvées dans l’ambre

Des restes très bien conservés de plumes datées de 80 millions d’années ont été découvertes au Canada. Certaines d’entre elles ont appartenu à des dinosaures, dit l’équipe qui vient d’en faire la description. D’autres ressemblent à celles des oiseaux plongeurs.

Ce n’est pas dans la nature mais dans la collection du Musée Royal Tyrrell et de celle, privée, de la famille Leuck que Ryan McKellar et son équipe de l’université d’Alberta (Canada) ont découvert un trésor: des morceaux de plumes piégés dans l’ambre. Tous les spécimens proviennent de la région du lac Grassy, au sud de la province d’Alerta. Parmi les 4.000 pièces d’ambre que les paléontologistes ont passées au crible, se trouvaient onze restes de plumes, « de couleur marron à noire », expliquent-ils puisque l’ambre conserve les pigments. En revanche, aucun reste fossile n’a pu être associé à ces restes de plumage. Les animaux qui les portaient les ont perdus d’une manière ou d’une autre, peut-être parce qu’ils se sont approchés trop près d’un arbre où coulait la résine.

La datation des sols d’où ces morceaux d’ambre ont été extraits indique un âge de 78 à 79 millions d’années. Cette datation situe l’action à la fin du Crétacé. À cette époque, il fait plutôt chaud dans la région et les oiseaux sont déjà apparus. D’ailleurs, dans les spécimens étudiés dans l’ambre (à la loupe en profitant de la transparence de ces pièces très petites) figurent des plumes sophistiquées, avec barbes (les fines arêtes fixées sur le rachis) et barbules (qui accrochent les barbes entre elles). Elles ressemblent beaucoup à celles des oiseaux modernes. L’équipe est même sûre d’avoir repéré des plumes adaptées pour rendre le plumage étanche à l’eau. Elles appartenaient donc peut-être à des oiseaux plongeurs ou nageurs. Existait-il à la fin du Crétacé des équivalents de nos canards ou de nos martins-pêcheurs ?


Deux Sinosauropteryx dans une forêt du Crétacé. Leur plumage est coloré. Une étude au microscope électronique a fourni
des indications sur les couleurs des plumes des dinosaures: noir, blanc et brun-roux.
© Chuang Zhao et Lida Xing
L’histoire de la plume reste à écrire
Ces 4.000 pièces d’ambre recélaient d’autres structures, des filaments très fins (16 microns) que les auteurs interprètent comme des protoplumes, c’est-à-dire des plumes à la structure simple, censées être plus anciennes. Selon les auteurs, elles ne viennent pas d’oiseaux mais de dinosaures.

En soi, l’information est loin d’être une nouveauté car on a commencé à découvrir des dinosaures à plumes depuis les années 1990 et les traces se sont multipliées ces dernières années. On admet aujourd’hui que cette ornementation est apparue très tôt et qu’elle n’est d’ailleurs pas l’apanage des ancêtres des oiseaux. On soupçonne la présence de plumes chez certains ornitischiens (qui n’ont justement rien à voir avec les oiseaux), un groupe qui s’est séparé des saurischiens (ancêtres des oiseaux) il y a 250 millions d’années.

Une fois de plus, l’ambre a conservé quelques précieuses traces du passé. Quantités d’insectes et autres arthropodes, même aquatiques, ont pu ainsi parvenir jusque sous le microscope de paléontologistes. Des griffes ou des écailles de reptiles ont même été débusquées par un passionné, Éric Genaert, qui a réalisé de magnifiques images, et notamment étudié le colportage d'une fourmi fossilisée dans l'ambre...

L’ambre conserve les structures mieux que la fossilisation mais ces découvertes sont rarissimes. Elles n’en ont que plus d’importance.


Des restes de plumes, vieux de près de 80 millions d'années. Les barbules sont toujours là.
© Ryan McKellar et al.
* Le communiqué de l'université d'Alberta
* Un article de Science

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 16 septembre 2011 à 18h03
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/des-plumes-de-dinosaures-retrouvees-dans-lambre_33474/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 20 Oct 2011 - 23:22

Un nouveau modèle pour expliquer l'extinction du Permien-Trias

La crise biologique du Permien-Trias semble coïncider avec de gigantesques épanchements basaltiques en Sibérie. Une énigme, liée à la génération du panache mantellique approprié pour expliquer tout à la fois ces épanchements et la grande extinction qui en a probablement résulté, a peut-être trouvé sa solution, publiée dans Nature.

Il y a environ 250 millions d’années, lors de la crise du Permien-Trias, pas loin de 95% des espèces marines et 70% des espèces terrestres disparaissent. Pour autant qu’on le sache, c’est la plus grande crise biologique ayant frappé la biosphère. Il semble qu’elle ait favorisé l’essor des dinosaures, qui eux-mêmes disparaîtront à l’occasion d’une autre extinction massive, celle du Crétacé-Tertiaire. Dans les deux cas, il est troublant de constater que se sont produits, presque simultanément, des grands épanchements basaltiques formant ce qu’on appelle des Grandes Provinces Ignées ou Large Igneous Provinces (LIP) en anglais.

C’est ainsi que l’on trouve en Sibérie de telles LIP, des trapps, similaires à celles du Deccan en Inde. Les trapps se mettent en place en moins d’un million d’années et sur des surfaces de plusieurs centaines de kilomètres carrés, on trouve des couches de laves refroidies pouvant parfois atteindre les 4km d’épaisseurs.

L’idée est que de tels épanchements ont dû s’accompagner de libérations massives de gaz à effet de serre, déclenchant un réchauffement climatique catastrophique, cause des extinctions. Toutefois, les tentatives de modélisation quantitative du phénomène se heurtaient en particulier à deux problèmes pour les trapps de Sibérie.


Une vue des trapps de Sibérie.
© johnnyrook1-Photobucket Corporation
En effet, ces épanchements sont en théorie causés par la remontée d’un important panache mantellique. Ce dernier aurait dû provoquer un soulèvement important de la zone où la lave s’est épanchée, plus important que ce qui a été observé. En outre, le dégazage du magma du panache n’aurait pas été suffisant pour générer l’effet de serre requis pour frapper aussi durement la biosphère de l’époque.

Des chercheurs du Centre de recherche allemand GFZ des géosciences en collaboration avec des géochimistes de l’université Fourier de Grenoble, de l'Institut Max Plank à Mayence et des instituts Vernadsky, Schmidt et Sobolev de l'Académie des sciences russe, viennent de publier un article dans Nature (donné en lien ci-dessous) qui propose un nouveau modèle capable de résoudre ces difficultés.

Un morceau de plaque océanique
Les chercheurs commencent par postuler qu’un morceau de croûte océanique subductée s’est retrouvé dans le panache mantellique. Constitué d’éclogite, ce morceau a conduit à un magma plus dense que celui qui se serait formé uniquement par fusion de la péridotite du manteau. La poussée d’Archimède du panache étant plus faible, cela aurait conduit à une élévation de la région des trapps moins importante. L’éclogite fondant à une température plus basse, il en aurait résulté une plus grande quantité de magma et donc de lave en surface que dans le cas d’un panache plus classique. Surtout, la croûte océanique étant riche en carbonates et halogènes, un dégazage là aussi plus important aurait été observé.

De façon intéressante, le modèle numérique utilisé par les chercheurs prédit une extinction importante avant le pic des éruptions en surface, en accord avec ce qui est observé, aux imprécisions de datation près.


Les épanchements basaltiques massifs du Kilauea en 1983 donnent une faible idée de ce qui s'est passé en Sibérie il y a 250 millions d'années environ.
© Daniel Joseph Johnson
* Linking mantle plumes, large igneous provinces and environmental catastrophes

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 18 septembre 2011 à 16h36
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/un-nouveau-modele-pour-expliquer-lextinction-du-permien-trias_33448/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 21 Oct 2011 - 16:08

Ugandapithecus major, un cousin de 20 millions d’années, se découvre

Un crâne remarquablement bien conservé vient d’être présenté au Muséum National d’Histoire Naturelle, à Paris: c’est celui d’un primate vieux de 20 millions d’années découvert en Ouganda dans les cendres d’un volcan, parmi d’autres restes de la même espèce.

La découverte ne doit rien au hasard: voilà vingt-cinq ans que l’équipe creuse la lave du volcan Napak, au nord-est de l’Ouganda. Déposées il y a 19 à 20 millions d’années, ces cendres ont conservé les fossiles qui s’y trouvaient, ensevelis au Miocène. L’équipe, c’est celle de Brigitte Senut, du Muséum d’Histoire Naturelle, et son collègue Martin Pickford, du Collège de France, découvreurs en 2000 des premiers restes d’Orrorin, un hominidé de 6 millions d’années.

Dans cette région, celle de la vallée du grand rift, qui joue un rôle de premier plan dans la théorie dite de l’East Side Story (remise en cause depuis), de nombreux restes d’hominidés ont été découverts, datant du Miocène notamment, c’est-à-dire avant la séparation, il y a 6 millions d'années, entre la lignée conduisant aux humains et celle conduisant aux grands singes actuels (chimpanzés, gorilles, orang-outans).


Le crâne a été montré lundi au Muséum national d’histoire naturelle,
à Paris, par Brigitte Senut et Martin Pickford.
Yves Coppens était présent, et heureux.
© BFM TV/YouTube
Durant cette Uganda Palaeontology Expedition, menée depuis 1985 avec l’Uganda Museum, les paléontologues ont exhumé de nombreux ossements de grands singes. En 2000, Brigitte Senut a ainsi décrit une nouvelle espèce, baptisée Ugandopithecus major. Ce grand singe, de la taille d’un gibbon et d’abord identifié par des morceaux de fémurs, devait être arboricole et de forme humanoïde.

Histoire de famille
Le 18 juillet dernier, l’équipe a mis au jour des dents puis un crâne très bien conservé, de la taille de celle d’un chimpanzé: U. major commençait à se montrer bien plus généreusement. Ses canines puissantes, qui évoquent plutôt celles du gorille, sont interprétées par l’équipe comme la preuve qu’il s’agissait d’un mâle. Ses molaires sont celles d’un herbivore et leur faible usure montre que l’individu était plutôt jeune.


La mâchoire complète découverte dans la roche (des cendres volcaniques d'environ 20 millions d'années). Derrière se trouvait le crâne.
© Martin Pickford
Les autres fossiles mis au jour sur les différents sites de fouilles des environs montrent que le milieu était alors une forêt tropicale. C’est là qu’évoluait ce singe grimpeur, cousin des hominidés tout autant que des grands singes actuels.

L’étude de son squelette se poursuit. Taille et forme du cerveau, alimentation, modes de vie… voilà des caractéristiques dont on sait mal comment elles se sont transmises dans les différentes lignées. Les paléontologues espèrent ainsi écrire quelques paragraphes supplémentaires de l’histoire complexe des grands primates du Miocène, parmi lesquels figurent les ancêtres des humains.


Le museau d'Ugandapithecus major, avec les dents du devant et la cavité nasale.
© Martin Pickford
* Le communiqué du CNRS

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 20 septembre 2011 à 13h28
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/ugandapithecus-major-un-cousin-de-20-millions-dannees-se-decouvre_33517/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 28 Oct 2011 - 0:02

À la fin du Crétacé, les oiseaux archaïques ont laissé place aux formes modernes

Que s'est-il passé pour les oiseaux au moment de la crise du Crétacé-Tertiaire qui a balayé les dinosaures et de nombreux organismes ? La question divise la communauté des paléontologues mais une nouvelle étude de Nicholas Longrich éclaire le débat. Futura-Sciences a contacté le spécialiste Éric Buffetaut pour en savoir plus.

Une récente étude menée par Nicholas Longrich, de l’Université Yale, fait la lumière sur l’extinction des oiseaux « primitifs » qui peuplaient la Terre avant la crise du Crétacé-Tertiaire (K-T), il y a environ 65 millions d'années. Elle repose sur une série d’observations réalisées à partir de fragments de fossiles auxquels les scientifiques n’avaient pas porté jusqu’à présent tout l’intérêt qu’ils méritent.

Les conclusions de Longrich et de son équipe sont claires: contrairement à certaines théories, les oiseaux archaïques ne se sont pas éteints progressivement au cours du Crétacé mais ont bien fait l’objet - au même titre que les dinosaures - d’une disparition brusque, conséquence d’un événement terrestre ou extraterrestre (ou les deux) catastrophique. Les quelques oiseaux modernes auraient, eux, survécu à cette catastrophe et seraient à l’origine de la diversité de l’avifaune actuelle. Les résultats sont parus dans Pnas.

Afin d’en savoir un peu plus sur les différentes théories qui sont en vogue concernant la disparition de ces oiseaux, sur les mécanismes d’extinction des oiseaux archaïques et sur la façon dont les oiseaux modernes se sont répandus et diversifiés, Futura-Sciences a interrogé le paléontologue Éric Buffetaut, spécialiste des oiseaux primitifs et des ptérosaures.


Les auteurs ont comparé les fragments de fossiles provenant de différents oiseaux du Crétacé. a et b: Hesperornithiformes - c: Avisaurus archibaldi -
d et e: deux Ornithurine différents - f: Cimolopteryx maxima - g: Enantiornithine - h: Ceramornis major - i et j: deux Ornithurine différents -
k: Enantiornithine - l: Palintropus retusus - m: Ornithurine - n: Cimolopteryx rara - o: Cimolopteryx petra -
p: Ornithurine - q: Cimolopteryx minima.
© Longrich et al. 2011, Pnas
Futura-Sciences: Quelles sont les différentes théories qui se confrontent en ce moment concernant la disparition des oiseaux avant la crise du Crétacé-Tertiaire (K-T) ?

Éric Buffetaut: La question principale est de savoir si les oiseaux modernes étaient déjà présents, divers et abondants au Crétacé. Il ne fait aucun doute qu'il y avait beaucoup d'oiseaux au Crétacé, mais la plupart des fossiles connus sont ceux d'oiseaux archaïques, que l'on ne trouve plus après la limite K-T. Quant aux restes d'oiseaux modernes, ils demeurent rares au Crétacé.

Il y a donc plusieurs options:

<> les oiseaux archaïques se sont éteints en masse à la limite K-T, laissant ainsi la place aux oiseaux modernes, qui se sont ensuite énormément diversifiés au Tertiaire
<> les oiseaux modernes ont commencé à supplanter les oiseaux archaïques dès le Crétacé, mais pour une raison ou pour une autre on n'a pas encore trouvé leurs restes en abondance
<> les données paléontologiques sont trop mauvaises pour qu'on puisse dire quoi que ce soit de précis.

Il faut voir aussi que certaines données moléculaires font penser que les oiseaux modernes sont apparus relativement tôt dans le Crétacé. Cela fait dire à certains qu'il y a une contradiction entre ces données et celles de la paléontologie. Mais je pense que c'est un faux problème. Si les oiseaux modernes étaient présents dès une période reculée du Crétacé, mais peu diversifiés et relativement peu nombreux, la contradiction disparaît et le faible nombre de fossiles s'explique.

F-S: Les travaux de Nicholas Longrich reposent sur l'analyse de fossiles qui avaient déjà été analysés. Il en fait une nouvelle interprétation en disant que les premières analyses n'avaient pas été faites correctement (« The birds that had been discovered hadn't really been studied in a rigorous way » dit-il sur le site de Yale). C'est-à-dire ?

Éric Buffetaut: Je pense qu'il veut dire qu'il a repris l'étude de fossiles qui n'avaient pas beaucoup attiré l'attention parce qu'ils sont fragmentaires. Contrairement à d'autres époques, nous n'avons pas beaucoup de restes d'oiseaux complets et bien conservés pour les quelques millions d'années qui précèdent la limite K-T, et les restes fragmentaires que l'on connaît sont délicats à interpréter. Longrich s'est donné le mal de les étudier attentivement et en a tiré le maximum d'informations, ce qui le conduit aux conclusions données dans l'article. Certains paléontologues préfèrent se cantonner aux « belles pièces », mais cela a pour résultat que des fossiles potentiellement très importants restent dans l'ombre.

F-S: Ainsi, selon les résultats de l'étude, les oiseaux se seraient éteints brutalement (en même temps que les dinosaures) et non pas progressivement. Les quelques survivants auraient servi de base à la diversité actuelle ?

Éric Buffetaut: Oui, c'est comme ça qu'on peut voir les choses. Il y aurait une extinction en masse chez les oiseaux à la limite K-T, frappant principalement les formes archaïques (qui étaient jusque-là les plus nombreuses). Seuls quelques oiseaux modernes auraient réussi à survivre, et se seraient diversifiés énormément par la suite, pour donner les 10.000 espèces environ d'oiseaux actuels. Pourquoi les oiseaux archaïques disparaissent alors que les oiseaux plus modernes survivent, cela reste à déterminer. Différences de physiologie ? d'écologie ? Comme beaucoup d'événements survenus lors de l'impact météoritique de la limite K-T, cela reste obscur.

F-S: On parle donc de radiation évolutive. Comment fonctionne ce phénomène ?

Éric Buffetaut: Une radiation évolutive se produit lorsqu'un groupe d'organismes a l'opportunité de se diversifier dans des milieux auxquels il n'avait pas accès auparavant. Cela peut être parce qu'il colonise un nouvel environnement (par exemple en s'adaptant à la vie dans les océans), ou parce que, à la suite d'une extinction en masse, un groupe précédemment très répandu et diversifié est exterminé, ouvrant de nombreuses possibilités à un autre groupe qui était « bloqué » par lui. On peut penser que la disparition des formes archaïques d’oiseaux à la limite K-T a libéré des niches que les formes modernes, jusque-là encore peu diverses, ont pu occuper.


Comment la diversité des oiseaux s'est-elle formée ? Une récente étude donne la solution
à l'explosion des oiseaux modernes après la crise K-T.
© Petespande, Flickr, cc by nc 2.0
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 29 septembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/a-la-fin-du-cretace-les-oiseaux-archaiques-ont-laisse-place-aux-formes-modernes_33649/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 3 Nov 2011 - 21:20

Un os de mammouth dans la mâchoire d’un chien fossile !

L'époque de la domestication du chien par l'Homme est un sujet de débat. Une étude confirme qu'elle date probablement d'environ 30.000 ans. Des ossements retrouvés en République tchèque - un crâne de chien dans la mâchoire duquel a été glissé un os de mammouth - montrent que les chiens faisaient déjà l'objet de rites funéraires.

Des ossements de crânes de canidés datant de l’époque du Gravettien ont été analysés. Entre les dents d’un d’entre eux, les paléontologues ont trouvé un os de mammouth, mais curieusement cet os a été ajouté postmortem. Cette découverte, en plus de certains détails sur les crânes, en dit long sur la relation qui existait déjà entre les chiens et les Hommes, il y a environ 26.000 ans.

Předmostí, en République tchèque, est un site archéologique du Paléolithique supérieur. Il est très connu des paléontologues qui en ont ressorti des squelettes de plusieurs dizaines d’humains - qui habitaient la région il y a entre 24.000 et 27.000 ans - et des ossements de plus d’un millier de mammouths. Mais c’est aussi un site riche en ossements canins. Plus de 4.000 y ont en effet été déterrés.

Trois crânes de chiens de 26.000 ans
Des chercheurs de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, emmenés par Mietje Germonpré, ont étudié sept crânes de canidés découverts sur ce site. Leur analyse, publiée dans Journal of Archaeological Science, a permis de déterminer que trois d’entre eux appartenaient à des chiens qui vivaient il y a environ 26.000 ans (Canis familiaris) - crâne et museau plus courts que ceux d’un loup, boîte crânienne et palais plus larges. Un des sept crânes a été identifié comme appartenant à un loup du Pléistocène. Les trois derniers crânes n’ont pas pu être identifiés.


Le site de Předmostí est riche en ossements de la période du Paléolithique supérieur.
© Bruno Scala/Futura-Sciences
Ces ossements montrent que la domestication du chien date au moins de l’époque du Gravettien, ce qui était préalablement contesté. Au sein de la communauté des paléontologues. Certains affirmaient qu'elle datait d’il y a un peu plus de 10.000 ans tandis que d’autres ossements semblaient montrer que des chiens avaient été domestiqués dès l’Aurignacien, il y a environ 30.000 ans.

Des rites pour accompagner les âmes des chiens
Non seulement la récente découverte confirme cette dernière hypothèse mais plusieurs indices relevés sur les ossements semblent aller dans le même sens. Par exemple, un os de mammouth a été retrouvé entre les dents d’un des restes de chien. Chose étonnante, ce chien n’est pas mort en chassant, ou en dégustant son repas - l’os a été placé entre ses mâchoires après sa mort, par des humains. Ce rituel était une sorte d’offrande visant à accompagner l’animal dans le monde des morts. Un traitement normalement réservé aux humains bien qu’il ait été observé chez des chiens chasseurs en Sibérie.


Ossement de crâne de chien avec, marqué par la flèche blanche, la perforation probablement réalisée par les humains pour libérer l'âme.
© Mietje Germonpré et al. 2011, Journal of Archeological Science
Autre indice: les scientifiques ont observé des perforations dans les crânes de plusieurs canidés. Elles pourraient être le signe d'un rite pratiqué par les humains, visant à libérer l’âme du corps de l’animal.

Si les scientifiques ont encore du mal à déterminer exactement l’époque de la première domestication des chiens, ces récentes analyses montrent qu’elle remonte très probablement à au moins 26.000 ans. Elles prouvent que des traitements spéciaux, proches de ceux réservés aux humains, leur étaient apportés et font bien du chien le plus vieil ami de l’Homme.


Des ossements de crânes de chien datant de 26.000 ans en disent long sur les rites pratiqués par
les humains et confirment l'époque de la domestication des chiens.
© Mietje Germonpré
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 11 octobre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/un-os-de-mammouth-dans-la-machoire-dun-chien-fossile_33933/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 5 Nov 2011 - 1:24

Kraken, un céphalopode géant, artiste et serial killer d'ichtyosaures !

Un scénario stupéfiant vient d'être proposé pour expliquer la mort d'une dizaine d'ichtyosaures, dont les ossements ont été retrouvés regroupés en 1928 dans le Nevada. Aucune hypothèse n'avait jusqu'à présent tenu la route. Un céphalopode géant, artiste à ses heures, serait le responsable...

Au début du XXe siècle, les ossements d’une dizaine d’ichtyosaures - grands reptiles marins du Mésozoïque - étaient retrouvés dans l’État du Nevada. Depuis, de nombreux scénarios ont été imaginés par les paléontologues qui cherchent à savoir comment tous ces individus sont arrivés là. Le 10 octobre, lors du congrès annuel de la Geological Society of America, Mark McMenamin du Mount Holyoke College, a proposé une hypothèse rocambolesque, entre science et fiction.

Ces ichtyosaures, plus précisément des Shonisaurus popularis, ont été découverts en 1928 par Siemon Muller, chercheur à l’université de Stanford et datent d’environ 228 millions d’années. À cette époque, un bras de mer recouvrait la région de Berlin, petite ville située à une centaine de km de Reno, la capitale de l’État.

Preuves et interprétations
Quels sont les faits ? Les ichtyosaures retrouvés mesuraient jusqu’à 14m de long. Les ossements étaient assez hétérogènes - certains en très bon état, d’autres davantage dégradés, ce qui fait penser à Mark Mcmenamin que les différents individus ne sont pas morts en même temps.

Les sédiments recouvrant les squelettes montrent que les ichtyosaures sont morts dans l’eau, à une profondeur d'environ 200m. C’est pour cette raison que le scientifique américain suggère que tous les ossements ne se sont pas retrouvés au même endroit par hasard.


Fossile d'ichtyosaure.
© Fritz Geller-Grimm, Wikipedia, cc by sa 2.5
En outre, ces ossements n’étaient pas tous disposés de façon naturelle - les vertèbres ne respectaient pas toutes l’ordre qu’elles ont normalement dans la colonne vertébrale. Selon Mark McMenamin, cela indique que certains de ces os ont été déplacés, probablement par un animal.

Un scénario digne de Jules Verne
Enfin, les shonisaures se nourrissaient entre autres de céphalopodes. Ce qui veut dire que ces deux animaux occupaient sensiblement les mêmes habitats et qu’ils étaient amenés à interagir.

À partir de tous ces faits, voilà le scénario rocambolesque que Mark McMenamin a imaginé. Un céphalopode géant - environ 30m - qu’il nomme Kraken, créature sortie des légendes scandinaves, aurait tué les ichtyosaures et les aurait stockés dans son garde-manger, comme le font les céphalopodes actuels avec leurs proies.

Autoportrait à la vertèbre cassée
Mais pourquoi les ossements auraient-ils été déplacés, réarrangés ? Parce que, selon l’hypothèse, le Kraken - probablement un des invertébrés les plus intelligents qui n’aient jamais existé - avait des capacités… artistiques ! Il aurait placé chacune des vertèbres, qui ressemblent à s’y méprendre à des ventouses, de façon à ce que l’ensemble fasse penser à un tentacule. Un autoportrait, en somme !

Certes, l’hypothèse est audacieuse. Mais les céphalopodes sont bien connus pour posséder une intelligence hors norme. Ils ont la capacité de résoudre des problèmes, de se cacher à l’aide de coquille, certains peuvent communiquer, etc.

Bien sûr, ce scénario ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté des paléontologues, surtout sa composante artistique. Néanmoins il semble être le seul à correspondre intégralement avec les faits. Comme le disent les partisans de la réfutabilité emmenés par Karl Popper, plus une hypothèse est audacieuse, plus elle est forte et fait avancer la science.


À l'instar de Jules Verne qui avait imaginé une pieuvre géante, Mark McMenamin suggère
qu'un énorme céphalopode aurait tué les ichtyosaures retrouvés dans le Nevada
© domaine public
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 14 octobre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/kraken-un-cephalopode-geant-artiste-et-serial-killer-dichtyosaures_34006/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 11 Nov 2011 - 21:03

Les mastodontes américains étaient déjà chassés il y a 14.000 ans

Grâce à des ossements de mastodonte datant de 13.800 ans et prouvant clairement que ces animaux étaient victimes de chasseurs humains à cette époque, les scientifiques remettent en cause les théories suggérant une disparition rapide de la mégafaune il y a environ 12.000 ans.

Des scientifiques américains et danois ont effectué de nouvelles analyses sur un os de mastodonte qui avait été retrouvé à la fin des années 1970 aux États-Unis. Les résultats qui en sont issus mettent à mal la théorie dite Blitzkrieg selon laquelle les grands herbivores se seraient éteints brutalement pendant le Pléistocène, il y a environ 12.000 ans, à cause d’une chasse éclair menée par les premiers humains ayant colonisé le continent nord-américain, la culture Clovis.

Entre 1977 et 1979, des scientifiques déterrent les ossements d’un squelette de mastodonte (Mammut americanum) parmi lesquels un os de côte dans lequel est inséré un autre fragment d’os taillé, prouvant que le mastodonte a été chassé par des humains. Cet ossement, provenant du site de Manis (État de Washington aux États-Unis), est daté de 14.000 ans avant notre ère. Mais ce résultat ne correspond à aucune théorie puisqu’à cette époque, aucun humain n’est censé avoir colonisé l’Amérique du Nord. En effet, les premières traces d’activité humaine dans le Nouveau Monde remontent à 13.000 ans, avec la culture Clovis (du nom d’une ville du Nouveau-Mexique).

Une nouvelle datation grâce à des techniques modernes
Ces ossements étaient donc au centre de débats parmi les paléontologues. Mais récemment, les échantillons ont de nouveau été analysés avec des techniques modernes. Grâce à une datation au radiocarbone et à des analyses génétiques et moléculaires effectuées sur l’os de mastodonte et sur l’arme qui y est insérée, les scientifiques ont pu préciser la date de la chasse - il y a environ 13.800 ans soit peu ou prou ce qui avait été affirmé ultérieurement. Les résultats sont présentés dans la revue Science.

À cette époque, donc, des humains chassaient à l’aide d’outils confectionnés à partir d’ossements d’animaux qu’ils avaient tués précédemment.


La côte de mastodonte avec l'arme servant à la chasse qui y est insérée.
© Waters et al. 2011, Science
Entretemps, d’autres études semblaient indiquer l’existence d’humains ayant habité cette région durant une période pré-Clovis et la récente datation des ossements de mastodonte ne font finalement que confirmer ces études. Des scientifiques avaient en effet trouvé des artefacts de pierre avec les ossements de mammouths (Mammuthus primigenius) datant de 14.800 et 14.200 ans sur des sites américains du Wisconsin (Schaefer et Hebior) tandis que d'autres avaient découvert des preuves d'abattage vieilles de 13.800 ans sur le site de Ayer Pond.

La théorie de la BlitzKrieg mise à mal
En outre, d’autres analyses, effectuées en 2009 sur des champignons appartenant au genre Sporormiella, habitant communément les bouses de ces grands herbivores, avaient montré que la mégafaune de l’époque s’était progressivement éteinte entre 14.800 et 13.700 ans avant notre ère.

Tous ces résultats indiquent que le début de la chasse des grands herbivores par les humains a commencé plus tôt que ce qui était admis, mettant ainsi à mal la théorie de la Blitzkrieg (ainsi que la thèse de l'astéroïde) selon laquelle les grands herbivores se seraient rapidement éteints il y a 12.000 ans.

Néanmoins, l’auteur de l’étude ne prétend pas que la chasse soit l’unique responsable de l’extinction des grands mammifères. Selon lui, d’autres facteurs, comme le changement climatique et la raréfaction des ressources qui en a découlé, auraient pu contribuer à l’affaiblissement de ces populations. La chasse n’aurait été que le coup de grâce.


Des ossements de mastodonte avec une arme faite d'os taillé montrent que les humains
chassaient il y a 13.800 ans sur le continent Nord-Américain.
© Waters et al. 2011, Science
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 26 octobre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-mastodontes-americains-etaient-deja-chasses-il-y-a-14000-ans_34240/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 11 Nov 2011 - 23:59

Les sauropodes, ces dinosaures géants, étaient peut-être migrateurs

L'analyse de dents de grands sauropodes, dinosaures quadrupèdes géants, indique que ces herbivores réalisaient des migrations saisonnières de plus de 300 km pour atteindre des zones riches en nourriture.

Des analyses de dents de sauropodes du genre Camarasaurus, réalisées par des chercheurs du Colorado College, indiquent que ces dinosaures, qui vivaient à l’époque du Jurassique il y a environ 150 millions d’années, étaient des animaux migrateurs. C’est en s'intéressant aux isotopes d’oxygène présents dans l’émail des dents des sauropodes, retrouvées dans les couches géologiques du bassin de Morrison, à l’Ouest des États-Unis, que les scientifiques ont déduit que ces animaux avaient occupé des habitats bien différents au cours de leur vie.

En effet, lorsque les vertébrés boivent, leurs dents incorporent les isotopes présents dans l’eau. Or, les concentrations d'isotopes étudiées correspondaient à de l’eau provenant de zones situées à environ 300km des plaines où les dents de ces animaux ont été retrouvées. Mieux, une analyse plus précise des différentes couches qui composent les dents (un peu à la manière des couches sédimentaires) a montré que ces sauropodes avaient effectué plusieurs allers-retours entre les plaines et les zones de pâturages plus en altitude.


Trois Camarasaurus supremus en marche. Cette vue d'artiste est peut-être
une bonne représentation des migrations de ces sauropodes géants...
© Dmitry Bogdanov
Des troupeaux de dinos géants
Ces résultats sont toutefois à interpréter avec précaution puisque les dents n’ont pas été retrouvées près d’un squelette de sauropode. La migration de la dent pourrait donc simplement être le fruit d'un transport dans une rivière, après la mort de son propriétaire. D’autant que toutes les dents analysées ne mènent pas aux mêmes conclusions.

L'idée de ces migrations de dinosaures géants amène d'autres questions. Après avoir mis en évidence la migration de ces herbivores, les auteurs de l’étude publiée dans Nature se demandent en outre si les dinosaures carnivores, prédateurs des sauropodes, parcouraient également des centaines de km à la poursuite de leurs proies.


L'analyse de dents de sauropodes suggère que ces dinosaures herbivores effectuaient des migrations saisonnières.
© Henry Fricke
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 27 octobre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-sauropodes-ces-dinosaures-geants-etaient-peut-etre-migrateurs_34292/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 12 Nov 2011 - 22:38

Un site paléolithique français raconte la vie de ses habitants

Le creusement du canal Seine-Nord Europe a été l’occasion pour l'Inrap d’étudier un site paléolithique au Sud-Ouest de Cambrai, qui fut occupé par l’Homme de Néandertal et l’Homme moderne entre 50.000 ans et 30.000 ans avant notre ère. De nombreuses disciplines scientifiques sont à l'œuvre pour mieux percevoir les activités de ces hommes dans leur environnement.

Avant que ne commence le creusement du canal Seine-Nord Europe, l'Inrap (Institut National d'ARchéologie Préventive) a établi plusieurs diagnostics entre 2008 et 2010 afin de cerner le potentiel de sites paléolithiques. Aujourd’hui, près de 80km sur les 106 prévus ont été diagnostiqués, soit plus de 500 sondages profonds en puits répartis sur quatre départements: le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et l’Oise.

À l’issue des résultats, les archéologues ont fouillé à Havrincourt des occupations préhistoriques sur une superficie de 1.500m² à 5m de profondeur (voir la visite virtuelle du site d'Havrincourt). Une seconde fouille a été réalisée sur plus de 4.500m² à 6m de profondeur. Exceptionnel sur de si grandes surfaces et à de telles profondeurs, le décapage a permis d’identifier deux niveaux d’occupation datant approximativement de 50.000 ans pour le plus ancien, et d’environ 30.000 ans pour le plus récent.


Les deux temps du décapage - au premier plan, fouille manuelle d'un niveau datant du Paléolithique
supérieur - au second plan, fouille mécanisée d'un niveau datant du Paléolithique moyen.
© Denis Gliksman, Inrap
Un site paléolithique exceptionnel
L’occupation datant de 50.000 ans correspond à la fin du Paléolithique moyen. Certains indices indiquent que les silex étaient taillés selon la méthode de débitage Levallois (du site éponyme), caractéristique de la période. Les pièces, de belle facture, attestent la maîtrise et le savoir-faire des hommes qui les taillaient. L’ensemble des éléments de la chaîne opératoire (nucléus, éclats, outils) est présent sur place, associé à quelques restes animaux.

L’occupation datant de 30.000 ans serait attribuable à la phase ancienne du Paléolithique supérieur. Les datations radiométriques devraient en confirmer le caractère exceptionnel pour le Nord de la France. Le niveau se compose entre autres de quatre loci (ou emplacements), dans lesquels des restes animaux sont associés à des vestiges d’industrie lithique. L’ensemble du cortège de la steppe à mammouths a été retrouvé - rhinocéros laineux, bison, cheval, renne, mammouth. Chaque locus, implanté sur 2m à 10m carrés, comporte parfois plus de 400 artefacts (objets faits de main d'Homme).


On dégage une dent de mammouth.
© Denis Gliksman, Inrap
Un lieu apprécié de Néandertal et de Homo Sapiens sapiens
L’étude de ces vestiges permettra de mieux comprendre l’organisation territoriale des groupes humains. En effet, la découverte de ces loci isolés peut traduire une segmentation des activités dans l’espace, révélatrice du degré de planification de ces Hommes comme de leur organisation sociale ou une récurrence d’occupation par plusieurs groupes.

Ce niveau d’occupation est une découverte exceptionnelle pour la région. Son étude fournira des données fondamentales pour appréhender les modalités de peuplement du Nord-Ouest de l’Europe par Homo Sapiens sapiens. D’autre part, ces fouilles sont remarquables car elles prouvent l’exploitation successive d’un même territoire par l’Homme de Néandertal (occupation la plus ancienne) et l’Homme moderne (occupation la plus récente).


Une lame en silex apparaît dans le niveau archéologique supérieur datant d'environ 30.000 ans.
© Denis Gliksman, Inrap
Plusieurs disciplines scientifiques collaborent
Outre l’étude des silex taillés, qui est au cœur de la démarche du paléolithicien, de nombreuses disciplines sont sollicitées par l’archéologue pour appréhender les activités de l’Homme dans son milieu:

<> la mise en place des dépôts et la nature des sols (géologie)
<> l’évolution du paysage (géomorphologie)
<> le climat (malacologie ou étude des coquillages)
<> le couvert végétal (palynologie ou étude des pollens)
<> les espèces animales et éventuellement les saisons d’abattage (archéozoologie)

La succession des décapages menés à Havrincourt a permis aux archéologues d’étudier des séquences lœssiques de plus de 6m. Compte tenu des rares données existantes dans le nord de la France pour le Pléniglaciaire moyen (+/-55.000 à 30.000 ans), et au regard de celles attribuées au Début Glaciaire Weichselien (+/-112.000 à 70.000 ans), les séquences lœssiques d’Havrincourt serviront désormais de repères pour cette période permettant une reconstitution paléoenvironnementale et climatique au Pléniglaciaire moyen du Weichselien (+/-55.000 à 30.000 ans) en contexte de versant.


Les opérations de décapage: l'archéologue (à droite) surveille le travail des engins, la pelle charge
les terres dans le tracto-benne qui les videra en dehors de l'emprise de la fouille.
© Denis Gliksman, Inrap
* L'article originel sur le site de l'Inrap

Source: INRAP, le 29 octobre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/homme/d/un-site-paleolithique-francais-raconte-la-vie-de-ses-habitants_34233/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 18 Nov 2011 - 0:28

Homo sapiens est arrivé en Europe plus tôt qu'on ne le pensait

Attribuées à des Néandertaliens, les dents de lait de la fameuse grotte du Cavallo auraient en fait appartenu à des Homo sapiens, d'après une équipe européenne. Conclusions: la culture dite uluzzienne ne serait pas néandertalienne et les Hommes modernes seraient arrivés en Europe il y a environ 45.000 ans, soit bien plus tôt que ce qui était admis jusque-là...

Les premiers Hommes modernes (Homo sapiens) seraient arrivés en Europe il y a environ 45.000 ans, soit plusieurs millénaires avant la date communément admise jusqu'ici. Fruit d'une collaboration entre treize équipes européennes, à laquelle participent deux chercheurs français du CNRS et de l'Université Bordeaux 1, ce résultat s'appuie sur de nouvelles analyses de deux dents de lait découvertes il y a une cinquantaine d'années dans une grotte préhistorique italienne, et qui avaient été attribuées à tort à des Néandertaliens.

Ces restes humains, datant d'il y a environ 45.000 ans, s'avèrent appartenir à Homo sapiens. Ils constituent les plus anciens témoignages d'Hommes modernes européens connus à ce jour. Publiés le 3 novembre dans la revue Nature, ces travaux apportent de nouveaux éléments pour mieux comprendre la diffusion des premiers Hommes modernes en Europe, ainsi que la période dite de « transition », allant de leur arrivée en Europe à la disparition des Néandertaliens.


Artefacts uluzziens de la Grotta del Cavallo (Pouilles, Sud de l'Italie).
© Annamaria Ronchitelli et Dr. Katerina Douka
Selon l'hypothèse la plus largement partagée à ce jour, la disparition de l'Homme de Néanderthal, qui a vécu en Europe pendant plus de 200.000 ans, aurait un lien avec l'arrivée sur ce même continent des Hommes anatomiquement modernes (Homo Sapiens). Encore largement débattue dans la communauté scientifique, la question complexe de leur extinction vient de recevoir de nouveaux éléments de réflexion, grâce à une collaboration scientifique européenne qui s'est intéressée à deux dents de lait retrouvées par Arturo Palma di Cesnola (Université de Sienne), dans la Grotta del Cavallo, située près de la petite ville d'Uluzzo, au Sud de l'Italie.

La grotte du Cavallo, trésor archéologique mais pas néandertalien
Découverte en 1960, cette grotte contient des dépôts archéologiques témoignant de la période pendant laquelle les Néandertaliens ont été remplacés par les Hommes modernes. Décrite à partir de plus de vingt sites archéologiques en Italie, la culture « uluzzienne » est caractérisée par la présence d'objets (ornements personnels, outils en os, colorants, etc.) typiquement associés à un comportement symbolique des Hommes modernes. Or, lors de précédents travaux, les dents de Cavallo furent attribuées aux Néandertaliens. Ces derniers ont alors été considérés comme les artisans des ornements et des outillages caractéristiques de la culture « uluzzienne ».


À gauche: vue mésiale du spécimen Cavallo-B (première molaire déciduale supérieure gauche), le premier Homme
anatomiquement moderne d'Europe. La barre blanche dans la figure est équivalente à 1cm.

À droite: reconstruction numérique en 3D de Cavallo-B (première molaire déciduale supérieure gauche).
L'émail est en transparence pour montrer la dentine de la couronne.
© Dr. Stefano Benazzi
L'Homme de Néandertal et l'Homme moderne ont coexisté
De nouvelles analyses effectuées par une équipe internationale impliquant deux laboratoires français viennent contredire ces précédentes conclusions. Les reconstructions en 3D, issues d'enregistrements par microtomographie RX, des restes humains de Cavallo ont été comparées à un large échantillon de dents néandertaliennes et modernes. En analysant les paramètres de leur structure interne et externe (en particulier l'épaisseur de l'émail et le contour des couronnes dentaires), les chercheurs ont mis en évidence que les deux dents de Cavallo appartenaient à des Hommes modernes. D'autre part, la datation au carbone 14 par méthode AMS sur des coquilles perforées, issues des mêmes niveaux archéologiques que les dents, a montré que ce matériel serait vieux d'environ 43.000 à 45.000 ans.

Ces résultats indiquent une arrivée plus précoce d'Homo sapiens en Europe. Ils confirment la longue période de coexistence des Hommes modernes avec les Néandertaliens. De plus, cette étude suggère que, contrairement à ce qui a été affirmé par le passé, les Hommes modernes seraient les artisans de la culture uluzzienne. Cette découverte apporte de nouvelles données pour comprendre le développement des comportements symboliques des populations du Paléolithique. Issue de la réévaluation des deux dents de Cavallo, elle n'aurait pas été possible sans une collaboration entre plusieurs institutions européennes et le recours aux innovations techniques développées au cours de la dernière décennie.


La grotte du Cavallo (flèche rouge) s'ouvre sur la baie d'Uluzzo, située dans
le Parc régional naturel de Portoselvaggio (Pouilles, Sud de l'Italie).
© Annamaria Ronchitelli
* Who were Europe's first humans?

Source: CNRS, le 7 novembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/homo-sapiens-est-arrive-en-europe-plus-tot-quon-ne-le-pensait_34431/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 23 Nov 2011 - 19:19

Sur un papillon fossile, des couleurs vieilles de 47 millions d'années

Des chercheurs ont retrouvé les couleurs originelles d'un papillon datant de 47 millions d'années et dont le fossile a été découvert en Allemagne. Une reconstitution qui donne des indications sur le mode de vie du lépidoptère et sur l'évolution des traits en relation avec la communication.

Un peu à l’image d’un vieux film auquel on tenterait de donner un coup de jeune en y ajoutant de la couleur, des scientifiques ont rendu ses teintes vives à un papillon datant de 47 millions d’années (Éocène), dont le fossile a été retrouvé en Allemagne. Ce n'est pas un jeu - les couleurs d’un être vivant, que ce soit un animal ou une plante, en disent long sur son écologie, sa place au sein d’un écosystème ou encore sur la relation qu’il entretient avec les autres individus présents dans son environnement.

Les couleurs d’une plante peuvent appâter des insectes pollinisateurs, et certains insectes arborent des teintes vives pour prévenir d’un danger ou d’une toxicité, c'est ce qu’on appelle l’aposématisme (utilisé aussi chez certaines grenouilles). D’autres animaux, et en particulier les papillons, empruntent la même apparence que des congénères toxiques, réalisant ainsi un mimétisme mullérien. On peut également citer les phasmes, qui ressemblent à des brindilles ou à des feuilles et qui peuvent ainsi se camoufler dans les végétaux. Les exemples sont nombreux.


Un des fossiles de papillons retrouvés en Allemagne et datant de 47 millions d'années.
© MaNamara et al. 2011 - Plos Biology
La couleur - indice de mode de vie
C’est donc dans le but de mieux connaître l’écologie d’un lépidoptère fossilisé que des scientifiques, emmenés par Maria McNamara - Université Yale - ont décidé de lui rendre ses couleurs. Pour cela, ils ont utilisé différentes techniques permettant d’analyser les microstructures de l’aile du papillon. En effet, les teintes des ailes de lépidoptères sont souvent des couleurs structurales et non pigmentaires. C’est-à-dire qu'elles ne sont pas le fruit de pigments, mais d’un phénomène optique - une interaction physique entre lumière et matière. Ici, il s'agit des microstructures de l’aile, en l'occurrence les écailles striées qui la composent et qui ne renvoient qu’une seule longueur d’onde.

Ainsi, grâce à la microscopie électronique et à des modèles mathématiques fondés sur les dimensions de l’aile, les scientifiques ont pu déduire les teintes originelles. Le résultat est assez spectaculaire et présente des couleurs très vives - bleu, jaune, vert et marron, ainsi qu’une faible iridescence - changement de couleur en fonction de l’angle de vue. Ces résultats sont publiés dans Plos Biology.

Stratégies de communication datant de 47 millions d'années
Qu’est-il possible alors de conclure concernant le mode de vie de ce papillon ? On peut avancer des suppositions. Le vert et la faible iridescence sont des attraits qu’on retrouve désormais chez des insectes adeptes du camouflage. Toutefois, les teintes vives auraient pu servir de signal pour des prédateurs potentiels, indiquant une toxicité - avérée ou prétendue.

Quoi qu’il en soit, ces résultats fournissent des indications sur l’évolution des papillons et des stratégies de communication puisqu’ils suggèrent que soit le camouflage, soit la capacité à synthétiser des produits chimiques rendant ces insectes immangeables faisait partie de l’attirail de défense des papillons il y a 47 millions d’années. Voilà donc un pas de plus dans la reconstruction évolutive de la myriade de couleurs qu’arborent aujourd'hui les papillons.


Un papillon fossilisé vieux de 47 millions d'années a retrouvé ses couleurs.
© McNamara et al., 2011 - PLoS Biology
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 20 novembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/sur-un-papillon-fossile-des-couleurs-vieilles-de-47-millions-dannees_34670/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Lun 28 Nov 2011 - 1:57

Au temps des dinosaures, microraptor mangeait des oiseaux

Que certains dinosaures se nourrissaient d’autres dinosaures n’a rien d’extraordinaire mais la découverte de restes fossilisés d’un oiseau dans l’abdomen d’un microraptor fossile n’est tout de même pas banale.

La formation Jehol est une formation géologique mondialement célèbre de la province chinoise du Liaoning, à la frontière avec la Corée du Nord. Cette formation est connue pour son abondance en fossiles du Crétacé, en particulier en spécimens de dinosaures à plumes. C’est en effet en rapport avec le biota de Jehol que l’on a découvert depuis 1996 un certain nombre de fossiles de théropodes à plumes qui ont révolutionné notre connaissance des dinosaures. On peut citer par exemple le Sinosauropteryx.

Des paléontologues chinois viennent de publier dans Pnas un article dans lequel ils exposent leurs travaux concernant un remarquable fossile de microraptor provenant du biota de Jehol.


En haut le fossile de Microraptor gui découvert et en bas le relevé de son squelette.
© ZHOU Zhonghe
Rappelons que microraptor, qui signifie « petit voleur », était un genre de petit dromæosauridé du Crétacé inférieur - 130MA à 125MA - avec deux paires d'ailes. Il mesurait de 55cm à 77cm du nez au bout de la queue et l’on pense qu’il devait au moins être capable d’effectuer des vols planés. Il possède plusieurs caractéristiques montrant la parenté entre les oiseaux et certains dinosaures.

Un dinosaure arboricole
Son squelette fossilisé fait donc partie des preuves que l’on avance pour démontrer que tous les dinosaures n’ont pas disparu lors de la crise Crétacé-Tertiaire, sous l’action conjuguée des éruptions du Deccan et de l’impact de la météorite de Chicxulub, mais que certains subsistent aujourd’hui. Ce sont les oiseaux.


En bleu, les restes fossilisés d'un oiseau trouvé dans l'abdomen du fossile de microraptor gui précédent.
© ZHOU Zhonghe
Les paléontologues chinois ont donc découvert dans l’abdomen d’un microraptor trouvé dans la formation Jehol les restes fossilisés d’un énantiornithe. Il s’agit d’un représentant d’une sous-classe d'oiseaux préhistoriques à dents qui vivaient au Crétacé et qui ont disparu au moment de la crise KT.

Ce qui est intéressant est que ce type d’oiseau était arboricole, ce qui veut dire que microraptor devait probablement se nourrir de cette proie en la chassant lui aussi dans les arbres. Voilà de quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent que les premiers dromaeosauridés étaient aussi arboricoles.

En tout état de cause, il s’agit de la première preuve directe que des dinosaures non aviens pouvaient se nourrir d’oiseaux. Auparavant, on ne disposait que d’indications indirectes.


Une représentation d'artiste d'un microraptor.
© Brian Choo
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 27 novembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/au-temps-des-dinosaures-microraptor-mangeait-des-oiseaux_34804/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 9 Déc 2011 - 22:29

Les gros yeux de l'Anomalocaris, monstre du Cambrien

Anomalocaris, des grands arthropodes du Cambrien, devaient terroriser la faune marine il y a un demi-milliard d'années. Du moins le pensait-on, car personne n'avait vu leurs yeux. Un fossile vient de parler, ils étaient énormes ! Oui, ces Anomalocaris étaient bien des superprédateurs.

Les Anomalocaris « étrange crevette » sont des arthropodes à corps mou qui vivaient à l’époque du Cambrien, il y a plus de 500 millions d’années. Ces animaux aquatiques, mesurant en général un peu moins d’un mètre, étaient des superprédateurs, au sommet de la chaîne alimentaire. La découverte d’un récent fossile permet d’en apprendre davantage sur la vision exceptionnelle de cet animal qui lui conférait une redoutable habilité à la chasse.

Des fossiles de ces arthropodes ont été retrouvés à plusieurs reprises, notamment dans les schistes de Burgess au Canada. Une des découvertes les plus importantes remonte à quelques mois, quand des fossiles ont été retrouvés dans des roches de l’Ordovicien (au Maroc, cette fois), indiquant que cette famille des Anomalocarides avaient peuplé la Terre pendant à peu près 30 millions d’années. Une longévité exceptionnelle.

Les Anomalocaris avaient des yeux composés
La découverte des chercheurs anglais, australiens et espagnols est tout aussi importante. En Australie, dans les schistes d’Emu Bay, ils ont dégagé le fossile d’un Anomalocaris d’environ un mètre dont les yeux étaient particulièrement bien conservés. On a ainsi pu déterminer qu’ils étaient composés.

Une particularité qui a souvent été suspectée mais jamais confirmée, du fait de la mauvaise qualité des fossiles jusque-là déterrés. Celui-ci en apporte la preuve. Les Anomalocaris possédaient bien deux yeux composés et pédonculés, comme les scientifiques le rapportent dans Nature.


Fossile d'un des yeux composés (échelle = 2mm). Encart: détail des ommatidies (échelle = 0,3mm).
© Paterson et al. 2001, Nature
Ceux-là mesuraient 2 à 3cm et comportaient 16.000 facettes appelées ommatidies. De tels yeux se retrouvent à notre époque chez les arthropodes, principalement au sein de la classe des insectes. Mais le nombre d’ommatidies est généralement moins élevé. À titre de comparaison, l’œil d’une mouche n’en possède que 3.200 environ.

Les yeux composés sont apparus plus tôt
Cette structure témoigne d’une vision hors du commun. Un atout précieux pour ce chasseur, qui peut expliquer une longévité si importante. Les auteurs suggèrent d'ailleurs que la présence de tels prédateurs à cette époque pourrait être à l’origine de l’explosion du Cambrien, en exerçant une forte pression de sélection, ils auraient contribué à l’importante diversification des espèces animales.

Cette découverte fournit aussi de nouveaux éléments concernant l’origine des yeux composés. Jusqu’à présent, les chercheurs considéraient que ce caractère était apparu en même temps que les exosquelettes durs, au Dévonien. Des fossiles de l’espèce Schinderhannes bartelsi, un arthropode ayant vécu à cette époque, soit 100 millions d’années plus tard que l’Anomalocaris retrouvé, présentaient en effet ces caractères. Mais preuve est désormais apportée que les yeux composés sont apparus plus tôt.


L'Anomalocaris possédait des yeux composés grâce auxquels il excellait à la chasse.
© Katrina Kenny et Université d'Adélaïde
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 8 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-gros-yeux-de-lanomalocaris-monstre-du-cambrien_35164/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 10 Déc 2011 - 20:27

Des mammouths clonés pâtureront-ils dans la toundra d'ici 5 ans ?

La découverte en Russie au mois d’août dernier d’un fémur congelé de mammouth présentant des cellules de moelle osseuse particulièrement bien conservées a relancé le projet de clonage d’un de ces pachydermes disparus, par l’équipe d’Akira Iritani. Faut-il enfin y croire ? Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l'INSERM, nous donne son avis.

Voilà des années qu’on en parle. Mais quand verra-t-on enfin ce premier mammouth cloné ? Le plus près de réussir ce défi à l’heure actuelle est probablement Akira Iritani, un chercheur de plus de 80 ans qui tient à voir réaliser ce rêve de son vivant. Il espère même le caresser du doigt (au sens propre du terme) d’ici à 5 ans.

Mais quelle est l’ampleur de la tâche ? A-t-on aujourd’hui les moyens techniques et scientifiques de la mener à bien ? Des questions dont on aura finalement les réponses d’ici quelques années, lorsque l’on assistera ou non à la naissance d’un animal préhistorique disparu depuis plusieurs millénaires. Nous disposons tout de même aujourd’hui de quelques pistes pour tenter d'éclaircir le problème.


Jacques Testart est considéré comme le père du premier bébé éprouvette né
en France. Également critique de sciences, il vient de publier un livre, Labo Planète.
© Ramirolle
Tout d’abord, aussi folle que soit l’idée, Iritani n’est pas un scientifique farfelu mais un chercheur compétent et sensé. Comptant parmi les pionniers de la Fécondation In Vitro (Fiv) dès les années 1970, il faisait également partie de l’équipe qui, en 2004, réalisa la première hybridation entre un animal et une plante, injectant des gènes d’épinard dans des cochons.

Alors si on ne doit pas douter du sérieux de l’homme derrière ce projet, les barrières techniques qui restent à franchir auraient de quoi réfréner les velléités de plus d’un spécialiste de la question. Jacques Testart, directeur de recherches honoraires de l’INSERM, notamment connu pour avoir réussi la première fécondation in vitro en France et pour ses recherches dans la procréation animale et humaine, fait le point avec nous sur les difficultés que devra résoudre Iritani.

Un clonage digne des 12 travaux d'Hercule
C'est finalement une tâche herculéenne qui attend les chercheurs. D'abord s'assurer qu'ils récupèrent bien 100% de l'ADN de mammouth. « En laboratoire, les cellules sont congelées à -196°C dans l'azote liquide. Ainsi on a cloné des souris mortes 16 ans plus tôt. Ici, même si le corps a été conservé dans le froid du pergélisol, on ne peut pas exclure que l'ADN soit partiellement dégradé. Or, faut-il rappeler que l'Homme et le chimpanzé partagent 98% de leur patrimoine génétique. Donc il suffit d'extraire des morceaux partiels ou erronés et on n'aboutit probablement pas à un mammouth. »

Si cet écueil est franchi, s'ensuivront une série de difficultés nouvelles qui viennent rendre la chose de plus en plus improbable. Un parcours du combattant très bien expliqué par Jacques Testart dans un article écrit pour Libération en 2009. Pour résumer en quelques lignes, il ne suffit pas de récupérer l'ADN pour en faire un embryon. Il faut recréer les chromosomes et la chromatine, ce qui n'est pas une mince affaire.



Le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) aurait disparu il y a plus de 10.000 ans
mais certains veulent croire que son espèce pourrait être ressuscitée.
© Hawkoffire, Flickr, cc by 2.0
Si tant est qu'on y parvienne, il restera encore beaucoup à faire. L'épreuve suivante consiste à récupérer des ovules d'éléphante. Mais le pachyderme ne produit ses ovocytes qu'une fois tous les 5 ou 6 ans, et ses ovaires sont distants d'environ 2,50m. Faut-il alors recourir à une chirurgie lourde ? Mais comment savoir à quel moment précis on peut recueillir un ovule mûr ? Le mieux serait-il alors d'attendre qu'une pauvre éléphante captive ne s'éteigne alors même qu'elle était fécondable ? Quel hasard improbable !

Une chance quasi nulle de réussir un mammouth cloné
Une fois le noyau de mammouth inséré dans l'ovocyte d'éléphante et le tout implanté dans une mère porteuse, on peut croiser les doigts bien fort pour que l'aventure aille jusqu'à son terme car le transfert interspécifique (un embryon dans l'utérus d'une femelle d'une espèce différente) est pour le moins aléatoire. Il est à noter que le clonage d'un éléphant n'a pas pu se faire à cause des problèmes évoqués, mais là, il faudrait réussir avec un embryon de mammouth... « À ma connaissance, on n'a jamais obtenu de naissance dans une gestation par une autre espèce. Le cas le plus avancé concerne le mouton et la chèvre. Mais entre le mammouth et l'éléphant, bien évidemment, nos connaissances sont nulles ! »


Le clonage n'a jamais été réalisé chez les éléphants, donc il paraît d'autant plus improbable avec un embryon de mammouth.
© Greenmonster, Flickr, cc by nc sa 2.0
Imaginons que par on-ne-sait quelle coïncidence tout fonctionne comme prévu... Un bébé mammouth naît devant des milliers de caméras. Que va-t-il devenir ? Cet animal adapté à l'ère glaciaire aura une maman africaine. Au-delà de sa propre survie, c'est son existence même qui peut laisser perplexe puisqu'il faudra lui trouver une place et de quoi s'épanouir. Devons-nous alors vraiment souhaiter que cela se produise ?

Pour toutes ces raisons, Jacques Testart reste donc très sceptique quant à la réelle chance de voir un tel événement se produire dans un laps de temps aussi court. « Mais au-delà de toutes les explications invoquées, il en est probablement une qui les surclasse toutes. Il faut garder à l’esprit que l'ADN n'est que la signature d'une espèce, mais il ne suffit pas à la définir et à la reproduire. »


Le projet fou de cloner un mammouth semble aujourd'hui hors de notre portée. Mais c'est peut-être
grâce à la persévérance des plus convaincus que cette prouesse deviendra possible.
© ExhibitEase LLC, Steven W. Marcus
* Site de Jacques Testart

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences, le 9 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/des-mammouths-clones-patureront-ils-dans-la-toundra-dici-5-ans_35178/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Lun 12 Déc 2011 - 20:01

Un bracelet hi-tech du Néolithique

Le plus ancien bracelet en obsidienne, datant du Néolithique, a été retrouvé lors de fouilles en Turquie, révélant un artisanat hautement technique, rivalisant avec les méthodes actuelles de polissage ! Grâce à l'analyse multiéchelle de topographie de surface, adaptée aux objets archéologiques, les chercheurs ont pu étudier toutes les opérations effectuées sur cet objet unique.

Des chercheurs de l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul (IFEA, CNRS/MAEE) et du Laboratoire de tribologie et de dynamiques des systèmes (LTDS, CNRS/école centrale de Lyon/école nationale d'ingénieurs de Saint-Étienne) ont analysé le plus ancien bracelet en obsidienne - du verre volcanique riche en silice - recensé à ce jour, découvert dans les années 1990 sur le site turc d'Aşıklı Höyük. En étudiant la surface de l'anneau et ses microreliefs avec des méthodes high-tech développées par le LTDS, les chercheurs ont révélé l'étonnante technicité des artisans du VIIIe millénaire avant J.-C. Une maîtrise impressionnante pour la Préhistoire récente, digne de nos techniques de polissage actuelles. Ces travaux publiés dans le Journal of Archaeological Science de décembre 2011 éclairent les sociétés du Néolithique, des communautés encore très énigmatiques.

Le bracelet en obsidienne étudié, daté de 7.500 avant J.-C., est unique. Il s'agit du premier témoin d'un artisanat de l'obsidienne qui n'a connu son essor que plus tard aux VIIe et VIe millénaires av. J.-C., un artisanat qui a par ailleurs produit toutes sortes d'objets de prestige et notamment des vaisselles et des miroirs. Présentant une forme complexe et un épaulement central singulier, il mesure 10cm de diamètre et 3,3cm de large. Découvert en 1995 sur le site exceptionnel d'Aşıklı Höyük en Turquie et exposé depuis au Musée archéologique d'Aksaray, cet anneau a été étudié en 2009 après la reprise des fouilles par Mihriban Özbaşaran, professeur à l'Université d'Istanbul au département de Préhistoire.


Le bracelet en obsidienne d'Aşıklı Höyük. a - forme et dimensions, b - symétrie de l'objet.
© Obsidian Use Project Archives
La haute technologie moderne pour étudier la hi-tech néolithique
Laurence Astruc, chercheuse CNRS à l'Institut français d'études anatoliennes d'Istanbul, et ses collègues l'ont analysé avec des technologies informatiques très puissantes développées par Hassan Zahouani (Enise) et Roberto Vargiolu (ECL), chercheurs au LTDS (CNRS/école centrale de Lyon/école nationale d'ingénieurs de Saint-Étienne). Mises au point pour l'industrie afin de caractériser les « effets peau d'orange » sur les tôles de voitures peintes, ces méthodes dites d'analyse multiéchelle de topographie de surface ont été adaptées à l'étude des microreliefs sur les objets archéologiques. Avec un but, déterminer toutes les opérations réalisées sur leur surface.

Appliquées au bracelet, ces méthodes ont révélé que l'objet avait été produit dans le cadre d'un artisanat ultraspécialisé. Les analyses réalisées ont montré une régularité presque parfaite du bracelet. La symétrie de l'épaulement central est extrêmement précise, au degré et à la centaine de micromètres près. Ce qui laisse penser que les artisans de l'époque ont utilisé des patrons pour contrôler sa forme lors de sa fabrication. La finition de la surface du bracelet - très régulière, à l'aspect de miroir - a nécessité des techniques de polissage complexes permettant des qualités de poli à l'échelle du nanomètre, dignes de celles de nos lentilles de télescope.

Réalisés en collaboration avec l'Université d'Istanbul sous la direction de Laurence Astruc, ces travaux ont été financés par l'Agence nationale de la recherche dans le cadre du programme « Obsidiennes, pratiques techniques et usages en Anatolie » (ANR 08-Blanc-0318). Dans ce programme, le bracelet d'Aşıklı Höyük est le premier objet à être étudié parmi une soixantaine d'autres polis en obsidienne.

En collaboration avec l'Université de Manchester et avec le British Museum, l'équipe de Laurence Astruc analyse désormais des objets de prestige découverts sur les sites Halaf de Domuztepe en Anatolie centro-orientale et d'Arpachiyyah en Irak.


La reconstitution numérique du bracelet proposé par Mohamed Ben Tkaya (LTDS).
© Obsidian Use Project Archives
Source: CNRS, le 11 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/homme/d/un-bracelet-hi-tech-du-neolithique_35138/

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Paleontologie, l'actu...
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