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 Paleontologie, l'actu...

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tanka
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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 15 Déc 2011 - 17:16

Protopterus annectens, le poisson qui marche !...

Des scientifiques ont montré qu'un poisson sarcoptérygien - un protoptère - est capable de marcher à la manière d'un tétrapode, en utilisant ses nageoires. Ce caractère serait donc antérieur aux tétrapodes, les vertébrés sortis de l'eau il y a 365 millions d'années.

Les poissons, depuis longtemps, défient la taxinomie. On y trouve des êtres disparates, par exemple les agnathes, sans mâchoire, que sont les myxines et les lamproies, et qui diffèrent assez largement des autres. Plus connus, les chondrichtyens rassemblent les requins et les raies, avec leur squelette en cartilage. Les vrais vedettes sont les actinoptérygiens, de la sardine au thon, en passant par les poissons les plus communs, et dont les nageoires sont montées sur de fines aiguilles - d'où leur nom.

Mais on trouve aussi parmi les poissons d'étranges animaux, les sarcoptérygiens, caractérisés par des nageoires lobées, plus ou moins charnues, ressemblant à des pattes. Ce sont les cœlacanthes et les dipneustes, dont le corps abrite curieusement des poumons. Ces sarcoptérygiens sont d'ailleurs très proches des tétrapodes, animaux à quatre membres (amphibiens, reptiles, mammifères et oiseaux). Selon la classification phylogénétique, nous, tétrapodes, sommes des sarcoptérygiens.

Connaître les relations entre les poissons sarcoptérygiens et les tétrapodes permet de mieux comprendre les étapes évolutives qui ont mené à la sortie de l’eau et à l’adaptation aérienne. Une équipe de chercheurs de l’Université de Chicago a ainsi analysé la locomotion du dipneuste Protopterus annectens. Ils se sont rendu compte que ce protoptère était capable de marcher sur le fond de l’eau en s’appuyant sur ses nageoires et en élevant son corps. Il semble donc marcher comme le fait un animal à quatre pattes. Leurs résultats sont publiés dans Pnas.


Le dipneuste Protopterus annectens prend appui sur ses nageoires
pour soulever son corps et se déplacer.
© King et al. 2011, Pnas, YouTube
Quand la marche est-elle apparue ?
Il avait déjà été remarqué que les cœlacanthes, cousins des dipneustes, ont tendance à nager de la même manière que les tétrapodes marchent. Ce qui indique que certains traits propres à la marche étaient déjà présents avant même la séparation entre les sarcoptérygiens et les tétrapodes. En revanche, les cœlacanthes ne marchent pas. C’est pourquoi les scientifiques ont voulu vérifier si l’utilisation des nageoires comme appendice de déplacement sur un substrat solide était une caractéristique présente chez les dipneustes. Et la réponse est oui, en tout cas chez P. annectens.

Cette espèce est capable de se déplacer en marchant sur ses fines nageoires. Les chercheurs ont montré que ce poisson pouvait adopter plusieurs types de mouvements, allant de la marche au saut. De petites propulsions effectuées à l'aide des appendices postérieurs ou pelviens, ce qui les différencie des poissons actinoptérygiens - qui se propulsent grâce aux nageoires pectorales - et les rapprochent des tétrapodes.

Des fossiles trompeurs
Voilà qui permet d’en savoir davantage sur l'acquisition de la marche chez les vertébrés et sur le passage de la vie aquatique à la vie aérienne. Selon les chercheurs, la transition entre ces deux milieux s’est effectuée en plusieurs étapes dont l’ordre reste encore à établir. Grâce à cette étude, on peut désormais affirmer que la locomotion sur un substrat solide est une caractéristique antérieure à l’apparition de membres digités.

Enfin, cette découverte pourrait remettre en cause quelques analyses, puisqu’elle montre que la locomotion des dipneustes peut laisser des traces fossiles que les paléontologues avaient d’emblée attribué à des tétrapodes. Il faudra peut-être faire marche arrière…


Protopterus annectens, un sarcoptérygien vivant en Afrique, est capable de marcher.
© Bff, cc by 2.5 dérivé de Mathea, cc by sa 3.0
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 14 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/en-video-protopterus-annectens-le-poisson-qui-marche_35269/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 18 Déc 2011 - 1:39

La synesthésie des chimpanzés dévoile un des secrets... du langage

Comme les humains, les chimpanzés associent des couleurs à certains sons. Voilà une piste pour comprendre l'origine du langage, nous explique le célèbre paléoanthropologue Pascal Picq, interrogé par Futura-Sciences - celle de la synesthésie.

Les grands singes constituent un modèle animal intéressant pour vérifier la spécificité de certaines aptitudes humaines, et notamment les capacités au langage. Un article récent, paru dans Pnas, a mis en avant une qualité intéressante partagée aussi bien par les Hommes que par nos cousins vivants les plus proches.

Chimpanzés (Pan troglodytes) et humains ont été testés selon les mêmes protocoles. Face à un écran, un carré blanc ou noir apparaissait très brièvement (200ms). Au même moment, un son, aigu ou grave, était diffusé dans la pièce. Il leur fallait ensuite dire si le carré visionné était blanc ou noir. Pour les deux espèces, des résultats similaires apparaissent, les taux de réussite sont les plus élevés quand un carré blanc est associé à un son aigu ou quand un carré noir est présenté en même temps qu'un son grave.

Cette capacité à lier plusieurs éléments sensoriels différents a pour nom la synesthésie. De cette expérience, Vera Ludwig, de l'Université de la Charité à Berlin (Allemagne) et première auteur de l'étude, affirme que les chimpanzés détiennent eux aussi cette aptitude à la synesthésie. Si nos deux espèces possèdent une même compétence, alors elles l'ont probablement héritée de notre ancêtre commun, qui vivait en Afrique il y a environ 6 millions d'années. L'anthropologue va même plus loin en affirmant que cette tendance naturelle à associer une fréquence sonore avec des couleurs aurait pu être l'un des facteurs favorisant l'apparition du langage.


Pascal Picq, maître de conférence au Collège de France, est l'un des grands spécialistes internationaux
de la paléoanthropologie. Il est aussi connu pour sa volonté de faire tomber l'Homme de
son piédestal afin qu'il se considère à sa juste place au sein du royaume du vivant.
© My Graal, Flickr, cc by 2.0
« Le langage n’est pas apparu à partir de rien » …
Qu'en pense alors Pascal Picq ? Paléoanthropologue de renom au Collège de France, auteur de nombreux ouvrages, y compris sur cette question, il veut bien croire dans l'intérêt d'une telle découverte. « Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas un seul module du langage. Par exemple, l'aire de Broca, qu'on sait largement impliquée dans la production des mots, se retrouve également chez les chimpanzés. Le langage n'est donc pas apparu spontanément à partir de rien, mais il s'est construit à partir de différentes capacités cognitives dont nos ancêtres disposaient. Et probablement que ces facultés se retrouvaient déjà chez leurs propres aïeuls. »

Cela n'a rien de surprenant. On connaît quelques exemples de grands singes (Koko la femelle gorille, Kanzi le bonobo ou Washoe la maman chimpanzé, parmi d'autres) à qui l'on a appris des langages, que ce soit la langue des signes ou via un clavier sur lequel les objets symbolisent des mots. Nos cousins sont donc dotés d'une capacité au protolangage, typiquement celui que les enfants en apprentissage utilisent lorsqu'ils n'arrivent pas à faire une phrase complète avec pronom et articles. Désormais, on sait les chimpanzés en plus capable d'associer plus facilement des sons particuliers avec des images.


Homo erectus, ici représenté au Smithsonian Museum à Washington D.C. (États-Unis) vivait entre -1 million d'années et -300.000 ans
approximativement. Il a colonisé l'Afrique, l'Europe et l'Asie et possédait très probablement un langage.
© Ryan Somma, Flickr, cc by sa 2.0
Fabriquer un outil, c'est un peu comme parler
« Ces études sont intéressantes parce qu'elles montrent bien que certaines facultés prises individuellement, comme percevoir les sons ou les couleurs, ont finalement des propriétés transverses et peuvent être reliées entre elles lors de certaines activités. Nous, paléoanthropologues, nous servons de capacités impliquées et dans le langage et dans d'autres tâches pour tenter de dater l'époque des premiers mots. Par exemple, la notion de récursivité, quand dans une phrase une idée se trouve enchâssée dans une autre avant de reprendre l'idée principale de la conversation, se retrouve dans la fabrication d'outils. Les bifaces créés par Homo erectus sont récursifs et construits selon un modèle de pensée élaboré. Un outil, ça se construit finalement comme une phrase d'un point de vue cognitif, il y a de l'esthétique, il y a de l'émotion. Si on a les capacités pour faire l'un, alors on sait également faire l'autre. »

Alors, si la synesthésie révélée dans cette expérience ne suffit pas à elle seule à expliquer l'apparition du langage, on comprend bien désormais qu'elle a pu y contribuer, même modestement, en devenant l'une des nombreuses composantes rendant possible une telle prouesse. Grâce à cette capacité de représentation symbolique et probablement à cause du besoin de plus en plus intense de communiquer pour partager ses pensées et inquiétudes, des mots ont pris forme, mais peut-être pas au sens où nous les connaissons. « Si on sait que l’Homme de Néanderthal pouvait articuler comme nous, l’anatomie semble nous montrer que ce n’était pas forcément le cas pour Homo erectus. Mais le langage peut parfaitement s’articuler autrement. Il n’y a qu’à voir les 'clics' des tribus Bushmen du Serengeti ou certains langages sifflés. » Mais toutes ces paroles se sont désormais envolées, et il ne reste que de maigres indices pour se les imaginer.


Mais où donc s'arrêtent les capacités cognitives des chimpanzés ? Plus on les étudie et plus ils nous surprennent.
© Convex Creative, Flickr, cc by 2.0
* Abstract sur Pnas
* Biographie de Pascal Picq sur Wikipédia

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences, le 16 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/la-synesthesie-des-chimpanzes-devoile-un-des-secrets-du-langage_35340/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Lun 19 Déc 2011 - 2:00

Des fossiles pigmentés dans l'ambre !…

Des fossiles d'invertébrés ou des fragments végétaux piégés dans l'ambre, on connaît. Mais on trouve aussi bien d'autres trésors ! Grâce à une technique originale et surtout non destructrice, Éric Geirnaert, un passionné de l'ambre, a mis en évidence des mues de lézards et même des structures encore pigmentées, ce que l'on croyait impossible. Découvrez ces images uniques, expliquées par l'auteur lui-même.

Initiés à partir d’une nouvelle méthode d’exploration non destructive de la gemme fossile, des observations récentes bouleversent notre connaissance des fossiles organiques de l’ambre. Ces magnifiques petits boucliers, concaves, translucides et constellés d'étoiles présents parfois en nombre dans certains lots d'ambre, sont restés longtemps sans explication. Et pourtant, un indice intéressant guide les chercheurs. Ce sont les fourmis qui ont interpellé les spécialistes, les guidant vers une nouvelle interprétation... En recherchant d'autres fossiles, les fourmis ont montré qu’elles inspectaient souvent ces matières, sans doute sources d’aliments.


Protégée par l'ambre et mise en évidence par une technique non destructive qui permet l'observation par transparence,
une surface piquetée se révèle être... une peau de lézard, tombée de l'animal après la mue. Mieux encore,
les taches bien visibles ici sont bien celles de mélanophores.
© Éric Geirnaert
Une mue de lézard piégée dans l’ambre
Les lézards ont développé une peau robuste et très efficace dotée d’une grande résistance, physique et mécanique pour tirer profit des contraintes techniques du milieu. La peau cornée, toujours sèche, dont la couche superficielle est constituée de cellules mortes riches en kératine, a dégagé, par pliures, des écailles cornées remarquables, qui, selon les espèces, sont plates, bombées, lisses, et parfois même soyeuses. Certaines écailles sont serrées et imbriquées. D'autres sont translucides, telle l'écaille transparente de protection des yeux que l’on distingue à la mue de l’animal lorsque la peau - non extensible - devenue trop petite, se détache. La mue - phénomène de renouvellement d’une peau devenue trop petite - se décolle par lambeaux, lesquels sont parfois consommés par l’animal pour les nutriments importants qu’ils contiennent.


Montage illustrant la méthode, le bloc de résine n'est pas abîmé et rend possible la macrophotographie des inclusions.
© Éric Geirnaert
La reconnaissance d’une peau de lézard dans l’ambre peut se baser sur l’examen caractéristique des écailles et, également, sur l’observation de l’épiderme parsemé de taches étoilées que sont les mélanophores des cellules spéciales stockant la mélanine. De multiples zones fines, parsemées de mélanophores, sont donc un bon indice de la trace fossile d’un lézard. Plusieurs portions de mues, dont l’une de 31mm (voir la première photo de l'article), exposées en 2000 aux spécialistes, sont restées sans interprétation. L’image présentée ici est sans doute davantage qu’une mue animale de lézard, car, à côté de l’épiderme, des portions de derme et des portions musculaires semblent apparaître dans la matrice de résine.

Un microcosme figé
Grâce à l'ambre, la couleur du vêtement fossile des espèces antiques n'aura bientôt plus de secrets. En octobre 1998, tout au moins l'époque du premier congrès mondial des inclusions de l'ambre, le dogme voulait que la fossilisation dégrade les pigments. On affirmait de façon assez unanime que les pigments, trop fragiles, ne pouvaient pas être conservés au-delà de quelques dizaines de milliers d'années. Mais les dogmes tenaces ne sont-ils pas destinés à mourir quand la science progresse ?


Une tête de fourmi magnifiquement conservée qui laisse voir le ganglion nerveux cérébral.
© Éric Geirnaert
Outre les insectes coutumiers de la résine, il est intéressant de découvrir des cellules pigmentaires dans l'écrin jaune. En septembre 2010, je (re)trouve une inclusion fossile de l'ambre du plus grand intérêt ! De frêles paillettes ressemblant à des petits boucliers constellés de points sombres apparaissent en nombre dans plusieurs échantillons bruts. Et ces paillettes sont, en fait, marquées par des mélanophores.

Si les mélanosomes sont des cellules qui produisent de la mélanine, les mélanophores sont des cellules 'spécifiques en forme d'étoile' qui stockent le pigment. Si des mélanosomes ont déjà été retrouvés en dehors de l'ambre sur des plumes fossiles par Jakob Vinther et ses collègues de l'Université Yale, New Haven, États-Unis, découvrir ici des mélanophores dans l'ambre est du plus grand intérêt !


L'ambre emprisonne et protège des fossiles très anciens. Une bonne
technique d'observation permet d'étonnantes observations.
© Éric Geirnaert
* Le site sur l'ambre jaune de Éric Geirnaert

Éric Geirnaert, le 18 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/en-image-des-fossiles-pigmentes-dans-lambre_25662/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 29 Déc 2011 - 21:31

De mystérieux fossiles lèvent le voile sur l'origine des animaux

Des fossiles vieux de plus de 570 millions d’années livrent de nouveaux secrets sur l’évolution des animaux à partir d’une cellule unique. Ces fossiles étranges ne seraient ni des bactéries, comme certains le pensaient, ni des cellules animales, comme d'autres le croyaient. Mais alors que sont-ils ?

Doushantuo est une région du Sud de la Chine où des fossiles composés d’amas cellulaires et âgés de 570 millions d’années ont été découverts en 1998. Pour certains chercheurs, ils correspondraient à une forme embryonnaire des premiers animaux métazoaires. Effectivement, la disposition des cellules fossilisées ressemble à une morula, premier stade de développement embryonnaire d’un animal (le mot, latin, signifie mûre, et évoque la forme de ce petit amas de cellules). Pour d’autres, ces fossiles pourraient être des bactéries. Une étude menée par Philip Donoghue et Stefan Bengtson, tous deux paléontologues respectivement à l’Université de Bristol et au Swedish Museum of Natural History, lève le voile en publiant des résultats mettant à mal les deux hypothèses dans les revues Science et Pnas. Ce ne sont ni des bactéries ni des embryons d'animaux.

Les nouveaux résultats ont été obtenus en utilisant la tomographie microscopique à rayons X. Cette méthode permet de voir l’intérieur des fossiles en trois dimensions, sans les endommager. Environ 450 fossiles ont été analysés. Quatorze noyaux ont été observés à l’intérieur de cellules fossilisées. Ce premier résultat invalide l’hypothèse selon laquelle ces formes de vie seraient des bactéries. En effet, ces dernières sont dépourvues de noyau. C'est même la caractéristique qui leur a valu le nom de procaryotes - par opposition aux eucaryotes, dont nous faisons partie, avec les plantes, les amibes et quelques autres. Alors, des animaux ? Non. Des cellules ont été fossilisées en cours de division alors que les noyaux se clivent. Or, les membranes nucléaires des cellules animales disparaissent lors de la division cellulaire. Par conséquent, les fossiles ne contiennent pas non plus de cellules animales. De quoi s’agit-il alors ?


Images de l'un des amas cellulaires fossiles réalisées grâce à la tomographie à rayons X. A - représentation tridimensionnelle
en vue externe. Six cellules sont visibles. B - une coupe dans l'amas révèle 3 noyaux. C - tous les noyaux sont visibles.
Celui de couleur verte est en cours de division. Grossissement de 4.405 fois.
© Huldtgren et al., 2011, Science
Un ancêtre unicellulaire du règne animal
Certains amas de cellules fossilisés observés en tomographie sont entourés d’une enveloppe de protection. Les cellules situées à l’intérieur ressemblent à des spores. Un fossile montre même l’une de ces membranes déchirée, avec des cellules qui s’en échappent. Par comparaison avec des organismes vivant de nos jours, les chercheurs en ont déduit que les fossiles appartenaient au groupe des mésomycétozoaires, faisant partie des protistes. Cet ensemble se compose en effet d’organismes unicellulaires qui ne sont ni des bactéries ni des animaux mais qui peuvent être considérés comme des ancêtres unicellulaires du règne animal. De plus, les espèces appartenant à ce groupe produisent des grandes quantités de spores à l’intérieur d’une membrane de protection durant leur reproduction. Ainsi, ces fossiles vieux de 570 millions d’années pourraient représenter des spores de l’ancêtre unicellulaire du règne animal. Cette information comble une partie des trous qui subsistent dans l’histoire évolutive des animaux.

Selon les auteurs de cette étude, les résultats obtenus doivent servir à remettre en question les théories existantes sur la manière dont les animaux ont appris à construire des structures multicellulaires à partir de cellules uniques. Certains paléontologues tiennent néanmoins à préciser qu’il faut prendre ces résultats avec précaution car de nombreux champignons présentent des caractères similaires à ce qui a été décrit par Philip Donoghue et ses collègues. Voilà donc, peut-être, d'autres candidats possibles. En sciences, tout est prouvé... jusqu’à preuve du contraire !


Des fossiles vieux de 570 millions d'années ont été étudiés grâce à une technique de tomographie donnant des images en
trois dimensions. Chaque structure jaune (d'environ 1mm de diamètre) correspond à un amas de cellules en cours
de division et qui pourrait être à la base de l'histoire évolutive des animaux métazoaires.
© University of Bristol
* Fossilized Nuclei and Germination Structures Identify Ediacaran “Animal Embryos” as Encysting Protists
* Experimental taphonomy of giant sulphur bacteria: implications for the interpretation of the embryo-like Ediacaran Doushantuo fossils

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 29 décembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/de-mysterieux-fossiles-levent-le-voile-sur-lorigine-des-animaux_35587/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mar 3 Jan 2012 - 1:54

Les premiers tétrapodes n’étaient pas téméraires

Les amphibiens ont évolué à partir des poissons durant le Dévonien. C'est une certitude. En revanche, le milieu dans lequel cette transition s'est opérée reste hypothétique. Une nouvelle étude situe l'apparition des tétrapodes dans des zones humides et boisées. Le développement des membres et de la mobilité du cou leur auraient permis de profiter de cet environnement.

L’évolution des tétrapodes à partir des poissons se serait déroulée durant le Dévonien, soit il y a entre 390 et 360 millions d’années. C’est la présence de quatre membres et d’un cou qui différencie les poissons des amphibiens. Deux modèles expliquaient jusqu’à présent comment et où cette étape cruciale de l’évolution aurait pu avoir lieu. Selon Alfred Romer, les amphibiens auraient évolué à partir de poissons contraints de vivre hors de l’eau suite à l’assèchement de leurs étangs. Des déplacements auraient été nécessaires afin de trouver un nouveau lieu de vie habitable. Au fil du temps, la sélection naturelle aurait choisi les individus ayant une locomotion terrestre efficace. Les milieux hébergeant ces poissons devaient donc être soumis à des sécheresses.

Grzegorz Niedbwiedzki et ses collègues ont quant à eux proposé le modèle dit intertidale en 2010. La zone intertidale est la bande côtière soumise au phénomène des marées, inondée à marée haute et à l'air libre à marée basse. Les amphibiens se seraient différenciés à partir de poissons sortant de la mer. Leur théorie se base sur la découverte de traces de pas fossilisés dans une roche qui devait se situer dans un lagon.


Pour Alfred Romer, les poissons seraient sortis de l'eau à la suite de changements drastiques des conditions environnementales.
Ces derniers auraient causé l’assèchement des points d’eau (à gauche). Selon Gregory Retallack,
les poissons auraient développé de nouvelles structures (pattes et cou mobile) leur
permettant de sortir de l'eau et de profiter de leur environnement (à droite).
© University of Oregon
Gregory J. Retallack, professeur à l’Université du Maryland, vient de publier un article présentant une troisième hypothèse dans Journal of Geology. Il a étudié des empreintes et des os fossilisés d’organismes datant de la période de transition entre les poissons et les amphibiens, dans trois sites aux États-Unis. Remarquablement, ces fossiles se trouvaient toujours dans des sols caractéristiques de plaines boisées et humides. Aucune trace d’étang asséché n’a été observée.

L’ancêtre des tétrapodes était opportuniste
Selon les travaux de Gregory J. Retallack, l’ancêtre des tétrapodes était plutôt un opportuniste qu'un téméraire s'aventurant hors de son étang durant une sécheresse. Il a profité de l’environnement s’offrant à lui pour s'adapter à une nouvelle vie. Ce poisson devait peupler des régions humides abritant des lacs envahis par des racines et des troncs d’arbres. Les membres observés par le géologue sont mobiles et capables de saisir le bois ou les racines. L’ancêtre des tétrapodes a dû ainsi profiter de la présence des racines pour sortir de l’eau.

La mobilité du cou aurait été acquise afin de pouvoir manger dans des eaux peu profondes. Cette hypothèse justifie mieux le développement d’un cou mobile que la sortie brutale des poissons hors d’un étang situé dans une zone désertique. Pour rejeter la théorie d’Alfred Romer, Gregory Retallack s’appuie aussi sur le fait qu’aucun poisson ancêtre de tétrapodes n’a jamais été trouvé dans des structures géologiques pouvant correspondre à d'anciens étangs asséchés. Ainsi, l’origine et la sortie de l'eau des tétrapodes seraient à mettre en relation avec le développement de structures adaptées à un nouvel environnement. Elle n’aurait pas été causée par des changements drastiques de conditions environnementales.


La transition des poissons vers les tétrapodes s'est déroulée durant le Dévonien. Cette période est également
marquée par l'important développement des plantes sur Terre. Les poissons auraient acquis
des structures leurs permettant de quitter l'eau pour profiter de cette végétation.
© Florence Marteau, MHNG
* Journal of Geology: Woodland hypothesis for Devonian tetrapod evolution
* Nature: Tetrapod trackways from the early Middle Devonian period of Poland

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 1er janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/evolution-les-premiers-tetrapodes-netaient-pas-temeraires_35626/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 4 Jan 2012 - 15:12

Les mammifères ont su profiter des changements climatiques du passé

L'évolution des mammifères est fortement corrélée à celle du climat, en tout cas pour les espèces d'Amérique du Nord ayant vécu après la crise du Crétacé. C'est ce qui ressort d'une étude américaine qui confronte les températures avec les données démographiques de ces animaux.

Les premiers mammifères sont apparus sur Terre il y a plus de 220 millions d’années. Il y a 65 millions d’années, à la fin du Crétacé, avant la cinquième extinction de masse, ils avaient déjà bien peuplé l’ensemble des continents. Suite à cette crise, leur nombre a considérablement baissé et s’en est suivie une radiation évolutive. Depuis, d’autres phases de diversification - moins importantes néanmoins - se sont produites et des chercheurs américains viennent d’en découvrir les causes.

L'étude ses populations de mammifères en Amérique du Nord au cours des derniers 65 millions d’années montre que ces animaux ont subi six épisodes de forte diversification ou d’importante croissance démographique. C'est-à-dire que pour différentes espèces, des pics de populations ont été observés aux mêmes moments. On appelle ces phases des 'radiations évolutives'.

Climat et populations corrélés
Typiquement, une radiation évolutive est déclenchée par un événement qui permet à des espèces d’occuper des niches qui étaient préalablement inaccessibles. Soit parce qu’elles étaient occupées par d’autres espèces, soit parce qu’aucun organisme n’était adapté pour y habiter. Ainsi, une diversification permet à de nouvelles espèces de conquérir ces habitats délaissés par d'autres.


Paraceratherium, un rhinocéros géant qui vivait à l'Oligocène,
est le plus grand mammifère de tous les temps.
© Ex Machina 2011
Changement climatique pas toujours défavorable
Dans le cas des mammifères nord-américains, quelles sont les causes de ces épisodes ? Selon les chercheurs, ce sont principalement les changements climatiques. Afin de parvenir à cette conclusion, les scientifiques de l’Université Brown ont mis en parallèle les données démographiques des mammifères avec les données paléoclimatiques. Et plus particulièrement la température, qu’ils ont pu évaluer en analysant les concentrations atmosphériques de l'oxygène. Leurs résultats sont publiés dans Pnas.

Pour quatre des six radiations évolutives, expliquent ces chercheurs, il existe une forte corrélation avec une variation de température. Ainsi, l'évolution des mammifères aurait suivi les changements climatiques. Des immigrations locales sont également à l’origine de ces phases. Cette étude montre que tous les épisodes de changement climatique ne sont pas pénalisants pour la biodiversité, à la différence, sans doute, de celui que nous vivons en ce moment et qui, accompagné d’autres facteurs, est en train de provoquer la sixième extinction de masse.


Les mammouths sont des mammifères qui se sont éteints il y a environ 3.700 ans.
© TracyO, Flickr, cc by sa 2.0
* Université Brown
* Cenozoic climate change influences mammalian evolutionary dynamics

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 3 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-mammiferes-ont-su-profiter-des-changements-climatiques-du-passe_35624/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 11 Jan 2012 - 1:32

Samrukia ce gros oiseau du Crétacé... n'en serait pas un

Samrukia nessovi n'est pas un oiseau géant du Crétacé, comme l'affirmaient il y a quelques mois et avec grand fracas des chercheurs britanniques. Le paléontologue Éric Buffetaut, interrogé par Futura-Sciences, explique qu'il s'agit d'un ptérosaure banal. Les méthodes d'analyses choisies par les paléontologues britanniques les avaient induits en erreur. Beaucoup de bruit pour pas grand chose...

Il y a un peu plus de quatre mois, Darren Naish, paléontologue de l’Université de Portsmouth et ses collègues avaient annoncé avoir découvert un morceau de fossile appartenant, selon eux, à la mâchoire d’un gros oiseau ayant vécu au Crétacé, qu’ils avaient appelé Samrukia nessovi. Chose assez originale puisque jusqu’à présent, un seul fossile d’oiseau du Crétacé a été trouvé (Gargantuavis philoinos). Et pour cause, on pense que ces oiseaux ont profité de la disparition des ptérosaures pour émerger, au début du Tertiaire. Ils se faisaient donc rares au Crétacé.

En apprenant la découverte de Naish et ses collègues, Éric Buffetaut, chercheur au CNRS et spécialiste des ptérosaures, avait confié son scepticisme à Futura-Sciences. D'après lui, il ne s’agissait pas d’un oiseau mais d’un ptérosaure. Récemment, il a publié un article dans Annales de Paléontologie réfutant point par point la découverte de l’équipe de Darren Naish. « À partir d’un simple fragment de mandibule, ces chercheurs avaient décelé plusieurs autapomorphies. Cependant, aucun de ces caractères ne tient la route », selon le chercheur français.


Caractères supposés distinctifs de la mandibule de Samrukia nessovi qui sont en fait des caractères de ptérosaures. A: S. nessovi
(d’après Naish et al., 2011) - B: Santanadactylus araripensis (d’après Wellnhofer, 1985). Échelle: 50mm.
© Buffetaut 2011, Annales de Paléontologie
Samrukia, un ptérosaure banal
« J’ai d’abord regardé s’il ne s’agissait pas d’un oiseau déjà connu, explique-t-il. J’ai donc réalisé des comparaisons et j’ai tout de suite vu que ce n’était pas le cas. Et en élargissant le champ des comparaisons il est devenu évident que c’était un ptérosaure. » Selon lui, il ne s’agit d’ailleurs pas d’une nouvelle espèce. « A première vue, sans doute un azhdarchidé ou un pteranodontidé. »

Dans son article, Éric Buffetaut compare le morceau de mâchoire de S. nessovi avec celle d’un ptérosaure avéré. Et les ressemblances sont plus que frappantes. « Il s’agit d’anatomie comparée basique, s’étonne-t-il. Pourtant les auteurs de l’article ne sont pas des paléontologues débutants. En conclusion, les caractères soi-disant propres aux oiseaux ne le sont pas, comme la fusion des os de la mâchoire, et ceux qui indiqueraient que Samrukia n’est pas un oiseau connu sont en fait des caractères de ptérosaures. C’est pour cette raison qu’ils sont étranges pour un oiseau. »

Cladistique vs anatomie comparée
Comment des scientifiques expérimentés ont-ils pu commettre une telle erreur ? « C’est une dérive de la cladistique, constate Éric Buffetaut. En utilisant cette méthode, les scientifiques ne regardent pas le fossile dans sa globalité, mais recherchent des traits pris isolément afin de créer des cladogrammes qui peuvent être totalement faux. » Au cours de leur analyse cladistique, qui consiste à étudier les caractéristiques phénotypiques de plusieurs espèces afin d’aboutir à la construction d’un arbre ou cladogramme, les scientifiques ont pris en compte une quantité très importante de caractères 1.025 exactement, mais ils n’ont pas inclus ceux des ptérosaures. Dans ces conditions, difficile de déceler un quelconque rapprochement entre ces derniers et Samrukia.

Malgré tout, le paléontologue français ne remet pas en cause la bonne foi de ses collègues britanniques, « Ils ont dû décider très rapidement qu’il s’agissait d’un oiseau et ils ont cherché uniquement des caractères allant dans ce sens. » Et de conclure son article par une citation de Carola Hicks, historienne décédée l’an dernier, « Les gens trouvent ce qu’ils souhaitent trouver et voient ce qu’ils choisissent de voir. »


Les ptérosaures se sont éteints en même temps que les dinosaures, il y a 65 millions d'années.
© John Conway, DR
* Université de Portsmouth
* Samrukia nessovi, from the Late Cretaceous of Kazakhstan: A large pterosaur, not a giant bird
* UMR 8538 - Laboratoire de Géologie de l’Ecole normale supérieure

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 10 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/samrukia-le-gros-oiseau-du-cretace-nen-serait-pas-un_35770/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 15 Jan 2012 - 1:18

Non, les ichthyosaures n'ont pas été décimés à la fin du Jurassique

On croyait qu’une crise biologique avait décimé les espèces d’ichthyosaures à la fin du Jurassique. Mais selon une nouvelle étude, ces reptiles marins, qui n’étaient pas des dinosaures, étaient encore bien diversifiés au début du Crétacé, comme le prouve notamment la découverte d’une nouvelle espèce.

Les ichthyosaures font partie des quelques animaux emblématiques de l’époque des dinosaures. Mais ils n'appartenaient pas au même clade, ils étaient des reptiles marins vivant dans les mers de l’époque et ressemblant superficiellement aux dauphins. On sait aujourd'hui qu’il s’agissait d’animaux à sang chaud donnant naissance à leur progéniture directement en mer et dont la taille pouvait aller de 1m à 20m.


Mary Anning (1799-1847) était une collectionneuse de fossiles et une paléontologiste
britannique. Elle avait découvert un fossile d'ichthyosaure à l'âge de 12 ans.
© Wikipédia DP
Tout cela, Mary Anning l’ignorait lorsqu’elle a fait la découverte d’un premier fossile d’ichthyosaure alors qu’elle était âgée de 12 ans. Née en 1799, la jeune collectionneuse de fossiles deviendra une célèbre paléontologiste britannique qui sera élue membre honoraire de la Geological Society of London en dépit des statuts sexistes de l'époque interdisant l'élection de femmes. On lui doit aussi la découverte en 1821 d’un fossile de Plesiosaurus dolichodeirus, encore considéré de nos jours comme le spécimen type de cette espèce.


La découverte étonnante d'un nouvel Ichthyosaur, Acamptonectes densus, en Allemagne.
© Mshamalamadingdong/YouTube
Récemment, un autre fossile d’ichthyosaure a été découvert - mais pas au Pantanal - comme l’explique un article paru dans la célèbre revue Plos One. Son existence contribue à changer l’image que l’on se faisait de ces reptiles au début du Crétacé, avant leur disparition il y a environ 94 millions d'années.

Les ichthyosaures, une extinction encore plus mystérieuse
On pensait que les ichthyosaures avaient souffert d'une extinction majeure à la fin du Jurassique, c'est-à-dire il y a 145 millions d'années. Mais selon le paléontologue Valentin Fischer de l'Université de Liège, l’un des auteurs de l’article de Plos One, la découverte de Acamptonectes densus qui signifie « nageur rigide et compact », et le réexamen des squelettes déjà connus conduisent à une tout autre vision de l’arbre phylogénétique des ichthyosaures aux abords de la limite Jurassique-Crétacé. De plus des fossiles d'ichthyosaures appartenant à des espèces que l'on croyait disparues au début du Crétacé ont été découverts dans des couches de cette période géologique.


Une reconstitution d'artiste d'une des espèces d'ichthyosaures connues, Platypterygius kiprjianovi.
© Dmitry Bogdanov
Si une crise biologique, bien moins importante que celle de la célèbre crise KT, a bel et bien affecté la biosphère marine de cette époque, il semble maintenant que les ichthyosaures n’aient pas subi un étranglement particulier de leur diversité et qu’ils aient continué à prospérer jusqu’à leur disparition il y a 94 millions d'années. Voilà qui rend cette extinction bien plus problématique et les paléontologues en ignorent la raison.

* New Ophthalmosaurid Ichthyosaurs from the European Lower Cretaceous Demonstrate Extensive Ichthyosaur Survival across the Jurassic–Cretaceous Boundary

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 14 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/non-les-ichthyosaures-nont-pas-ete-decimes-a-la-fin-du-jurassique_35903/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 18 Jan 2012 - 1:16

La datation moléculaire des espèces, des dizaines de millions d’années d’erreur ?

La datation des événements qui ont façonné l'histoire du vivant n'est pas chose aisée. Plus il y a de fossiles, plus la calibration - étape essentielle de la datation - est fiable. Mais comme l'explique Hervé Sauquet à Futura-Sciences, quand ces paramètres varient, il est possible de se tromper de plusieurs dizaines de millions d'années...

Difficile de dater un événement qui s’est déroulé il y a des millions d’années. Une équipe internationale de chercheurs, coordonnée par Hervé Sauquet de l’Université Paris-Sud, a mis en évidence des faiblesses des méthodes de datation. Selon les données fossiles utilisées et les techniques d’analyse et de modélisation, ces chercheurs ont montré qu’on pouvait aboutir à des différences de datation allant jusqu’à 100 millions d’années ! Afin d'évaluer sur l'échelle des temps géologiques le moment où une espèce s'est distinguée d'une autre, deux étapes sont nécessaires. D'abord la datation moléculaire, qui repose sur l'horloge moléculaire. On peut ainsi savoir, en temps moléculaire, mesuré en nombre de mutations et non en années, depuis quand deux espèces ont divergé.

En d'autres termes, cela permet de déterminer la quantité de modifications sur le génome de deux espèces depuis leur séparation. Mais il ne s’agit donc que d’une mesure relative, les données génétiques ne permettant pas de mesurer le temps absolu. Cependant, la calibration (deuxième étape), réalisée à l’aide de données fossiles, permet d’obtenir la date absolue (l'âge) de cette divergence. Elle replace ainsi la datation moléculaire sur l'échelle temporelle. Et c’est cette calibration, qualifiée de « face obscure de la datation » par Hervé Sauquet, que les scientifiques ont testée.

« Un registre de fossile riche » pour une calibration fiable
« Nous avons choisi un groupe d’arbres tempérés [le genre Nothofagus] qui a laissé un registre de fossiles riche, bien connu et bien décrit, explique Hervé Sauquet. C’est une situation idéale parce qu’il est possible de calibrer à beaucoup d’endroits dans la phylogénie. » Avec un cas comme celui-ci, la calibration sera forcément facile et robuste. La datation qui en découlera sera donc à priori juste.


Feuille de Nothofagus gunnii, arbre originaire de Tasmanie.
© Greg Jordan
« En utilisant tous les fossiles que nous avions à notre disposition, nous avons estimé que l’âge de ce groupe est compris entre 53,4 et 93,2 millions d’années. » Mais que se passe-t-il si les scientifiques n’ont pas ou que peu de fossiles du groupe qu’ils cherchent à dater ? Pour le savoir, Hervé Sauquet et ses collègues ont réalisé différentes simulations en choisissant des fossiles en fonction de deux paramètres. La quantité de fossiles de Nothofagus à leur disposition et leur qualité, en l'occurrence le degré de certitude sur l’âge. Ils ont établi huit scénarios à partir desquels ils ont réalisé la calibration puis la datation du groupe.

Datation des écarts d'estimation jusqu'à 100 millions d'années
Et les résultats, présentés dans Systematic Biology, sont surprenants. Entre la calibration la plus robuste qui fournit un âge moyen de 72,1 millions d’années pour les Nothofagus et la moins fiable, l'écart est de 45 millions d’années. Et entre les deux scénarios les plus extrêmes, la différence atteint 100 millions d’années ! « Ces scénarios sont tout à fait réels, ils sont publiés, constate le chercheur français. Celui qui donne la plus faible estimation a été appliqué dans des dizaines voire des centaines d’études parce qu’il n’y avait pas d’autres solutions possibles, pas assez de fossiles à disposition. »


Le genre Nothofagus contient 35 espèces et de nombreux fossiles disponibles. Un cas idéal pour
la datation. Ici, N. antartica au premier plan et N. pumilio en arrière-plan.
© Peter Wilf
De tels problèmes ne remettent pas en question la face du monde, « mais la datation est notamment utilisée afin de corréler sur une échelle géologique des éléments divers, comme la relation entre deux espèces, un plante et un insecte par exemple. Elle trouve également des applications en biogéographie ou permet d’étudier les réponses aux changements climatiques anciens. » Ainsi des différences de 100 millions d’années pourraient remettre en question quelques faits que l’on croyait admis.

* Testing the Impact of Calibration on Molecular Divergence Times Using a Fossil-rich Group: The Case of Nothofagus (Fagales)
* Université Paris-Sud
* Hervé Sauquet

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 17 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/datation-des-fossiles-des-dizaines-de-millions-dannees-derreur_36013/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Jeu 19 Jan 2012 - 23:53

L’Homme de Néandertal a disparu... parce qu'il nous était proche

L’Homme de Néandertal est un rustre qui vivait en concurrence avec l’Homme moderne. Son incapacité à s’adapter aurait causé sa perte. Ces trois idées reçues pourraient voler en éclat. Une modélisation informatique conclut en effet que Néandertal avait un comportement aussi sophistiqué que le nôtre. C'est justement pourquoi il se serait hybridé avec notre espèce et donc pourquoi il aurait disparu...

L’Homme de Néandertal, Homo neanderthalensis, n’est ni l’ancêtre, ni un descendant de l’Homme moderne Homo sapiens. Ces deux homininés auraient cohabité plus de 10.000 ans durant la fin de la dernière glaciation, jusqu’à ce que H. neanderthalensis disparaisse il y a environ 30.000 ans. Mais au fait, pourquoi a-t-il disparu ? De nombreuses hypothèses existent. On dit qu'il aurait eu des capacités intellectuelles, d’adaptation et culturelles, inférieures aux nôtres. Il aurait perdu contre l’Homme moderne dans des luttes de territoires. Raisonnement plus radical, Homo sapiens pourrait avoir commis un génocide en exterminant ses concurrents. Ces trois possibilités s’appuient sur la supériorité de notre espèce.

Face à la grande diversité des hypothèses proposées, Michael Barton, de l’Université d’État de l’Arizona, et ses collègues ont développé un modèle basé sur l'observation de 167 fossiles ou de preuves de vie trouvés en Europe orientale. En tenant compte également du climat de l'époque, ce programme informatique a examiné la manière dont les homininés ont migré et évolué biologiquement et culturellement durant la fin du Pléistocène, entre 128.000 et 11.500 ans avant notre ère. Les résultats, publiés dans Human Ecology, confirment une nouvelle hypothèse proposée en 2010. L’Homme de Néandertal et l’Homme moderne se seraient mélangés. Nous partagerions en effet 2% à 4% de notre génome en commun.


Les squelettes de l'Homme de Néandertal et de l'Homme moderne sont relativement similaires.
Homo neanderthalensis, que l'on voit ici, est cependant plus trapu qu'Homo sapiens.
© Claire Houck, Flickr, CC by-sa 2.0
Les grandes capacités d’adaptation de l’Homme de Néandertal
Face aux changements climatiques importants survenus il y a 40.000 ans, l’Homme de Néandertal aurait été en mesure de s’adapter. Il aurait migré vers des lieux plus propices à sa survie. L’Homme moderne agissant de manière identique, les deux espèces pourraient avoir partagé de plus en plus d’interactions biologiques et culturelles. Ils chassaient sur les mêmes territoires, buvaient dans les mêmes points d’eau et vivaient parfois dans les mêmes lieux, exemple, la Grotte aux Fées il y a 38.000 ans. Homo neanderthalensis a donc su s’adapter aux conditions climatiques et à la présence de l’Homme moderne. Il était plus souple et astucieux que prévu. Mais pourquoi a-t-il disparu alors ?

Selon le modèle, l’augmentation du nombre d’interactions pourrait être mise en relation avec l’extinction de l’espèce. Les deux homininés se seraient tellement bien entendus que ces deux espèces se seraient hybridées. Des unions qui auraient eu lieu au détriment de la majeure partie du génome de l’Homme de Néandertal. Les résultats de ce modèle basé sur des variables biologiques, comportementales et environnementales viennent donc confirmer l’hypothèse émise en 2010 sur la base d'études moléculaires. Les deux espèces se seraient mélangées. Pourquoi n’a-t-on jamais découvert d’hybrides ? Ils ont probablement été trouvés mais ont ensuite été considérés comme appartenant à l'une des deux espèces. En effet, comment reconnaître un hybride lors d’études morphologiques ?


L'Homme de Néandertal aurait vécu en Europe et en Asie de -120.000 à -30.000 ans avant notre ère. Sa taille
moyenne devait être comprise entre 1,55m et 1,65m. Il fabriquait des outils et maîtrisait le feux.
© American Museum of Natural History
L’utilisation de modèles informatiques fournit des résultats objectifs dépourvus d’aprioris. Selon cette nouvelle étude, l’Homme de Néandertal aurait été absorbé biologiquement et culturellement par l’Homme moderne. Ces deux espèces devaient avoir des comportements similaires. C'est pourquoi l'Homme de Néandertal se serait volontiers hybridé avec l'Homme moderne. Présent en minorité dès le début, il aurait disparu progressivement au cours du temps. Finalement, il n’était pas si rustre que cela. Bien sûr, une modélisation ne donne pas des certitudes, mais des probabilités…

* Human Ecology: Modeling human ecodynamics and biocultural interactions in the late Pleistocene of Western Eurasia
* Page personnelle de Michael Barton (en anglais)

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 19 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/lhomme-de-neandertal-a-disparu-parce-quil-nous-etait-proche_36095/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 22 Jan 2012 - 1:51

Siphusauctum gregarium, un animal... en forme de tulipe !

Il ressemble à une tulipe, mais ce n'en est pas une. Il ne s'agit d'ailleurs même pas d'une fleur. Siphusauctum gregarium est un animal qui vivait il y a 500 millions d'années et vient d'être découvert dans les fameux schistes de Burgess.

Une nouvelle espèce animale, datant d’environ 500 millions d’années ! C’est ce qu’ont découvert des paléontologues canadiens de l’Université de Toronto, au cœur des schistes de Burgess, situés en Colombie-Britannique. Le métazoaire, baptisé Siphusauctum gregarium, ne ressemble que de loin à quelque chose de déjà connu ! C’est par son système de nutrition que S. gregarium surprend le plus. Un dispositif assez rudimentaire, constitué d’un appareil filtrant et d’un estomac. D’après les auteurs, l’animal pompait activement l’eau dans laquelle il vivait. Elle passait à travers les pores de la partie supérieure de l’organisme où elle était filtrée. Le système digestif, en trois parties, aurait assuré la suite du travail et les excréments auraient été expulsés au niveau de l’anus, à l’apex de l’animal.

Nouveaux genre, espèce et famille
L’ensemble de ces structures prend la forme d’une sorte de bulbe, rappelant étonnamment le calice fermé d’une tulipe. Le fait que ce bulbe repose sur une tige force d’ailleurs la ressemblance avec la fleur. Le tout mesure une vingtaine de centimètres.


Un fossile de Siphusauctum gregarium. La barre d'échelle (le trait blanc) mesure 5mm. Légende du dessin: A - Anus, Con - structure conique,
CS - segments filtrants, ES - gaine externe, H - attache, IS - tige interne, LD - système digestif inférieur,
OS - tige externe, Sed - sédiment, TG - rainure externe, UD - système digestif supérieur.
© O'Brien et Caron, 2012, Plos One
Ce métazoaire ne pouvant être rapproché d’aucun autre déjà décrit, ni inséré au sein d'un taxon connu, il a fallu, outre un nom d’espèce, créer un nouveau genre (Siphusauctum) et même une nouvelle famille - les siphusauctidés - que les scientifiques sont d’ailleurs incapables de situer dans la phylogénie. « Certaines espèces, constatent Lorna O’Brien et Jean-Bernard Caron, les auteurs de la recherche publiée dans Plos One, continuent à défier les interprétations phylogénétiques. »

Plus de 1.100 spécimens Siphusauctum gregarium retrouvés
Pourtant cet animal n’est pas rare puisque la description de l'espèce repose sur l’analyse de 1.133 fossiles. Du reste, les auteurs précisent qu’elle est la plus abondante de la zone de recherche. Un organisme similaire - probablement de la même espèce - a aussi été trouvé au cœur des schistes de Wheeler. Selon les descriptions des paléontologues, ces organismes vivaient en groupe. Des fossiles contenant jusqu’à 65 individus ont ainsi été retrouvés.


Siphusauctum gregarium ne sont pas des tulipes, ni même des fleurs, mais
des animaux aquatiques ayant vécu il y a environ 500 millions d'années.
© Marianne Collins
Cette zone de fouille, un lieu-dit justement nommé le lit des tulipes (Tulip Beds), est situé dans les schistes de Burgess, sur le Mont Stephen en Colombie-Britannique (Canada). Cette formation contient des couches géologiques datant de 505 millions d’années. La découverte d’une nouvelle espèce au milieu de cette zone confirme une fois de plus la richesse de l’époque, qui a vu l'explosion du Cambrien il y a environ 540 millions d’années.

* A New Stalked Filter-Feeder from the Middle Cambrian Burgess Shale, British Columbia, Canada
* Université de Toronto
* Musée royal d'Ontario

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 21 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/siphusauctum-gregarium-un-animal-en-forme-de-tulipe_36152/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 1 Fév 2012 - 0:30

L'archéoptéryx aurait pu voler avec ses plumes noires

Archéoptéryx a encore beaucoup de secrets à nous dévoiler. C'est sur ses plumes que des chercheurs viennent de faire des découvertes. Elles étaient noires et conçues de la même façon que les oiseaux modernes qui volent... Archéoptéryx aurait-il volé ?

Un des éternels débats concernant Archéoptéryx est de savoir si oui ou non il volait, et si oui, de quelle manière. Question qui déchaîne la communauté des paléontologues et à laquelle Ryan Carney et plusieurs autres chercheurs viennent d’apporter un indice inédit. L’analyse approfondie du fossile d’une plume a en effet permis de définir la couleur du plumage de cette espèce et fournit également de nouveaux éléments de réponse concernant l'aptitude au vol. Car certaines caractéristiques physiques indiquent qu'il était impossible pour cet animal de voler (absence de carène) tandis que d'autres soutiennent le contraire (sternum osseux, furcula rigide...). La capacité de vol d’Archéoptéryx n’est en outre pas l’unique interrogation concernant cet animal, souvent qualifié de mi-dinosaure, mi-oiseau.

Des mélanosomes dans les plumes d'Archéoptéryx
En effet, sa position dans la classification est controversée et peu certaine. Cependant, de récents travaux chinois ont montré que l’archéoptéryx, qui vivait il y a environ 150 millions d'années, n'était pas un des premiers oiseaux (groupe des Avialae) mais plus probablement un dinosaure, et plus exactement un Deinonychosauria.


Photographie de la plume fossilisée. Barre d'échelle: 5mm.
© Ryan Carney et al. 2012, Nature Communications
Néanmoins, tout cela ne donnait pas d’indication concernant son aptitude au vol. Dans un article de Nature Communications, c’est une plume de l’animal qui a été passée au crible. Les scientifiques étaient à la recherche de mélanosomes, ces petits organites producteurs de pigment que l’on trouve en quantité variables à l’intérieur de la plume, du calamus - base de la « tige » - aux barbules. Celles-ci sont des petits crochets qui assurent le lien entre les barbes, filaments qui composent la plume. Des études s’étaient déjà intéressé à ces organites, mais les chercheurs les avaient confondu avec des bactéries. Cependant, une nouvelle méthode qui repose sur la microscopie électronique, mise au point par Jakob Vinther en 2006 à l’Université Yale, a permis de les démasquer.

Plume similaire à celles des oiseaux modernes
En comparant ces mélanosomes avec ceux de 87 espèces d’oiseaux vivants, ils ont déterminé qu’ils synthétisaient une pigmentation noire. Cette couleur est en plus indicatrice d’une rigidité importante. La mélanine interagit en effet fortement avec les protéines et consolident la kératine, élément majoritaire dans la composition des plumes.


Reconstitution de l'aile d'archéoptéryx. En pointillés, les tectrices ou plumes de couverture, qui forment le duvet
et qui, sur l'aile, recouvrent le calamus des autres plumes, les rémiges. En trait plain, les rémiges primaires,
de I à XII et secondaires de 1 à 14. En noir, l'emplacement de l'aile étudiée, selon les chercheurs.
Les phalanges (Ph I et Ph II) sont également représentées. Barre d'échelle: 5cm.
© Ryan Carney et al. 2012, Nature Communications
Mieux encore, ces mélanosomes ont été aperçus au niveau des barbules, ce qui indique qu'elles assuraient efficacement la cohésion de la plume et son imperméabilité, indispensables au vol. En outre, sa structure et l’alignement des mélanosomes au sein des barbules sont tout à fait semblables à ceux des oiseaux modernes. Cela ne veut pas dire qu’Archéoptéryx volait ni même qu’il en était capable. La seule présence de plumes adaptées au vol ne permet pas d'affirmer que le reste de l’organisme l'était. Mais c’est un nouvel élément qui va dans se sens. Jusqu’au prochain qui sera peut-être décisif…


Le premier fossile d'archéoptéryx a été découvert en 1861 près de Langenaltheim en Allemagne
et date d'environ 150 millions d'années. Barre d'échelle: 5cm.
© Museum für Naturkunde Berlin
* Université Yale
* new evidence on the colour and nature of the isolated Archaeopteryx feather

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 24 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/larcheopteryx-aurait-pu-voler-avec-ses-plumes-noires_36216/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 3 Fév 2012 - 0:07

Un site de nidification de dinosaures de 190 millions d'années

Le plus vieux site de nidification a été découvert en Afrique du Sud. Datant de 190 millions d'années, il abrite plusieurs nids de dinosaures contenant jusqu'à 34 œufs. Ils apportent de nombreuses informations sur les habitudes de ces prosauropodes du genre Massospondylus.

Record battu de près de 100 millions d’années. C’est en Afrique du Sud que le plus vieux site de nidification a été déterré au sein de couches géologiques du début du Jurassique. Datant d’environ 190 millions d’années, il était occupé par un prosauropode du genre Massospondylus et fournit de nombreuses indications sur le mode de vie de ces dinosaures. C’est en 1976 que les premiers indices de ce site avaient été excavés, dans le sol déblayé lors de la construction d’une route, en Afrique du Sud. Mais sa position stratigraphique exacte, et donc son âge, n’avait pu être déterminée de façon précise. À partir de 2006, des recherches ont été entamées pour résoudre l’énigme. Un site de nidification a finalement été découvert dans les strates du Jurassique, à Rooidraai, à l'Est du Cap.


Reconstitution d'une scène datant de 190 millions d'années, sur un site de nidification de Massospondylus.
© Julius Csotonyi
Jusqu'à 34 œufs dans la même portée chez les Massospondylus
Avant cela, les plus vieux sites de nidification jamais découverts appartenaient à des sauropodes titanosauridés et des hadrosauridés, datant d’environ 90 millions d’années. Mais cette découverte ne bat pas que ce record... En effet, les sites ne contenaient pas que des œufs - dont les plus grosses portées atteignaient 34 unités - et des embryons. Il y avait également de toutes petites empreintes de membres antérieurs et postérieurs correspondant à des dinosaures juvéniles, qui étaient donc quadrupèdes, contrairement à leurs parents. Ainsi, il s’agit également des plus vieilles preuves de comportements postnataux.


Un embryon de Massospondylus. Seule la tête sort de l'œuf.
© D. Scott
Car le but n’est pas d’établir des records, mais bien de comprendre la biologie de ces êtres vivants. Et en l’occurrence, ce site y aide beaucoup, en particulier concernant les stratégies de reproduction des Massospondylus. Ainsi, les petites empreintes de pas mesuraient environ 15mm, soit deux fois plus que celles d’un individu à la sortie de l’œuf - à peu près 7mm. Les jeunes restaient donc à proximité du nid pendant toute cette période de croissance. Grâce à la disposition des nids, et parce que certains ont été trouvés au niveau de différentes strates, les chercheurs ont d’abord pu déduire que ces dinosaures étaient fidèles à leurs sites et qu’ils y revenaient régulièrement, comme ils l'expliquent dans Pnas.


Une empreinte de membre antérieur d'un Massospondylus juvénile qui montre que
les jeunes étaient quadrupèdes (chaque graduation représente 1mm).
© D. Scott
Le site de nidification donne des indications sur le comportement
Le regroupement des différents nids sur un même espace indique de plus que ces prosauropodes étaient adeptes de la nidification coloniale. Plusieurs individus partageaient cette zone. Il est en revanche difficile de savoir si ces dinosaures apportaient des soins parentaux à leur progéniture. Des analyses fondées sur le rapport des dimensions de l’animal adulte et de la taille des portées ne permettent cependant pas d’exclure une certaine forme de soins, néanmoins limités.


Jusqu'à 34 œufs ont été retrouvés au sein d'une même portée de Massospondylus (barre d'échelle: 5cm).
© Reisz et al. 2012, Pnas
Ces travaux d’excavation ont permis de mettre en évidence la présence de nombreux fossiles sur ce site, encore recouverts par les roches. Peut-être détiennent-ils de nouvelles informations qui pourront permettre de préciser la biologie et le mode de vie des Massospondylus.

* Oldest known dinosaurian nesting site and reproductive biology of the Early Jurassic sauropodomorph Massospondylus

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 26 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/record-un-site-de-nidification-de-dinosaures-de-190-millions-dannees_36247/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 5 Fév 2012 - 19:48

Des pièges à poissons vieux de 7.500 ans découverts en Russie

Des outils pour la chasse et des pièges à poissons ont été découverts en Russie par une équipe espagnole. Les pièges datent de 7.500 ans et sont très bien conservés. Ils apportent des informations concernant le mode de vie de ces populations, qui ne pratiquaient pas encore l'agriculture.

En Russie, des outils servant à la pêche ont été retrouvés dans un site archéologique habité il y a plus de 5.000 ans. Le fait que les Hommes pratiquaient la pêche à cette époque est connu depuis longtemps, mais l’excellente conservation des objets retrouvés, y compris ceux de nature organique, est assez exceptionnelle. Des objets qui permettent également d’en apprendre davantage sur les populations qui vivaient dans cette zone. Il s’agit du bassin de la rivière Doubna, un affluent de la Volga, qui se situe au nord de Moscou. C’est à cet endroit que se trouve Zamostje 2, un site archéologique qui contient plusieurs niveaux archéologiques. Deux du Mésolithique (il y a entre 7.100 et 7.900 ans) et deux du Néolithique (datant de 5.500 à 6.800 ans).

Des pièges à poissons très bien conservés
Au cours d’une campagne de fouilles qui a débuté il y a environ trois ans, des scientifiques espagnols du CSIC (équivalent du CNRS) y ont découvert de nombreux outils et des pièges permettant d’attraper poissons et autres animaux aquatiques. Outils pour s’alimenter, pour la chasse, la pêche… Cependant ce sont surtout les pièges à poissons en bois datant de 7.500 ans qui ont suscité l’intérêt des chercheurs, tant leur conservation était bonne. Certaines fixations entre deux bouts de bois, réalisées avec des fibres végétales, étaient encore en place.


Les pièges en bois permettaient de diriger les poissons vers un réservoir. Les flèches indiquent les liens faits de tissus végétaux.
© CSIC
Pêche au printemps, chasse en été et hiver
Des preuves d’une activité de pêche ont déjà été retrouvées dans d’autres régions. Au Canada, par exemple, où l'on a découvert des pièges datant de 7.500 à 3.500 avant J.-C. Toutefois, ces excavations se font plus rares en Europe. Ces objets témoignent également d’un mode de vie différent de celui qui était admis jusqu’à présent. En effet, les chercheurs pensaient qu’au Mésolithique, les populations changeaient de site au fil des saisons. Il semblerait plutôt que des activités étaient pratiquées tout au long de l’année.


Les premières traces de pêche sont des ossements et des écailles datant de plus de 40.000 ans.
© CSIC
Selon les chercheurs, les différentes ressources alimentaires rythmaient néanmoins la vie de ces populations. Tandis que la pêche était plutôt pratiquée au cours du printemps et au début de l’été, la chasse était davantage une activité estivale et hivernale tandis que la récolte des fruits se faisait à la fin de l’été et pendant l’automne. L’agriculture, dans cette région du monde, est apparue il y a moins de 5.000 ans.

* CSIC

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 29 janvier 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/des-pieges-a-poissons-vieux-de-7500-ans-decouverts-en-russie_36314/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 12 Fév 2012 - 23:30

Écoutez le chant d'un grillon d'il y a... 165 millions d'années

Vous aimez le chant des cigales et des sauterelles qui berce vos étés ? Sachez qu'il y a 165 millions d'années, certains orthoptères, comme Archaboilus musicus, chantaient déjà pour attirer leur partenaire sexuel, comme le prouvent des fossiles très bien conservés. Et les biologistes sont parvenus à reconstituer leur chanson...

Que faisiez-vous il y a 165 millions d’années ? « Je chantais, ne vous déplaise… » Au Jurassique, déjà, les insectes chantaient. Ce n'était pas des cigales comme dans la fable, mais de proches parents des grillons et des sauterelles, dont un spécimen fossile a été découvert en excellent état. Si bon qu’il a été possible de reconstituer les sons qu’émettait cet hexapode, apportant de nouvelles informations sur l’évolution de la communication acoustique chez les insectes. Le fossile retrouvé appartient à un orthoptère de la famille des Haglidés, désormais éteinte, mais dont les plus proches parents actuels sont les Tettigonidés, des sauterelles à longues antennes, ce sont les sauterelles au sens strict. Il a été découvert dans les roches du Jurassique moyen de la formation de Jiulongshan, en Chine. L’holotype se résume à une paire d’ailes antérieures dont le fossile est très bien conservé, comme l'expliquent les auteurs dans Pnas.

Archaboilus musicus pratiquait la stridulation
Pour ces chercheurs de l’Université normale de la capitale de Pékin, il s’agit d’une nouvelle espèce, qu’ils ont baptisée Archaboilus musicus, vivant il y a 165 millions d’années. Un nom d’espèce qui fait référence aux sons produits par l’animal.

Archaboilus musicus dans une forêts du Jurassique
http://bcove.me/sqfq60kl

Reconstitution du chant de l'orthoptère Archaboilus musicus, nouvelle
espèced'Haglidé, qui vivait il y a 165 millions d'années
dans les forêts de conifères du Jurassique.
© Gu et al. 2012, Nature Geoscience
Car la découverte ne s’arrête pas là. À l’instar des membres de la famille des Tettigonidés, A. musicus était un fervent musicien, comme l’indiquent les caractéristiques physiques de ses ailes. En effet, ce sont bien les ailes des orthoptères qui leur permettent d’émettre des sons. Elles disposent d’une veine dentée (la râpe stridulatoire) et d’un grattoir (le plectrum). Pour produire un son, l’insecte frappe l’un des plectrums sur les dents de la râpe. C’est la stridulation.

Un chant adapté à la vie nocturne et aux forêts du Jurassique
Les fossiles de A. musicus indiquent la présence de ces caractéristiques. En les comparant avec celles de 59 espèces d’orthoptères vivants, les chercheurs ont pu établir que cet insecte émettait des sons sur une seule fréquence et très longs. Un son particulier, produit par des ailes identiques alors que chez certaines espèces, c’est toujours l’une qui frotte l’autre, les deux n'ayant pas les mêmes caractéristiques. Ce qui permet également d'affirmer que cette symétrie - tout comme le son qui en découle - est un caractère ancestral.


Les Tettigonidés sont les pus proches parents vivants des Haglidés, famille à laquelle
appartient Archaboilus musicus et qui s'est éteinte au Crétacé.
© Domaine public
Ce son correspond d’ailleurs parfaitement avec l’habitat de l’animal qui avait été reconstitué au cours de travaux antérieurs, une forêt de conifères. Grâce à cette communication, les mâles pouvaient donc être entendus par les femelles sur de longues distances. Mais également par leurs prédateurs, auxquels ils échappaient probablement en étant actifs la nuit uniquement, tout comme leurs parents proches qui vivent actuellement.

* Wing stridulation in a jurassic katydid (insecta, orthoptera) produced low-pitched musical calls to attract females
* Université normale de la capitale

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 7 février 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/ecoutez-le-chant-dun-grillon-dil-y-a-165-millions-dannees_36570/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Lun 13 Fév 2012 - 1:36

Hommes et grands singes sont si proches, la preuve par le cerveau

L’Homme et les grandes singes sont proches, oui mais jusqu’à quel point ? Antoine Balzeau, et plusieurs de ses collaborateurs, se sont intéressés à la forme des cerveaux en quantifiant des asymétries nommées pétalias. Il présente ses résultats à Futura-Sciences, de nature à changer quelques idées sur l’évolution des hominidés.

Des études récentes ont montré que les deux hémisphères du cerveau ne fonctionnent pas de la même manière. Par exemple, le côté droit aurait moins de capacités cognitives que son homologue. Le cerveau n’est en effet, à l'évidence, pas symétrique. La plupart de ses déformations ont été décrites de manière qualitative mais peu de mesures ont été effectuées. Leurs fonctions, leur physiologie et leurs implications comportementales ont déjà été étudiées afin de comprendre leurs relations possibles avec la latéralisation manuelle, le langage et les capacités cognitives. Les pétalias correspondent à la disposition des lobes frontaux et occipitaux respectivement les uns par rapport aux autres. Le fait d’avoir un lobe frontal droit et un lobe occipital gauche proéminents par rapport à leurs homologues a été attribué aux espèces du genre Homo, et plus spécifiquement aux droitiers.

Antoine Balzeau, paléoanthropologue au Muséum national d’histoire naturelle (CNRS/MNHN, Paris), et ses collaborateurs ont développé un nouveau protocole permettant de quantifier ces asymétries avec des données chiffrées. « Il est difficile de mesurer les pétalias car le cerveau est lui-même une structure asymétrique. Nous avons voulu trouver un protocole qui s’affranchisse de ce problème. Nous avons donc utilisé le crâne comme référentiel. »


Illustration du protocole utilisé pour quantifier les « pétalias », exemple pour Cro-Magnon 1 (le crâne et l'endocrâne
de chaque spécimen sont
reconstruits virtuellement en 3 dimensions grâce à des données d'imagerie, puis des points repères sont
positionnés sur ces surfaces pour mesurer la position relative des points antérieurs
des lobes frontaux et postérieurs des lobes occipitaux).
© A.Balzeau (CNRS/MNHN)
Un scanner médical à rayons X a été utilisé pour réaliser des copies virtuelles en 3 dimensions de 199 crânes, appartenant à des Hommes modernes, à ses ancêtres et à des grands singes (bonobos, chimpanzés et gorilles). Les résultats sont publiés dans la revue Plos One. Tous les hominidés partagent les asymétries étudiées, et pas seulement les homininés. L’ancêtre commun aux grands singes et aux Hommes devait posséder ce caractère. Nos idées doivent donc changer sur le rôle joué par ces protubérances et sur les capacités cognitives de nos ancêtres...

Hommes et grands singes, des caractères en communs
« En quantifiant et comparant des asymétries, certaines apparaissent fluctuantes tandis que d’autres sont vraiment dirigées vers un côté. Nous avons observé les pétalias aussi bien chez les Hommes actuels que chez les grands singes. » Ce résultat invaliderait la discontinuité reconnue pour ce caractère, sur base de simples observations, entre son évolution chez les Hommes et chez leurs cousins. « Il y avait une relation mathématique chez les Hommes qui montrait que les droitiers avait majoritairement le même schéma. Un lobe frontal droit plus en avant et un lobe occipital gauche plus en arrière. Nous pensions que c’était un caractère qui était propre à l’Homme et qu’il apparaissait avec le genre Homo. »

Les résultats de cette étude perturbent donc les idées reçues et les théories reconnues jusqu’à présent. « Ils montrent que le support anatomique des asymétries est présent chez les grands singes actuels et chez l’Homme. C’est un même support anatomique qui est partagé, mais il n’a pas permis la même fonction. Donc ce ne sont pas ces asymétries qui permettent la latéralité manuelle. » Il n’y a donc pas de relation aussi simple entre le caractère anatomique et la fonction. La présence des pétalias chez un individu ne signifie pas qu'il soit droitier.


Arbre évolutif simplifié des hominidés et asymétries neuroanatomiques partagées.
© A. Balzeau (CNRS/MNHN) et dessins de O.M. Nadel
L’ancêtre commun devait également posséder ces déformations. « Les asymétries très prononcées dans un sens sont qualifiées de directionnelles. Elles ont de l’intérêt car elles sont héritables. Quand on en trouve cela veut dire qu’on les a portées dans l'histoire de l'espèce. Si on trouve ce caractère sur deux branches, l’ancêtre commun devait forcement le posséder. »

Changeons les idées reçues
Ces résultats pourraient avoir une grande implication sur notre compréhension des capacités cognitives des Hommes préhistorique. « Au départ, nous avons interprété les capacités des Hommes un peu à l’envers. Pour utiliser les outils et parler, il faut être intelligent. Pour ce faire, il faut avoir un gros cerveau. Donc nous nous sommes d'abord dit que les australopithèques ne pouvaient pas faire d’outils, que c’était forcement propre au genre Homo. » D’autres erreurs similaires ont été commises concernant les capacités de langage. Seul Homo sapiens aurait été capable de parler. Il aurait été le seul à posséder un cerveau suffisamment grand.


La tomographie à rayons X a été utilisée pour réaliser des copies virtuelles en 3 dimensions des crânes analysés.
Il s'agit ici d'un crâne de Cro-Magnon. Cette méthodologie est couramment employée en médecine. Les empreintes
laissées par les pétalias sont observées au niveau de l'endocrâne (en jaune).
© Antoine Balzeau (CNRS/MNHN)
Plusieurs découvertes récentes ont montré que les australopithèques et les paranthropes fabriquaient des outils. Au final, la taille du cerveau n’a pas un lien direct avec ces capacités. « Nous montrons maintenant que tous les ancêtres de l’Homme possédaient des cerveaux asymétriques. Ils ont donc tous au moins un support anatomique dont on sait qu’il joue un rôle dans les capacités manuelles et dans les capacités de langage. Cela enlève cette idée très simplificatrice voulant que seul Homo sapiens ait été capable de parler et d’utiliser des outils. »

* Plos One: Shared Pattern of Endocranial Shape Asymmetries among Great Apes, Anatomically Modern Humans, and Fossil Hominins
* Site personnel d'Antoine Balzeau
* UMR 7194 - Histoire Naturelle de l’Homme Préhistorique

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 8 février 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/hommes-et-grands-singes-sont-si-proches-la-preuve-par-le-cerveau_36531/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 15 Fév 2012 - 1:47

Le génome des Dénisoviens, un cousin des humains, entièrement reconstitué

Les travaux de l’équipe de Svante Pääbo font encore parler d’eux. En 2010, ils avaient démontré l’existence d’une espèce d’homininé disparue, les Dénisoviens, partageant un ancêtre commun avec l’Homme de Néandertal. Le génome complet de cette espèce est maintenant publié en ligne gratuitement. Objectif, permettre à des scientifiques d’utiliser la génétique pour faire parler les fossiles et comprendre l’évolution des Hommes…

Une équipe de chercheurs menée par Svante Pääbo de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionnaire à Leipzig en Allemagne fait régulièrement parler d’elle ces dernières années. Et pour cause, elle est spécialisée dans le séquençage du génome des homininés anciens et actuels. Leurs études génétiques ont notamment montré qu’il y avait bien eu un métissage entre l’Homme de Néandertal et Homo sapiens en Asie et en Europe, mais pas en Afrique. On retient également la publication en 2010 de nouveaux résultats étonnants relatifs à la découverte d’un fragment de doigt et d’une dent dans une grotte des montagnes de l’Altaï, dans le sud de la Sibérie. Le séquençage de l’ADN mitochondrial avait permis de montrer que ces fragments appartenaient à un groupe d’hominidés totalement inconnu qui sera appelé Dénisoviens, en référence au nom de la grotte qui abritait ces restes de corps appartenant à une petite fille.


L'os de doigt ayant servi au séquençage du génome de l'Homme de Dénisova a été trouvé dans la grotte
du même nom par Anatoly Derevianko et Michail Shunkov de l'Académie russe des sciences
en 2008. Ce lieu montre des traces d'occupations remontant à 280.000 ans.
© Institut Max Planck d'anthropologie évolutionnaire
Une étude plus poussée de l’ADN révéla alors que les Dénisoviens partageaient un ancêtre en commun avec l’Homme de Néandertal. Ce parent aurait quitté l’Afrique il y a 300.000 à 400.000 ans en donnant naissance aux Néandertaliens en Europe et aux Dénisoviens dans l’Altaï. Non contents de la précision de leurs précédentes analyses, les scientifiques ont cherché à améliorer leur technique de séquençage. La nouvelle version du génome serait complète et si précise qu’elle rendrait possible d’effectuer des comparaisons entre les copies maternelles et paternelles d’un même gène ! Elle est disponible gratuitement sur un site dédié, Denisova Genome.

Une résolution inégalée pour le génome des Dénisoviens
Rappelons quelques chiffres pour comprendre l’exploit réalisé. Il s’agit du premier séquençage complet d’un génome appartenant à une espèce d’homininé disparue. Il a été fait à partir d’un échantillon d’ADN extrait d’un os de 10mg âgé de 30.000 à 50.000 ans. Lors de l’étude précédente, les résultats étaient basés sur deux lectures du génome. Selon les chercheurs, ils étaient suffisants pour établir des relations avec l’Homme moderne ou l’Homme de Néandertal, mais pas pour étudier l’évolution de certains gènes.


Le séquençage et l'analyse du matériel génétique extrait des restes de Néandertaliens, récupérés par exemple dans la grotte
Vindija en Croatie, ont montré que des Hommes modernes non-africains (les Chinois Han, les Français, les habitants de la
Papouasie-Nouvelle-Guinée) ont hérité de 1% à 4% de leurs gènes de l’Homme de Neandertal, probablement
en raison de métissages qui se sont produits dans la population ancestrale de tous les non-Africains issus des
régions du Levant et de l’Afrique du Nord. Aujourd'hui, les scientifiques ont également découvert que
les Dénisoviens ont légué de 4% à 6% de leur matériel génétique aux Mélanésiens. Sur ce schéma, les
flèches (notées f) indiquent les transferts successifs de gènes entre Néandertaliens
(Neandertal), Denisoviens (Denisova) et Mélanésiens (Melanesian). N représente
la taille effective des populations. t et tGF (sur l'échelle du temps) marquent
une séparation entre deux populations et la
période où les flux de gènes ont eu lieu.
© David Reich, Harvard Medical School
Grâce à l’utilisation d’un séquenceur de deuxième génération, Illumina GAIIx, 30 lectures ont pu être effectuées. Environ 99,97% des bases nucléotidiques ont été lues au moins 3 fois et 99,51% au mois 10 fois. La contamination des données par de l’ADN d’humain moderne serait inférieure à 1%. Le risque d’erreur est donc très faible. En offrant le résultat de leur labeur à la communauté, l’équipe de Leipzig espère que des biologistes pourront découvrir les changements génétiques ayant permis à l’Homme moderne de quitter l’Afrique il y a environ 100.000 ans. Bien évidemment, ce génome pourrait aussi fournir de plus amples informations sur différents aspects de la vie des Dénisoviens et des Néandertaliens.

* Amazon Web Service: Denisova Genome
* Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology: Department of Evolutionary Genetics
* Nature: The complete mitochondrial DNA genome of an unknown hominin from southern Siberia
* Nature: Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 9 février 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/le-genome-des-denisoviens-un-cousin-des-humains-entierement-reconstitue_36656/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 25 Fév 2012 - 21:26

Figée depuis 300 millions d’années, une forêt réapparaît en Chine

Des scientifiques chinois et américains ont découvert une forêt enfouie sous des cendres volcaniques depuis 300 millions d’années. Elle pourrait fournir des informations sur les végétaux et le climat au début du Permien. Certains arbres ont encore leurs feuilles. Il s’agit en quelque sorte d’un Pompéi du monde végétal.

Le 25 août de l’an 79, une éruption du Vésuve enfouissait les villes de Pompéi et d’Herculanum sous d’épaisses couches de cendres, les figeant pour des siècles. La découverte de ces sites, respectivement vers 1600 et 1709, a permis de mieux comprendre la culture romaine, sans pour autant pouvoir en reconstituer l’évolution. Les informations récoltées ont été des plus précieuses. L’histoire semble se répéter bien que ce ne soit pas une ville romaine qui ait été découverte. Des scientifiques chinois et américains, menés par Jun Wang de l'Académie des sciences chinoises, viennent de trouver une forêt enfouie sous de la cendre volcanique dans le Nord de la Chine. Certains végétaux possèdent encore leurs feuilles et cônes bien qu'ils soient âgés de 300 millions d’années. Cette découverte est publiée dans la revue Pnas.


Cette racine de sigillaires, un genre aujourd'hui éteint, est conservée au musée de Genève. Ces plantes pouvaient
atteindre 30m de hauteur. Elles seraient apparues vers la fin du Carbonifère puis auraient disparu
u début du Permien. Le tronc était recouvert de feuilles d'apparence herbeuse.
© Musée de Genève, DR
Le site se trouve à proximité de la ville de Wuda. Suite aux activités minières fortement présentes dans la région (exploitation du charbon), seuls trois sites d’études ont été analysés. Ils cumulent tout de même une surface de 1.000m². Les données obtenues suffisent pour caractériser la paléoécologie locale de l’époque.

Des plantes également trouvées en Amérique et en Europe
Toutes les plantes fossiles ont été répertoriées et mesurées sur les trois sites. Six groupes de végétaux ligneux ont été observés. Des fougères en arbre constituaient la canopée basse tandis que des sigillaires et des cordaites pouvaient atteindre une hauteur de 30m. Des spécimens complets appartenant au groupe des noeggerathiales ont également été trouvés. Les représentants de ce taxon dominent même en nombre l’un des sites. Toutes les espèces végétales observées n’existent plus de nos jours. Cet écosystème a été figé au début du Permien. À cette époque, les plaques tectoniques forment la Pangée. L’Europe et l’Amérique du Nord sont accolées. La Chine est divisée en deux petits continents.


Un artiste a représenté à sa manière la forêt conservée depuis 300 millions d'années à partir des fossiles découverts. contient
Cette forêt devait être favorable à la formation de tourbes puisque la région actuelle de grandes quantités de charbon.
© Pnas
Toutes ses régions se trouvent au niveau de l’équateur, sous un climat tropical similaire à l’actuel. Ceci explique peut-être pourquoi les végétaux observés en Chine ont également été trouvés en Amérique du Nord et en Europe. Il n’y a cependant qu’en Asie que le groupe Noeggerathiales semble dominant. Grâce à cette découverte, les chercheurs disposent maintenant d’une photographie de l’évolution des végétaux en Chine au début du Permien. Ce résultat pourrait servir de référence pour d’autres études et fournir plusieurs informations sur le climat de l’époque. Un dessinateur a représenté la forêt avant son enfouissement (voir ci-dessous). Selon les auteurs de la découverte, il s’agit de la première reconstitution d’une forêt asiatique fossile de tous les temps.

* University of Pennsylvania: Penn researcher helps discover and characterize a 300-million-year-old forest
* Pnas: Permian vegetational Pompeii from Inner Mongolia and its implications for landscape paleoecology and paleobiogeography of Cathaysia

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 22 février 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/figee-depuis-300-millions-dannees-une-foret-reapparait-en-chine_36933/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Dim 26 Fév 2012 - 21:17

Des empreintes de 7 millions d’années racontent les éléphants d'autrefois

Des empreintes d'éléphants, vieilles de 7 millions d’années, révèlent la vie sociale des pachydermes de l’époque. Les troupeaux étaient menés par des femelles dominantes tandis que les mâles erraient en solitaire. Le matriarcat était donc déjà en place et sa persistance à l’heure actuelle prouve son efficacité.

Il existe actuellement trois espèces d’éléphant. Deux d’entre elles s’observent en Afrique, l’éléphant de savane, Loxodonta africana et l’éléphant de forêt, Loxodonta cyclotis, tandis que la troisième vit en Asie (Elephas maximus). Si elles peuvent différer sur bien des critères morphologiques ou génétiques, elles partagent néanmoins un point commun, leurs sociétés sont basées sur le matriarcat. Ce caractère pourrait donc être observé chez un ancêtre commun.


Photographie aérienne du site de Mleisa 1 réalisée à partir d'un cerf-volant. Les empreintes d'éléphant
vieilles de 7 millions d'années ont été colorées en bleu et en vert (la barre d'échelle en bas à droite
représente 5m). Les trajectoires parallèles ont été laissées par la horde. Treize d'entre elles ne
se croisent jamais, laissant croire qu'au moins treize pachydermes marchaient ensemble.
Le tracé du mâle solitaire traverse l'image en diagonale.
© Bibi et al. 2012
Une découverte récente vient étayer cette hypothèse. Bien que connu depuis longtemps par des bédouins, un site exceptionnel situé en plein désert d’Abu Dhabi a attiré la curiosité des scientifiques à partir de 2001. Il abrite des empreintes fossiles d’éléphants vieilles de 7 millions d’années. En laissant leurs traces dans la boue, les pachydermes préhistoriques fournissent de précieuses informations sur leur vie sociale de l’époque. Ils vivaient déjà en troupeaux, dirigés par une femelle dominante. Les mâles menaient une vie solitaire. Ces résultats ont été publiés par Faysal Bibi dans la revue Biology Letters. Un institut français de l’Université de Poitier, l’IPHEP, est impliqué dans les recherches.

Une harde d'éléphants de 13 jeunes et femelles, 1 mâle solitaire
Le site de la découverte, Mleisa 1, est exceptionnel à plus d’un titre. Il abrite des empreintes de pachydermes sur une surface de 5 hectares. Des photographies aériennes ont été réalisées à partir d’un cerf-volant, révélant des trajectoires parallèles de plus de 190m de long, espacées sur une largeur d’environ 30m. Les pistes fossiles dépassent rarement quelques dizaines de mètres.


Piste composée des empreintes d'un éléphant préhistorique. Il y a 7 millions d'années, ces traces ont été laissées dans
de la boue. Enfouies sous terre, elles sont réapparues à la surface suite à l'érosion du sol.
© Faysal Bibi
La profondeur des empreintes et la distance séparant chaque pas ont été mesurées. Les traces auraient été laissées par une harde d’au moins 13 éléphants de tailles et de poids divers. Par comparaison avec les pachydermes actuels, ce groupe devait se composer de femelles et de jeunes. Ces mammifères avaient donc déjà à l’époque un comportement grégaire. Une quatorzième piste intercepte les autres avec un angle d’environ 45°. Elle mesure plus de 260m de long, il s’agit d’un record mondial pour ce type de découverte. La profondeur des empreintes et la longueur des pas (plus de 3m) sont plus importantes. Des pas qui appartiendraient à un individu de grande taille pesant 5t à 6t, probablement un mâle. Les spécimens masculins sexuellement matures vivaient certainement en solitaire.


Reconstitution du troupeau d'éléphants ayant fréquenté le site de Mleisa 1 dans le désert d'Abu Dhabi, d'après les empreintes
fossilisées laissées au sol. L'espèce a été choisie arbitrairement, elle correspond à Stegotretrabelodon.
© Mauricio Antón
Tout indique donc que les éléphants actuels présentent les mêmes comportements sociaux que leurs ancêtres d'il y a 7 millions d’années. Les auteurs précisent tout de même ne pas pouvoir être certains que toutes les traces aient été laissées par des individus de la même espèce. Une telle découverte permet d’obtenir des résultats impossibles à révéler par l’analyse des os ou des dents fossilisées également trouvés dans la région. Rappelons qu’à l’époque, la péninsule arabique était accolée à l’Afrique et que l’Homme commençait à effectuer ses premiers pas.

* Biology Letters: Early Evidence for Complex Social Structure in Proboscidea from a Late Miocene Trackway Site in the United Arab Emirates
* IPHEP - Institut de Paléoprimatologie, Paléontologie Humaine: Evolution et Paléoenvironnement
* Site consacré aux découvertes faites à Mleisa 1

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 23 février 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/des-empreintes-de-7-millions-dannees-racontent-les-elephants-dautrefois_36965/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 2 Mar 2012 - 20:15

T-rex, leurs mâchoires destructrices dominent le monde animal

De nouveaux résultats viennent de tomber, concernant un sujet curieusement polémique. Quelle force pouvaient exercer les mâchoires d’un Tyrannosaurus rex ? Entre 20.000 et 57.000N (newtons), selon la dernière estimation. Le record demeure, le T-rex imposait les morsures les plus destructrices de tous les temps. Sa place de choix dans nos films catastrophe est donc tout à fait justifiée.

Découvert en 1905, le Tyrannosaurus rex, T-rex pour les intimes, est un dinosaure mythique depuis ses apparitions au cinéma. Ses dimensions sont impressionnantes. 12m de long pour 4m à 6m de haut. Certains pensent que ce théropode, bipède, était un superprédateur, peut-être même cannibale. Pour d’autres, il s’agit d’un simple charognard. Son régime alimentaire fait donc l'objet d'une polémique. Le crâne des T-rex a fait l’objet de nombreuses études. Ses os renferment des cavités remplies d’air, qui permettent de les alléger d’environ 18% tout en leur conférant une grande résistance. Les os du nez sont fusionnés et forment une voûte au-dessus de la mâchoire supérieure. Cette adaptation permettrait à l’animal d’exercer une pression très forte sur ses proies sans risquer une déformation du crâne. Une caractéristique qui prend toute son importance depuis quelques années. Certains chercheurs, sur la base de critères morpho-anatomiques, pensent en effet que la mâchoire inférieure pouvait produire une force jusqu’à 200.000N (newtons) sans se rompre.

Après le doute sur le régime charognard, voici donc le deuxième sujet polémique. Quelle force pouvait exercer la mâchoire de cet animal ? Répondre à cette question nécessite d’avoir des informations précises sur la musculature de l’appareil buccal. Malheureusement, seuls les os, et quelques traces de protéines, ont persisté dans le temps. Ils présentent néanmoins des caractères morphologiques permettant d’émettre des hypothèses sur les propriétés des muscles impliqués.


Reconstruction en 3D du crâne du Tyrannosaurus rex utilisée lors des études mécaniques. Les zones colorées correspondent à
des muscles dont les caractéristiques peuvent être modifiées (rouge - adducteurs externes de la mandibule,
bleu - adducteurs postérieurs de la mandibule, violet - groupe des ptérygoïdes).
© Bates et Falkingham 2012, Biology Letters
Insatisfaits des estimations actuelles, Karl Bates et Peter Falkingham, deux chercheurs britanniques, ont voulu à leur tour entrer dans le débat en réalisant des tests mécaniques sur un crâne virtuel dont les caractéristiques musculaires pouvaient être modifiées. Quels que soient les paramètres inclus dans le modèle, les forces en jeu surpassent toutes les estimations antérieures. Aucun autre animal sur Terre, vivant ou éteint, ne peut mordre avec une force équivalente à celle des T-rex (sur ce sujet presque tout le monde est d’accord). Leurs résultats sont publiés dans Biology Letters.

Le T-rex champion toute catégorie
Le T-rex adulte pourrait avoir une force moyenne dans les mâchoires d’environ 35.000N. Les études antérieures donnaient des résultats nettement inférieurs. Maximum 13.400N pour Erickson et al. 1996 et 9.800 newtons pour Meers 2002. Les résultats dépendent néanmoins du volume des muscles simulé dans les modèles (sur la base d’observations morphologiques). Les valeurs de 20.000N et 57.000N ont été obtenues en prenant en compte respectivement le plus petit ou le plus grand volume possible. Les chercheurs ont testé leurs modèles et calculs sur des crânes d’humains et d’alligators. Les résultats fournis (700N à 1.020N pour l’humain) ont recouvert les valeurs mesurées concrètement (730N à 749N, susceptibles de varier en fonction des individus). L’utilisation de leur protocole a ainsi été validée.


Les tyrannosaures ont vécu à la fin du Crétacé, il y a 70 à 65 millions d'années.
Plus de 30 fossiles ont été découverts à ce jour.
© GFDL, Wikimedia commons, CC by-sa-2.0
Un crâne de T-rex juvénile a également été modélisé. Mis à l’échelle de celui de l’adulte, il n’a pas produit les mêmes forces. Ces dinosaures immatures devaient très certainement avoir un mode de vie différent de celui des adultes. Les valeurs obtenues n’ont pas d’équivalent dans le monde animal actuel ou passé (par comparaison avec la littérature). Le rival le plus proche serait un autre dinosaure, le giganotosaure (approximativement 13.000N). Actuellement, les alligators et les lions ont une force dans la mâchoire de respectivement environ 10.000N et 4.000N.

* Biology Letters: Estimating maximum bite performance in Tyrannosaurus rex using multi-body dynamics
* University of Liverpool: Evolutionary Morphology and Biomechanics Research Group
* Nature: Bite-force estimation for Tyrannosaurus rex from tooth-marked bones
* Historical Biology, A Journal of Paleobiology: Maximum Bite Force and Prey Size of Tyrannosaurus rex and Their Relationships to the Inference of Feeding Behavior
* Acta Palaeontologica Polonica: Fused and vaulted nasals of tyrannosaurid dinosaurs: Implications for cranial strength and feeding mechanics

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 1er mars 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/t-rex-leurs-macentchoires-destructrices-dominent-le-monde-animal_37110/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Ven 2 Mar 2012 - 20:19

L'ADN de la momie préhistorique Ötzi a parlé

La momie préhistorique Ötzi, découverte en 1991, dévoile de nouveaux secrets grâce au séquençage de son génome. Cet homme devait avoir les yeux bruns et ne digérait pas le lait. Il avait également des prédispositions génétiques favorisant le développement de maladies cardiovasculaires. Quant à ses origines, elles sont toujours imprécises mais son ADN présente de nombreuses similitudes avec celui des Sardes. Des réponses tombent, mais de nouvelles énigmes voient le jour.

Le cadavre d’un homme préhistorique momifié depuis 5.300 ans a été découvert dans les Alpes, à 3.200m d’altitude, en 1991. Ötzi, c’est son nom, ne cesse de faire parler de lui depuis. Il faut dire que les scientifiques l’auscultent sous tous les angles et ne cessent de lui faire tester les dernières techniques d’imagerie médicale afin de tout connaître de sa vie, de sa santé et de ses origines. Que savons-nous de lui ? La momie congelée est un homme d’environ 45 ans mesurant 1,49m. De son vivant, il devait peser une quarantaine de kilogrammes. Lors de son décès, certaines de ses artères étaient durcies par des dépôts calciques, il avait des caries et s’était nourri de bouquetin, de cerf et de céréales. Malgré quelques controverses sur les circonstances de sa mort, on pense qu'Ötzi aurait succombé après avoir reçu une flèche dans le dos.


Cette pointe de flèche en silex a été retirée du corps d'Ötzi. Malgré plusieurs polémiques, la mort de
l'homme de glace aurait bien été causée par un projectile. La pénétration
de la flèche dans le dos aurait sectionné une artère.
© Université de Zurich
Des analyses génétiques ont pu être menées sur cet homme, dont l’ADN mitochondrial a été totalement séquencé en 2008. Il a montré qu’Ötzi portait des mutations qui ont disparu de la population depuis son époque. Certains en avaient conclu qu'il n’appartenait pas à notre espèce. Pour lever le voile, une équipe internationale vient de publier les résultats du séquençage complet de son ADN nucléaire dans la revue Nature Communication.

La momie Ötzi livre de nouveaux secrets
Les analyses ont été effectuées sur de l’ADN prélevé dans un fragment de l’os pelvien. Elles révèlent plusieurs informations importantes. Ötzi devait avoir les yeux bruns, être du groupe sanguin O et devait présenter une intolérance au lactose (i.e. au lait). Un gène favorisant l’apparition de l’athérosclérose a également été découvert. Cette prédisposition génétique expliquerait pourquoi, malgré le fait qu’il soit mince et actif, des traces de dépôts calciques ont été retrouvées dans ses vaisseaux. Les analyses ont révélé un autre problème médical, les échantillons présentaient des brins d’ADN appartenant à la bactérie Borrelia burgdorferi. Cet organisme provoque le développement de la maladie de Lyme. Non soignée, cette pathologie peut causer des problèmes d’arthrite, notamment au niveau du genou. Les tatouages observés sur le corps de la momie se trouvent tous sur des articulations. Selon les auteurs, il pourrait s'agir de tatouages symboliques destinés à atténuer les douleurs.


La momie d'Ötzi, aussi appelé l'Homme de glace tyrolien, est conservée dans
une chambre réfrigérée spéciale au musée de Bozen-Bolzano en Italie.
© Keller et al. 2012, Nature Communication
Les origines d’Ötzi s’éclaircissent. Une mutation trouvée sur son chromosome Y s’observe encore à l’heure actuelle chez des hommes originaires de Corse et de Sardaigne. En élargissant la comparaison à l’ensemble du génome, ce sont les Sardes qui présentent le plus de similitudes avec la momie. Les chercheurs vont maintenant tenter de comprendre comment les ancêtres d’Ötzi ont pu acquérir des origines sardes. Les hommes vivants sur cette île à l’heure actuelle avaient-ils une répartition beaucoup plus importante il y a 5.300 ans ? Comme souvent, certaines réponses apportent de nouvelles questions.

* Nature Communications: New insights into the Tyrolean Iceman's origin and phenotype as inferred by whole-genome sequencing
* Current Biology: Complete Mitochondrial Genome Sequence of the Tyrolean Iceman

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences, le 1er mars 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/atzi-ladn-de-la-momie-prachistorique-a-parlac_37121/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 3 Mar 2012 - 21:38

Le plus grand manchot, c'est Kairuku grebneffi

Kairuku grebneffi est le plus grand manchot connu. Il mesurait environ 1,30m. La description de cette nouvelle espèce vient d'être réalisée à partir d'ossements découverts pour certains il y a plus de trente ans, en Nouvelle-Zélande. Voilà qui permet aussi de faire le point sur la classification de ces oiseaux.

La Nouvelle-Zélande est depuis toujours une terre d’accueil pour les manchots. Aussi bien vivants que fossiles. Des ossements déterrés dans les années 1970 et 1990 ont été analysés récemment et deux nouvelles espèces de ces oiseaux ont ainsi été nommées. L’une d’entre elles est le plus grand manchot connu. Ces deux espèces appartiennent à un nouveau genre, Kairuku, qui signifie "plongeur qui revient avec de la nourriture" en maori. Il s’agit de K. waitaki et K. grebneffi. Ces animaux vivaient sur l’île il y a environ 27 millions d’années, pendant l’Oligocène. À cette époque, la Nouvelle-Zélande était davantage recouverte par la mer et les îlots émergents constituaient un habitat de choix pour ces oiseaux, à l’abri des prédateurs, et entouré de réserves nutritives abondantes.

Kairuku grebneffi, le plus grand manchot connu
L’identification de ces espèces a été rendue possible grâce notamment à trois squelettes presque complets, retrouvés lors d’expéditions initialement destinées à la recherche de fossiles de dauphins et de baleines, sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Ces squelettes ont permis de déterminer l’anatomie générale de ces manchots, unique par rapport à toutes les espèces déjà décrites. Leurs nageoires étaient très longues, et proportionnellement au reste du corps, plus longues que celles des espèces vivantes. Les membres postérieurs étaient robustes et surtout, ces oiseaux étaient très grands. K. grebneffi aurait mesuré environ 1,30m, ce qui fait de lui le plus grand manchot connu, dépassant de plusieurs centimètres le manchot empereur, comme l’indiquent les auteurs dans la revue Journal of Vertebrate Paleontology.


Les manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) sont les plus grands manchots vivants.
© Sandwichgirl, Flickr, cc by nc nd 2.0
Autant de caractéristiques physiques adaptées à la nage profonde et lointaine. Pourtant, le genre Kairuku est désormais éteint - depuis 24 millions d’années environ - et les chercheurs ne savent pas encore pourquoi. Le réchauffement climatique est une cause possible. Le retrait de la mer, augmentant la compétition interspécifique, en est une autre. Enfin la prédation accrue des baleines et des dauphins semble actuellement la plus plausible des hypothèses.

Classification dépoussiérée
Cette découverte vient étoffer les connaissances de ce groupe et porte à plus de 50 le nombre d’espèces éteintes. Elle met également de l’ordre dans la classification des manchots dont les premiers fossiles ont été découverts par Thomas Huxley en 1859. Il avait alors nommé une première espèce Palaeeudyptes antarcticus, et les différents fragments trouvés par la suite avaient été attribués un peu hâtivement à cette espèce ou à deux autres, P. marplesi et Palaeeudyptes sp. (non nommée).


Les manchots, appelés penguins en anglais, ne doivent pas être confondus avec les pingouins. En français, le mot désigne
en général les Alcidés, une famille qui regroupe notamment le macareux, le guillemot, le petit pingouin
et feu le grand pingouin (exterminé au dix-neuvième siècle).
© Chris Gaskin, Université d'Otago
Les auteurs ont donc fait le tri, en attribuant notamment à certaines espèces des ossements qui avaient été assignés à d’autres, par erreur. Due à la faiblesse de l’holotype de P. antarcticus décrit à partir d'un seul os, cette récente classification, qui sépare les espèces des genres Palaeeudyptes et Kairuku, reste néanmoins peu robuste et d'autres fossiles seront nécessaires pour la stabiliser.

* New fossil penguins (Aves, Sphenisciformes) from the Oligocene of New Zealand reveal the skeletal plan of stem penguins

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 2 mars 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/le-plus-grand-manchot-cest-kairuku-grebneffi_37113/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Sam 3 Mar 2012 - 21:46

Les dinosaures avaient aussi des puces... mais géantes

Les puces suçaient également le sang des dinosaures et elles étaient adaptées à la taille de leurs hôtes. Des fossiles mesurant 2cm ont en effet été retrouvés dans des couches du Jurassique moyen, correspondant à environ -165 millions d'années.

Une équipe internationale d'entomologistes dirigée par André Nel du laboratoire Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité (OSEB) vient de mettre au jour dans les provinces chinoises de Mongolie intérieure et du Liaoning de nouveaux fossiles de « puces » datant du Jurassique moyen et du Crétacé inférieur (environ -165 et -125 millions d'années respectivement). Les puces appartiennent à l'une des principales lignées d'insectes ectoparasites, elles sont très spécialisées pour se nourrir du sang d'oiseaux ou de mammifères. Les fossiles découverts jusqu'à maintenant apportaient peu d'informations et étaient confinés à des représentants cénozoïques de familles modernes (de -65 millions d'années à nos jours). En revanche, concernant les périodes antérieures, les données manquaient.

Des fossiles de puces mesurant 2cm !…
La découverte en Chine de ces nouveaux insectes fossiles a révélé l'existence de « puces » de grande taille - jusqu'à 2cm, alors que les puces modernes ne font que 5mm au plus - dotées d'adaptations morphologiques pour transpercer la peau de leurs hôtes et s'y accrocher, similaires à celles des puces actuelles. Cela suggère que ces organismes vivaient sur des animaux possédant des structures ressemblant à des plumes ou des poils. Ces résultats sont présentés dans la revue Nature.


Cette puce géante a été retrouvée dans des couches du Crétacé inférieur,
dans la commune de Huangbanjigou, en Chine.
© Huang et al. 2012, Nature
La présence, bien établie, de plumes sur certains dinosaures théropodes qui ont dominé la faune durant l'ère mésozoïque, a constitué une niche écologique et un habitat favorable au transport de parasites, ainsi qu'à leur évolution. D'un point de vue phylogénétique, ces insectes sont très proches des insectes mécoptères (mouches scorpions) et des siphonaptères (puces), lignées qui subsistent encore de nos jours.

Lien entre puces et mouches scorpions confirmés
Cette découverte éclaire d'un jour nouveau l'origine de ces insectes parasites et confirme qu'ils étaient déjà présents au Jurassique. Ces fossiles constituent aussi l'une des preuves de l'ancienneté de l'ectoparasitisme, une interaction biologique complexe entre organismes. Par ailleurs, ils apportent de nouvelles informations sur les formes intermédiaires entre les mécoptères mésozoïques et les lignées actuelles de siphonaptères.


Les puces sont des insectes qui ont perdu leurs ailes secondairement.
© Huang et al. 2012, Nature
En effet, cette transition avait été soupçonnée récemment grâce à des études moléculaires et contredisait ainsi l'hypothèse de liens de parenté directs entre puces et diptères (mouches). Apparemment, ces puces mésozoïques étaient relativement diversifiées puisque trois espèces différentes sont décrites par les chercheurs.

* Diverse transitional giant fleas from the Mesozoic era of China
* Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité
* Muséum national d'histoire naturelle
* CNRS

Source: CNRS, le 2 mars 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/les-dinosaures-avaient-aussi-des-puces-mais-geantes_37163/

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Lun 5 Mar 2012 - 21:07

À la recherche de la vie préhistorique

Un des endroits les plus froids de la planète, la ville russe de Iakoutsk, est la plus grande ville construite dans la zone du pergélisol.


Un des endroits les plus froids de la planète…
Cliquez sur l'image pour voir la vidéo.
© RIA Novosti
Iakoutsk héberge l'Institut du pergélisol, un des leaders dans l'étude de ce phénomène naturel.

Source RIANOVOSTI Multimédia: http://fr.rian.ru/video/20120301/193614912.html

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MessageSujet: Re: Paleontologie, l'actu...   Mer 7 Mar 2012 - 20:57

Record d'acidification des océans depuis 300 millions d'années !

Du jamais vu depuis 300 millions d'années ! L'acidification des océans à notre époque est plus rapide que celle des plus importants épisodes d'extinction d'espèces. C'est le dioxyde de carbone qui en est la principale cause.

L’acidification des océans est dramatique pour les écosystèmes aquatiques. Elle est essentiellement le résultat d’une trop grande concentration de CO2 dans l’atmosphère. De nouvelles analyses, permettant d’évaluer ces concentrations, révèlent que les océans sont en train de connaître la plus importante acidification depuis 300 millions d’années. Pourquoi ce phénomène est-il dangereux ? Parce que de nombreux animaux marins, dont certains sont à la base de la chaîne alimentaire, comme ceux du plancton, possèdent un squelette solide composé de carbonate de calcium. Or cette substance a tendance à se dissoudre en milieu acide. Quand le CO2 est fortement présent dans l’atmosphère, une partie est captée par l'eau qui joue un rôle de tampon. La dissolution du CO2 entraîne ensuite la formation de différents acides, dont l’acide carbonique.

À cause du CO2, le pH baisse de 0,1 unité par siècle
C’est exactement ce qui s’est produit il y a environ 55 millions d’années, lors du maximum thermique du passage Paléocène-Éocène (PETM). En l’espace de 5.000 ans, la teneur de carbone dans l’atmosphère a doublé, augmentant la température des océans d’environ 6°C. Le pH a, lui, fortement chuté, de 0,25 à 0,45 unité selon les estimations des chercheurs.


Évolution des populations de différents groupes d'organismes marins depuis 300 millions d'années, face aux différents épisodes d'extinctions
dont certains ont été fortement gouvernés par l'acidification des océans, l’extinction du Permien, du Triasique et PETM.
© Hönisch et al. 2012, Science
Sur les carottages, ces faits sont repérables puisque le carbonate de calcium dissous, après avoir sédimenté, laisse une couche identifiable. Même si l’acidification des océans n’est pas la seule cause en jeu, des groupes d’animaux ont connu un fort déclin, comme les foraminifères benthiques dont les populations ont été divisées par deux environ.

Acidification des océans record depuis 300 millions d'années
Toutefois, l’acidification de cette époque n’est pas aussi importante que celle que nous vivons actuellement. Les estimations des auteurs de l’étude publiée dans Science, indiquent qu’en ce moment, le pH décline de 0,1 unité par siècle, ce qui est environ dix fois plus rapide que l’acidification du PETM. C’est pourtant l’événement qui ressemble le plus à celui que nous vivons parmi tous ceux qui ont été analysés, remontant jusqu'à 300 millions d'années, du moins concernant la vitesse.


Le corail est menacé par l'acidification des océans, mais aussi par
certains pathogènes, la pollution ou le réchauffement de l'eau.
© USFWS Pacific, Flickr, cc by 2.0
En revanche, si l'on considère la gravité, l’acidification des océans il y a 252 millions d’années - l’extinction du Permien - et 200 millions d’années la fin du Triasique, semblent avoir été d’une importance majeure. Le premier événement, en association avec le réchauffement climatique, a mené à l’extinction de 96% des espèces vivantes. Nous n’en sommes pas encore là, mais des études montrent déjà que l’acidification des océans est à l’œuvre, que ce soit sur les coraux, les mollusques ou encore les poissons.

* The Geological Record of Ocean Acidification

Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 6 mars 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/record-dacidification-des-oceans-depuis-300-millions-dannees_37201/

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