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 Les Tribulations de la Goélette Tara...

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tanka
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MessageSujet: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Sam 30 Avr 2011 - 17:31

Tara: le voilier polaire part dimanche pour trois années sur les mers

Ce sera la fête à Lorient, ce week-end. Le voilier Tara partira dimanche pour une expédition scientifique de trois ans, destinée à étudier le piégeage du gaz carbonique par le plancton dans l'océan mondial.

Entre une émission spéciale du magazine Thalassa, vendredi soir, et le départ de la goélette Tara dimanche, une série de festivités animeront le port de Lorient et la Cité de la Voile Eric Tabarly.

Le voilier polaire Tara repart en effet pour une longue aventure autour du globe. Ce bateau, construit pour Jean-Louis Etienne, et baptisé Antarctica, a effectué depuis 1991 plusieurs expéditions, principalement en milieu polaire, sa région de prédilection. Le grand navigateur néo-zélandais Peter Blake l'a utilisé, sous le nom de Seamaster. Entre 2006 et 2008, Tara a traversé l'océan glacial Arctique, non pas à la manière d'un brise-glace, en forçant le passage, mais en se laissant emprisonner par la glace (le navire, à coque renforcée et à fond plat, est conçu pour cela) pour dériver au gré des lents courants qui déplacent des pans entiers de banquise. Libérée dans l'eau libre avec plusieurs mois d'avance sur les prévisions, l'expédition avait mis en évidence l'ampleur du réchauffement dans la région arctique.


Après son départ de Lorient, le Tara prendra la direction de Gibraltar et restera un long moment en Méditerranée, accostant dans plusieurs pays,
dont la France à Villefranche-sur-mer et la Grèce, où l'équipage s'offrira la traversée du canal de Corinthe. Après le canal de Suez
et la Mer Rouge, le Tara gagnera l'océan Indien, s'intéressera à Madagascar et doublera le Cap de Bonne Espérance.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir.)
© Tara Oceans
L'aventure qui commence sera différente. Le bateau, qui appartient à une association sans but lucratif, le Fonds de dotation Tara, sponsorisée par des entreprises privées, partira pour un long voyage autour du monde. Le programme scientifique est focalisé sur le plancton et sur son écologie. Le matériel embarqué servira à des études de génomique (pour déterminer rapidement les espèces présentes) et à des observations, au microscope et en pleine eau.

Ausculter le plancton
Un ensemble d'instruments mis à l'eau analysera en continu, outre les classiques paramètres intéressant l'océanographe (température, salinité, pH...), d'importantes caractéristiques du plancton. Un appareil de mesure de la fluorescence déterminera l'activité de photosynthèse, qui donne une bonne indication sur la quantité de micro-algues et sur l'intensité de leur métabolisme. Un autre (un cytomètre) mesurera à la volée la taille moyenne des micro-organismes présents dans le plancton.


Dans l'Atlantique, Tara grimpera vers le nord et naviguera dans les eaux équatoriales. Passant par le Brésil, il descendra ensuite jusqu'à
la Péninsule antarctique, pendant l'été austral 2010-2011, puis remontera en Patagonie, à Puerto Williams, à deux pas du Cap Horn.
Il abordera alors l'océan Pacifique. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir.)
© Tara Oceans
L'équipage du Tara effectuera aussi des récoltes de plancton. Un système vidéo, mis au point à la station marine de Villefranche-sur-mer, permettra même d'observer le comportement des organismes planctoniques au moment de la collecte par le petit filet. A bord, des instruments de microscopie élaborés faciliteront le tri, les prises de vue en haute résolution et même l'enregistrement de vidéos.

L'ensemble, baptisé Taomi (Tara Oceans Marine biology Imaging platform) occupe le volume d'un laboratoire et prend la place d'une cabine, comprenant également un studio de macrophotographie. L'ensemble des données récoltées sera en partie seulement analysé à bord mais aussi par plusieurs laboratoires à terre.

Ces mesures dresseront une carte de l'activité photosynthétique du plancton et donc de la capacité de l'océan à capter le gaz carbonique de l'atmosphère. Ce puits de carbone est pour l'essentiel concentré dans les deux cents premiers mètres et repose en grande partie sur l'activité de micro-organismes. Les satellites d'observation, comme Envisat, et les campagnes océanographiques, étudient aussi ce genre de paramètres.


Dans le Pacifique, le périple de Tara le conduira en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Nouvelle-Guinée, en Indonésie, en Malaisie, en Chine
(à Hong-Kong), à Taiwan, au Japon et au Kamtchatka. Ce sera alors le printemps dans l'hémisphère nord.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir.)
© Tara Oceans
Mais le nombre de bateaux à la mer n'est pas si grand et les mesures in situ sont plutôt rares. L'intérêt scientifique de l'expédition vient de sa durée (trois années) et de la longueur du voyage.

Tara traversera, en effet, tous les océans du globe. Parti de Lorient, il passera le détroit de Gibraltar et restera un long moment en Méditerranée. On le verra ensuite dans l'océan Indien, dans l'Atlantique, de l'équateur à l'Antarctique, puis dans le Pacifique, dont il fera le tour, avant de revenir vers l'Europe en franchissant le mythique passage du nord-ouest, au nord du Canada, durant l'été 2012.

Le dépouillement de toutes ces mesures devrait aider à mieux comprendre les réactions de l'océan mondial et des organismes qu'il abrite aux changements climatiques que l'on observe aujourd'hui.


Au début de l'année 2012, le voilier se dirigera vers les Etats-Unis, remontera jusqu'en Alaska et regagnera l'océan Atlantique en se frayant un chemin
dans les eaux froides du nord du Canada. C'est le fameux passage du nord-ouest, dont les glaces, présentes même en été, ont arrêté les marins
durant trois siècles. Durant l'été 2007, le passage a été pour la première fois entièrement libre de glace,
illustrant la réalité du réchauffement climatique.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir.)
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 3 septembre 2009 à 16h18
Source Actualité Futura-Sciences:
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/tara-le-voilier-polaire-part-dimanche-pour-trois-annees-sur-les-mers_20371/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Sam 30 Avr 2011 - 17:32

Ne ratez pas la goélette Tara, partie à la découverte du plancton

En deux années d’expédition, avec le support du CNRS, le voilier Tara a effectué une longue pêche au plancton dans l’océan mondial. Cette aventure scientifique sera relatée tous les vendredis sur Planète Thalassa, à partir de demain soir et jusqu'au 6 mai.

Tara avait rendez-vous avec le plancton. Après son périple polaire de 2006 à 2008, la goélette Tara, petit navire océanographique, qui fut aussi l’Antarctica de Jean-Loup Etienne, est repartie le 5 septembre 2009 pour trois années d’expédition dans l’Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien.

Financée sur fonds privés et appuyée sur l’aide scientifique du CNRS et d’autres organismes, comme le EMBL (European Molecular Biology Laboratory), l’expédition Tara Océans rappelle les grandes épopées de l’océanographie. Il s’agissait en effet de mesurer tout le long du voyage la température et la salinité des eaux rencontrées en surface et en profondeur et partir à la pêche au plancton.


Tara est un voilier gréé en goélette, à la coque renforcée pour résister à la banquise. Sous le nom d'Antarctica, le navire a appartenu
à Jean-Loup Etienne pour ses expéditions en milieu polaire. Sous le nom de Tara, la goélette s'est laissé prendre
par la banquise arctique et a dérivé pendant 500 jours avec elle.
© J. Girardot - Fonds Tara
On pourrait croire tous ces paramètres connus à l’heure où l’on a cartographié la planète Mars jusque dans le proche sous-sol, où la surface de Vénus a été entièrement balayée par des radars et où Messenger a commencé à faire de même autour de Mercure.

Mais l’océan est aussi mystérieux que ces planètes lointaines, mais visibles. La mécanique des courants et la vie océane ne sont connues qu’avec imprécision.


Dans le désert océanique du Pacifique Sud, pour la 96e station de l'expédition,
les scientifiques de Tara cherchent à répertorier les organismes du plancton.
Interviews de Lee Karp-Boss, professeur en biologie marine à l'École des
sciences marines de l'université du Maine (États-Unis) et de Leïla
Tirichine (CNRS) de l'Institut de biologie de l'École normale
supérieure (IBENS - ENS/Inserm/CNRS).
© A. Deniaud/Tara Expéditions/YouTube

Zoo ou phyto ?
C’est l’histoire de cette expédition qui nous sera racontée les vendredis 15, 22, 29 avril et 6 mai, à 20 h 40, sur la chaîne Planète Thalassa, dans des documentaires de 52 minutes. Le premier épisode, demain soir donc, titré Le monde secret, est consacré au plancton. Animaux ou végétaux, ces organismes ne peuvent nager avec suffisamment d’énergie pour se déplacer indépendamment des courants marins.

Avec cette définition, les méduses, même de grandes tailles, font partie du plancton. Mais la plupart sont minuscules et certains ne sont même que des gamètes (c’est-à-dire des cellules sexuelles). Près du rivage, une collecte simple avec un verre d’eau rapporte une collection étonnante d’organismes de toutes sortes, de quelques millimètres à quelques dixièmes de millimètre et le microscope ou la loupe binoculaire en dévoilent encore bien d’autres.


Ces jolies fleurs, vues de près, apparaissent comme des animaux. Sous les mers, parfois,
les végétaux nagent et les animaux se plantent... Corail.
© A.Amiel/Kahika i/Tara Oceans
Un monde dans une goutte d’eau ! On a parfois du mal à classer ce que l’on voit parmi le zooplancton (les animaux) ou le phytoplancton (les végétaux). Car dans l’océan, les frontières se brouillent…

Loin de côtes, la récolte peut être bien plus maigre, surtout loin sous la surface. On parle alors de désert océanique. C’est le cas en plein milieu du Pacifique, par exemple, comme l'illustre cette courte vidéo ci-dessus, qui montre la vie à bord. Ne manquez pas cette rencontre avec une science encore neuve, l’océanographie, et un milieu à la fois riche, fragile et indispensable à la vie terrestre.


Une larve de calmar nous regarde.
© C.Guiguand/Tara Oceans
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 14 avril 2011 à 18h20
Source Actualité Futura-Sciences:
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/ne-ratez-pas-la-goelette-tara-partie-a-la-decouverte-du-plancton_29480/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Sam 30 Avr 2011 - 17:33

L’expédition Tara Oceans ne passera pas par le Japon

Face à la situation délicate du japon, Étienne Bourgois et Éric Karsenti ont décidé de modifier le parcours de la troisième année de l’expédition Tara Oceans. La goélette ne passera finalement pas par le Japon.
La goélette Tara est partie le 5 septembre 2009 de Lorient et a déjà parcouru 40.000 milles, de l’Atlantique au Pacifique en passant par la Méditerranée et l'océan Indien. Cette expédition, codirigée par Étienne Bourgois et Éric Karsenti, devait initialement passer quatre mois et demi en Asie, en particulier en mer du Japon et dans les secteurs alentours. Tokyo représentait même une escale capitale. Mais devant l'ampleur de la crise que traverse le Japon, le parcours de la goélette a été modifié, comme l'explique Étienne Bourgois (directeur de Tara Oceans et président de Tara Expéditions): «Le Japon vient de subir une catastrophe majeure. La situation nucléaire n’est pas maîtrisée. Nous devons donc revoir notre feuille de route qui passait notamment par Tokyo l’année prochaine.»

Il existe en effet un risque sur le terrain, même s’il est difficile à l'heure actuelle de l'évaluer précisément, mais pour Tara les demandes d’autorisations de prélever dans les eaux territoriales se faisant un an à l’avance, cette décision devait être prise rapidement. Plus globalement, il paraît très difficile d'évaluer les conséquences environnementales, humaines et économiques, de cette catastrophe sans précédent. Il est possible que la dispersion des produits radioactifs ait un impact important dans l’océan Pacifique. Enfin, cette décision intervient dans un contexte économique devenu peu favorable.


La goélette Tara.
© J. Girardot/Fonds Tara
Le nouveau parcours de Tara Oceans
Durant les mois à venir, Tara va poursuivre sa route vers Papeete comme prévu en passant par les Galapagos, les îles Gambier, avec une mission autour des coraux, et les îles Marquises. Après Tahiti, le navire remontera vers Hawaï, traversera le «continent de plastique» du Pacifique nord, fera escale à San Diego.

Puis Tara empruntera le canal de Panama à Noël prochain pour traverser ensuite l’Atlantique, avec une arrivée prévue à Lorient au mois de mars 2012. Soit encore 20.000 milles à parcourir (un tour du monde) pour la goélette et encore cent stations scientifiques prévues au programme.

«Ce choix de modification du trajet a été fait d’un commun accord avec les scientifiques de la mission Tara Oceans et nos partenaires dont le soutien est extrêmement important. En définitive nous ne rentrerons que six mois plus tôt que prévu sur une mission de trois ans.» précise Étienne Bourgois. Il souligne également que «le nouveau parcours choisi par les scientifiques présente des intérêts majeurs comme le transect très peu étudié Papeete-Hawaï, ou encore l’étude du continent de plastique dans le Pacifique, des prélèvements dans le Golfe du Mexique seront aussi faits.»


L'expédition Tara Oceans étudiera notamment les coraux.
© F. Benzoni/Tara
Les récoltes d'échantillons
L'analyse à terre des cent premières stations a commencé depuis un an. Le consortium scientifique commence à obtenir des résultats et plusieurs articles sont en cours de structuration pour les revues scientifiques. Le consortium scientifique Oceans va bien sûr continuer à traiter les données et les échantillons recueillis au fur et à mesure de leur arrivée dans les laboratoires. Tara Oceans est donc entré dans sa seconde phase: la récolte des fruits d'un échantillonnage planétaire colossal.

Au retour de Tara à Lorient en mars 2012, des dizaines de milliers de microorganismes et des échantillons considérables de coraux auront été prélevés et analysés avec succès dans tous les océans du globe depuis septembre 2009. Cette collecte complète permettra de mieux connaître la structure des écosystèmes océaniques, l'évolution des organismes qui les composent et leur capacité à s'adapter à des changements environnementaux majeurs. Elle constituera un point de référence pour les générations futures.


Tara Oceans a dû prendre en compte la situation exceptionnelle du Japon dans son parcours.
© F. Latreille/Tara Expedition
Tara Oceans, le 21 avril 2011 à 08h29
Source Actualité Futura-Sciences:
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/lexpedition-tara-oceans-ne-passera-pas-par-le-japon_29642/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Ven 13 Mai 2011 - 14:46

L'aventure Tara comme si vous y étiez

Le 5 septembre 2009 le voilier Tara est parti de Lorient pour une expédition scientifique de trois ans sur tous les océans du monde afin d’étudier la vie microscopique du monde aquatique. Nous vous invitons à découvrir en image le quotidien de l'équipage ainsi que leurs splendides observations et découvertes.
Le plancton, c’est 98% de la biomasse des océans. Cette vie marine est aujourd’hui menacée par des modifications écologiques, comme le changement climatique et la pollution. Comment les écosystèmes marins réagiront-ils à ces perturbations ? Allons-nous vers une transformation de la vie océanique ?


Corail.
© A.Amiel / Kahika i/Tara Oceans



Face à la nécessité d’agir et de répondre à ces questions, le programme Tara Oceans rassemble aujourd’hui une équipe internationale et multidisciplinaire inédite d'une centaine de scientifiques.


Tara
© F. Latreille/Tara Expedition



L’ensemble des disciplines océanographiques sont présentes dans ce projet, pour offrir une vision globale du fonctionnement des écosystèmes marins.


Une femelle amphipode habite une salpe où elle a pondu ses œufs.
© M.Ormestad/Kahikai/Tara Oceans
Par Mylène Bertaux, Futura-Sciences, le 5 mai 2011 à 10h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/en-image-laventure-tara-comme-si-vous-y-etiez_29951/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Sam 22 Oct 2011 - 0:37

L'expédition Tara Oceans découvre du plastique dans l'Antarctique

L'Antarctique est touché par une forte pollution de plastique. C'est ce que révèle l'analyse des échantillons d'eau collectés par l'équipage de la goélette Tara, partie en septembre 2009 pour une expédition de près de trois ans, visant à étudier le plancton.

Le plastique n’est pas si fantastique que ça ! En 2009, lorsque la goélette Tara quitte Lorient pour un périple de trois ans, l’objectif principal n’est pas de mettre en évidence la pollution à large échelle par le plastique. Pourtant, plus de huit mois après son passage sur la péninsule de l’Antarctique, les chercheurs viennent de publier un communiqué inquiétant: les eaux du pôle Sud sont infestées de débris plastiques.

Le 5 septembre 2009, l’équipage de la goélette Tara quitte la Bretagne. Son objectif est de parcourir les mers afin d’étudier le plancton, son interaction avec son environnement et plus particulièrement son rôle sur la séquestration du carbone, un processus qui permet de freiner le réchauffement climatique: le plancton capte le dioxyde de carbone et le piège au fond de l’océan lorsqu’il meurt.


Parcours de la goélette Tara depuis son départ de Lorient le 5 septembre 2009.
© Tara expéditions, adaptation Futura-Sciences
La première semaine de l’année 2011, Tara a la péninsule de l’Antarctique en ligne de mire. Là-bas, elle collecte des échantillons d’eau afin d’en analyser le contenu. La récolte des échantillons a été réalisée à l’aide d’un appareil élaboré par la Fondation Alaglita pour la recherche marine. Cet appareil, le Manta trawl (qui peut être traduit pas raie-chalutier), permet de collecter l’eau de surface et de piéger des particules d’environ 0,3 mm.

Jusqu'à 43.000 particules de plastique par km²
Et les résultats sont stupéfiants ! Dans l’Antarctique, le nombre de particules plastiques varie entre 956 et 42.826 par km² selon la Fondation Alaglita qui a effectué les analyses sur ces échantillons. Ce qui veut dire que l’ensemble de la planète est probablement contaminé par cette pollution.

Quel est l’impact du plastique ? Il est particulièrement néfaste pour la plupart des espèces marines puisqu’il peut entrer très tôt dans la chaîne alimentaire. Le plancton, par exemple, qui est un des premiers maillons de la chaîne, peut ingérer ces petites particules, et les toxines sont ensuite présentes dans l’ensemble de la chaîne alimentaire, jusque dans nos assiettes.


Campagne de communication Ecoocean contre le sac plastique.
© Ecoocean, YouTube
En mai 2011, les travaux de Chris Jordan avaient montré que les gros déchets plastiques étaient souvent ingérés par les oiseaux, comme l’albatros. En 2010, l’ONG Ecoocean avait d’ailleurs tenté de sensibiliser les gens au problème de la pollution plastique, montrant que les plus gros animaux se retrouvaient piégés dans des sacs plastiques.

À Hawaï depuis hier, Tara va poursuivre son tour du monde censé s’achever le 31 mars 2012 et continuera à collecter des échantillons d’eau à la recherche de plastique.


La goélette Tara a collecté des échantillons d'eau près de l'Antarctique, qui montrent une forte pollution par le plastique.
© L. Colchide/Tara expéditions, DR
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 21 septembre 2011 à 13h26
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/lexpedition-tara-oceans-decouvre-du-plastique-dans-lantarctique_33522/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Sam 19 Nov 2011 - 2:42

L’expédition océanographique Tara déniche des trésors… scientifiques

Tara Oceans n’est pas partie retrouver des vieux galions mais ses équipages ont étudié 133 stations et en ont analysé la richesse biologique. Au terme de la deuxième année (il en reste une), le bilan est particulièrement riche, avec de nouvelles espèces de coraux, le constat de leur - assez bonne - résistance à la hausse des températures, une meilleure connaissance du plancton et une analyse de la fécondation de l’Atlantique Sud et celle du Pacifique par les Marquises…

Le voilier Tara se trouve actuellement à San Diego, sur la côte Pacifique des États-Unis mais c’est à Paris que les responsables de l’expédition Tara Oceans ont fait le bilan de deux années d’explorations des océans, de la Méditerranée au Pacifique en passant par l’océan Indien et l’Océan Atlantique. Aux deux tiers du voyage, qui se terminera à Lorient en mars 2012, ce bilan est déjà digne des grandes expéditions océanographiques, démontrant au passage que notre connaissance des océans est encore limitée.

Parmi les beaux résultats de l’expédition, qui a mobilisé une centaine de scientifiques, figure le travail peut-être le moins médiatisable - la métagénomique du plancton microscopique, notamment du phytoplancton (des végétaux), des bactéries et même des virus. Il y a peu d’années que l’on étudie ces microorganismes marins, qui jouent un rôle considérable mais très mal connu. La vérité est que l’on ignore l’essentiel de la flore bactérienne océanique qui s’étale en deux dimensions tout autour de la Terre. Quant aux virus, ils sont encore moins bien connus.


Le voilier Tara est actuellement à San Diego où l'équipage lui offre une opération carénage.
© J. Capoulade/EMBL/Tara Oceans
La métagénomique au service des océanographes
La recette de la métagénomique est simple dans son principe, dans l’échantillon d’eau de mer, séparer les organismes selon leur taille - au laboratoire, utiliser les outils de séquençages de l’ADN, lister les gènes présents - comparer avec les résultats d’autres stations de prélèvements. On peut ainsi, sinon détailler la liste des espèces une à une, au moins avoir une bonne idée de la flore et de sa diversité pour la comparer entre différents endroits.

On peut aussi se pencher sur les gènes et tenter d’en comprendre la fonction. Les résultats de Tara Oceans, expliquent ses responsables, montrent « une diversité étonnante des contenus en gènes, notamment au niveau du phytoplancton. La plupart des gènes observés sont totalement inédits, surtout pour le phytoplancton non bactérien, et codent des fonctions inconnues. » Entre les Océans Atlantique sud, Antarctique et Pacifique Sud, les océanographes observent une très grande diversité d’espèces, notamment pour les diatomées (des algues unicellulaires) et les cocolithophores (modestes algues unicellulaires carapaçonnées de calcaire, à qui l’on doit notamment les falaises de calcaire des côtes de la Manche, et d’ailleurs). De leur côté, les virus montrent des populations plus homogènes.


Un dinoflagellé, frêle organisme du phytoplancton mais d'une grande importance dans les écosystèmes marins.
© J. Capoulade/EMBL/Tara Oceans
La biologie des cyclones d’Agulhas
Les océanographes de Tara nous parlent aussi de fécondation, celle des eaux de l’Atlantique Sud par les microorganismes venus de l’Océan Indien. Un courant froid qui coule vers le Sud, le long de la Côte Est de l’Afrique (le courant de Mozambique) rencontre les eaux antarctiques au large du Cap de Bonne espérance et remonte ensuite dans l’Atlantique. C’est le courant, ou fuite, des Agulhas (aiguilles en portugais, du nom d’un Cap en Afrique du Sud). Il s’y forme des courants circulaires encore mal compris mais d’une grande importance pour la machine climatique et pour les circulations d’organismes vivants entre les deux océans.

Enfin, dans le Pacifique, l’équipage du voilier a étudié l’enrichissement en plancton au large des îles Marquises. Alors que le plancton est rare aux alentours, ces îles alimentent les eaux en fer, en azote et en matière organique, stimulant la croissance du phytoplancton (à la manière dont les déchets azotés venus de Bretagne verdissent les eaux côtières). La compréhension de cet enrichissement est d’un grand intérêt pour celle des écosystèmes (n’a-t-on pas déjà tenté d’ensemencer des régions océaniques en fer sans trop savoir ce qui allait advenir ?).


Le corail, une colonie d'animaux mais aussi, à l'échelle d'un récif, un milieu particulièrement riche
et sensible aux variations de températures de l'eau.
© A. Amiel/Kahikai/Tara Oceans
Tara apporte une nouvelle plutôt bonne, les coraux, en plusieurs endroits, « résistent assez bien » à la hausse des températures des eaux. La moitié des massifs sont touchés et, chez les plus vulnérables, la mortalité atteint 30%. Le point positif vient de la bonne tenue du genre dominant (Acropora), qui, expliquent les biologistes de l’expédition, a bien résisté aux épisodes de blanchiment de 1998. Enfin, concernant le corail, l’expédition revient avec une belle liste de dix nouvelles espèces, aux îles Gambier.

L’aventure de Tara n’est pas terminée, de nouveaux résultats suivront à coup sûr. Et il faudra quelques années de travail pour les analyser tous…


La goélette Tara au mouillage dans la baie d'Opunohu, à Moorea, une île voisine de Tahiti.
© A.Amiel/Kahikai/Tara Oceans
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 10 novembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/lexpedition-oceanographique-tara-deniche-des-tresors_34547/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Jeu 5 Avr 2012 - 23:22

Tara Oceans de retour… « dans cent ans, on travaillera encore sur ses résultats »

Samedi 31 mars, le voilier Tara terminera une aventure scientifique commencée en 2009. Durant ce voyage autour de la Terre, 126 chercheurs se sont succédé à bord pour étudier en particulier le plancton et ses interactions avec le milieu. Futura-Sciences reviendra sur cet événement. Aujourd'hui, l’un des coordinateurs scientifiques, Gabriel Gorsky, nous donne la mesure de ce voyage. L’épopée qui s’achève est du niveau des grandes expéditions océanographiques de la fin du XIXe siècle. Démonstration à l’appui.

Le 5 septembre 2009, un grand voilier aux formes originales, le Tara, larguait ses amarres au port de Lorient, où il ne reviendra que le 31 mars 2012. Entretemps, il aura fait le tour de la Terre. Ce deux-mâts en aluminium de 36m de longueur en a vu d’autres. Sous le nom d’Antarctica, cette goélette à deux mâts, de hauteurs égales, sont hauts de 27m, a servi entre 1991 et 1996 à Jean-Louis Étienne pour plusieurs expéditions en Arctique et en Antarctique. Le bateau est en effet conçu pour résister aux pressions des glaces, et le dériveur étant relevable, il peut même se laisser soulever par la banquise en formation. Le bateau est ensuite devenu le Seamaster du regretté Sir Peter Blake, un marin néozélandais - double vainqueur de la Coupe de l'America, grand défenseur de l’environnement en général et des océans en particulier, mort tragiquement au Brésil en 2001.

Devenu Tara après son rachat par Étienne Bourgois - président de l’entreprise Agnès b., le voilier a poursuivi ses aventures scientifiques. Après avoir étudié les régions arctiques en 2007-2008 pour l’Année polaire, le navire est parti autour du monde pour l’ambitieuse expédition Tara Oceans, visant à étudier les écosystèmes océaniques et en particulier le plancton. L’idée était d’effectuer des séries de mesures, de prélèvements et d’observations combinant l'océanographie, l'écologie et la génomique, durant un voyage autour du monde avec des « stations » - périodes de travail à un même endroit - aussi longues que nécessaires et une liberté d'action impossible lors de campagnes de courte durée.


Un prélèvement dans l'Océan Pacifique entre les Marquises et Tahiti, lors de la station baptisée Gaby par Fabrizio d'Ortenzio,
en l'honneur de Gabriel (Gaby) Gorsky. Hervé Le Goff et Hervé Bourmaud récupèrent la « rosette ». Quatre prélèvements
de ce genre ont été réalisés pour mieux comprendre l'enrichissement des eaux en fer dans cette région, sous le vent
des îles Marquises, qui provoque régulièrement un bloom planctonique.
© Sybille d'Orgeval/Tara Expéditions
Au total, 126 océanographes, de multiples disciplines, et 70 membres d'équipage se sont succédé à bord et ont amassé une énorme quantité de données, qu’il faudra des décennies à exploiter. Cette expédition était-elle utile alors que les grands navires océanographiques et les satellites environnementaux étudient l’océan mondial en permanence ? Peut-on travailler sur un voilier ? Gabriel Gorsky, directeur de l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-mer, a des réponses à ces questions. Il est des coordinateurs de l’expédition Tara Oceans et il connaît d'ailleurs bien le navire, pour avoir participé, au sein du groupe de Lars Stemmann, à une dérive sur la banquise, avec Jean-Louis Étienne, à l'époque où le bateau était l'Antarctica.

Futura-Sciences: Qu’apporte ce voyage du Tara en comparaison du travail réalisé sur les navires océanographies ?

Gabriel Gorsky: Ce n’est pas du tout la même chose ! Tara Oceans est une véritable expédition, du niveau de celle réalisée par le Challenger entre 1872 et 1876. Je la comparerais au voyage du Beagle à bord duquel Charles Darwin a collecté des échantillons dont l'étude a abouti à la théorie de l'évolution des espèces. Ou à celles du prince Albert Premier de Monaco à bord du Princesse Alice, ou encore aux expéditions Thor (1908-1910) et Dana (1921 - 1922). Un navire océanographique, lui, réalise des campagnes, avec des objectifs précis portés par diverses équipes scientifiques. Chacune a quelques semaines pour réaliser ses expériences et il est difficile de modifier le programme même si l’on observe quelque chose de nouveau et d’imprévu. On ne déroute pas un grand navire océanographique… L’expédition du Tara, elle, a duré près de trois ans ! Et elle a fait le tour de la Terre, Arctique excepté. Les équipes ont pu faire de longues stations aux mêmes endroits, changer de route en fonction de la météo et même improviser de nouvelles expériences.

F-S: Quand pourra-t-on établir un bilan de cette expédition ?

Gabriel Gorsky: J'espère que les scientifiques travailleront encore sur les résultats de Tara Oceans dans cent ans, comme certains collègues travaillent actuellement sur les échantillons de l'expédition Thor ! Le travail réalisé par les équipes est vraiment exceptionnel. Aujourd'hui, nous terminons la collection des échantillons et commençons leur analyse.

F-S: Pourtant le Tara est un voilier d’exploration polaire et pas un navire océanographique ?

Gabriel Gorsky: Cela a apporté beaucoup de contraintes. C’est là-dessus que nous avons travaillé à partir de 2007. J’étais alors le coordinateur de l’océanographie opérationnelle et nous avons dû étudier ou adapter des techniques de prélèvements et de conservation aux conditions de vie sur un voilier de 36m alors que les navires océanographiques sont deux fois plus longs et bien mieux aménagés. Et c’est un travail dangereux et difficile que de faire des prélèvements physiques, chimiques et surtout biologiques en haute mer sur un navire qui bouge beaucoup. Mais nous avons réussi et je suis fier de ce que nous avons fait. Nous n’étions pas sûrs, au départ, de faire aussi bien. J’en suis émerveillé tous les jours…


Gabriel Gorsky sur le pont en train de récupérer les micro-organismes planctoniques récoltés dans un collecteur.
© S. d'Orgeval/Tara Expéditions
F-S: Quelles études ont été réalisées en haute mer ?

Gabriel Gorsky: Les équipes de Tara Oceans ont travaillé sur la distribution des différentes espèces du plancton, c’est-à-dire tous ces organismes, petits ou grands, qui sont emportés par les courants, nageant seulement en montant ou en descendant dans la colonne d’eau. Ce sont les bactéries, les méduses y compris les géantes, les algues microscopiques, les larves de poissons, les petits crustacés… Cette masse vivante respire et capte du gaz carbonique de l’atmosphère pour un bref délai ou pour très longtemps lorsque les organismes morts vont sédimenter au fond de l’océan.


Platynereis, un annélide des Gambier, élégant membre du plancton.
© Kahi Kai/Tara Expéditions
La compréhension de ces mécanismes est donc capitale pour saisir les interactions entre la biomasse des océans et le carbone atmosphérique. Et pour chercher à comprendre l’état du plancton, il faut comprendre sa diversité, écologique et génétique, dans le contexte physicochimique changeant. C’est ce que nous avons fait à bord du Tara.

F-S: Pensez-vous que ce genre de travail aura un impact au-delà du milieu scientifique ?

Gabriel Gorsky: Notre travail est d’apporter de nouvelles connaissances, et ce dans un domaine crucial. Nous sommes 7 milliards et nous serons bientôt 10 à 15 milliards. Notre influence sur notre planète est phénoménale et nos besoins en énergie vont croissant. La pollution est un fléau et nous allons bientôt polluer l’Arctique. Concernant la nourriture, l’enjeu est semblable. Compte tenu de la mauvaise gestion des ressources marines, j'ai l'habitude de dire, « il faut manger des méduses ! » C’est un bon régime à basses calories. Il est indispensable de développer une conscience citoyenne. L’égocentrisme humain est un cancer pour notre planète mais je pense que le salut viendra de la conscience grandissante de nos enfants.

* Tara Oceans
* Observatoire océanologique de Villefranche-sur-mer
* Lars Stemmann

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 30 mars 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/tara-oceans-de-retour-dans-cent-ans-on-travaillera-encore-sur-ses-resultats_37504/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Ven 13 Avr 2012 - 21:33

Le navire Tara est revenu… et l’aventure continue au labo

Samedi 31 mars 2011, la goélette Tara est entrée dans le port de Lorient, d’où elle était partie en septembre 2009, au milieu d’une foule immense. Le succès médiatique est réel mais le succès scientifique de cette mission internationale, moins visible, est aujourd’hui assuré et promet de belles découvertes dans les mois et les années à venir. Visitez avec nous le navire qui vient d’écrire une page de l’océanographie mondiale. Sans exagération.

« Une expédition comme celle-là intéresse les gens », lance Éric Karsenti, biologiste à l’EMBL (Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire, Heidelberg) et codirecteur de Tara Oceans, avec Étienne Bourgois, directeur de la société Agnès b., tous deux à l’origine du projet. En deux ans et demi et 115.000km, Tara a visité 32 pays et n’a délaissé que l’Arctique… mais ce n’est que partie remise. Le scientifique a raison, quand Tara, ce 31 mars 2012, retrouve son port d'attache, Lorient, une armada de 200 bateaux l’accompagne depuis l’île de Groix et plus de dix mille personnes s’entassent sur les quais pour voir le navire accoster. Une ambiance digne de l’arrivée de la "Route du rhum".


Le Tara est une goélette - le mât avant est plus petit ou, comme c'est le cas, en l'occurrence, aussi haut que le mât principal - à coque
d'aluminium et double quille relevable, conçue pour résister à la glace. À bord de ce navire de 36m de long pour 10m de large,
la place est comptée pour la quinzaine de personnes, équipage et scientifiques, qui œuvrent à bord.
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
L’événement est médiatique mais aussi scientifique, comme nous l’expliquait Gabriel Gorsky, directeur du Laboratoire de Villefranche-sur-Mer et l’un des coordinateurs scientifiques de Tara Oceans. Pour l’essentiel, la mission était tournée vers le plancton et réunissait à chaque station trois types d’analyse.

<> Imagerie: reconnaissance visuelle des organismes planctoniques réalisée de deux manières. Dans le milieu, la « rosette », cet engin descendu 600 fois jusqu’à, parfois, deux mille mètres, était équipé d’une caméra filmant une tranche d’eau d’un litre et transmettait ses données à un ordinateur embarqué qui analysait les images en temps réel pour compter les organismes planctoniques tout au long de la descente. Dans le bateau, un « laboratoire sec » abrite notamment un microscope et un cytomètre à flux, compteur automatique d’organismes microscopiques.

<> Génomique: les prélèvements de plancton, après filtration, sont congelés dans l’azote liquide et seront analysés selon les méthodes de la « métagénomique », c'est-à-dire que le matériel génétique est analysé globalement et les gènes sont identifiés, pour déterminer les organismes présents, des virus aux larves.


Le portique, à la poupe du Tara, permet de descendre les filets à plancton
et les instruments de mesure, à l'aide d'un câble d'acier de 2.000m.
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
<> Océanographique: à chaque prélèvement, une sonde mesurait la température, la salinité et la profondeur. Avec le courant et les conditions météorologiques, c’est tout le contexte physicochimique qui peut ainsi être rapproché des observations biologiques.

À la recherche des gènes
« Jamais, à une aussi grande échelle, une telle association de ces trois domaines n’avait été faite, explique à Futura-Sciences Olivier Jaillon, chercheur au Génoscope d’Évry, qui dépend du CEA. Grâce à elle, nous pouvons caractériser l’écosystème planctonique. L’analyse génétique nous permet d’abord de cataloguer les communautés de virus, d’archées [micro-organismes ressemblant à des bactéries, NDLR], bactéries et eucaryotes [organismes unicellulaires, petits animaux ou larves, NDLR]. »


La rosette, mise au point au laboratoire de Villefranche-sur-mer, par Marc Picheral. Elle porte dix bouteilles de prélèvement et, visible
au premier plan, l'UVP, Underwater Vision Profiler. Cette caméra, dirigée vers le bas, filme tout au long de la descente
la tranche d'eau éclairée par deux projecteurs horizontaux. Un ordinateur capte les images et compte
les organismes en temps réel, entre 500 microns et quelques centimètres. Des structures fragiles
sont ainsi repérées et identifiées, alors qu'elles seraient écrasées dans un filet à plancton.
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
Il faudra aussi chercher des gènes particuliers, par exemple ceux impliqués dans les systèmes de photosynthèse, ou en dénicher de nouveaux pour découvrir des fonctions biologiques inconnues. Pour cela, il faut… des ordinateurs. La spécialité d’Olivier Jaillon est d’ailleurs la « bio-informatique », une discipline qui consiste à exploiter d’énormes bases de données, par exemple les centaines de milliers de mesures récoltées par Tara Oceans.

L'analyse des données de Tara Oceans, une autre aventure
« Cette phase d’analyse coûtera plus cher que l’expédition elle-même… », ajoute-t-il, laquelle est estimée à près de 10 millions d’euros. Pour les responsables de l’expédition, l’heure est donc à l’organisation des analyses, un travail international. Les données en provenance du Tara sont rassemblées à l’EMBL puis distribuées vers des laboratoires européens et américains. Il faut aussi trouver des financements… L’affaire est encore loin d’être bouclée mais ce projet d’exploitation des données, Océanomics, a été retenu le 28 février 2012, pour le financement par le Grand Emprunt.


Le laboratoire sec , les biologistes s'y sentent à l'étroit, tout doit être arrimé, « il y fait chaud au niveau de l'équateur,
avec la clim', il faisait 40° ici »
, témoigne Christian Sardet, biologiste marin. « Et sans hublot, l'endroit est propice
au mal de mer. »
Mais les chercheurs y ont tout de même fait leur travail...
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
« À côté des grandes campagnes océanographiques, l’approche intégrée de Tara Oceans doit nous permettre de retraverser Darwin ! », s’enthousiasme Françoise Gaill, directrice de l’Institut Écologie et Environnement du CNRS, qui s’attache à coordonner et soutenir le travail des laboratoires autour des résultats de Tara Oceans.


Un jeune goéland, installé sur le port de l'île de Groix, s'intéresse au Tara, cette goélette - le mot vient d'ailleurs du nom de
cet oiseau... de 36m. Malheureusement pour cet amateur de poissons,
ce navire ne ramène dans ses filets que du plancton.
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
« Les analyses génétiques et génomiques des écosystèmes planctoniques nous feront découvrir où sont les originalités parmi les fonctions métaboliques et écosystémiques. Elles nous permettront aussi des recherches plus spécifiques. Nous pourrons mieux comprendre la diversité des machineries cellulaires, témoignage de l’évolution des organismes. » Pour cela, insiste-t-elle, « il faudra mieux organiser le travail à l’échelle internationale sur ce genre d’étude d’ampleur planétaire. »

* Directeurs de l'expédition Tara
* Institut Écologie et environnement du CNRS

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, du 2 avril 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/tara-oceans-le-navire-tara-est-revenu-et-laventure-continue-au-labo_37868/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Ven 13 Avr 2012 - 23:54

« Nous avons maintenant un trésor dans les bras... »

Le navire Tara revenu à Lorient, une autre aventure commence. Celle de l’analyse des données récoltées autour du monde, et qui concernent notamment le plancton. Christian Sardet, l’un des fondateurs et des coordinateurs scientifiques de l’expédition Tara Oceans, est biologiste à Villefranche-sur-mer. Il nous explique pourquoi l’exploitation des données est aujourd’hui un vrai défi.

« Concernant l’étude du plancton, Tara Oceans est l’expédition la plus large et la plus ambitieuse depuis Challenger », affirme d’emblée Christian Sardet, biologiste, chercheur au CNRS à Villefranche-sur-mer et spécialiste de tout ce que l’on a du mal à voir à l’œil nu dans l’eau de mer. Pour mieux comprendre son travail et sa passion, une bonne solution est de visiter l’extraordinaire galerie de vidéos et de photos, Les chroniques du plancton, à mi-chemin entre art et biologie marine.


Une image obtenue à bord du Tara en avril 2010, dans l'Océan Indien. L'animal bleuté, qui évoque Dumbo l'éléphant volant, est un
mollusque ptéropode (Cavolinia sp.) d'un demi-centimètre. Il nage à l'aide de ses deux ailes, appelées parapodies et dirigées
vers l'avant. Sur son flanc gauche, l'organisme de couleur orangée est un ostracode, minuscule crustacé enfermé
dans une carapace. Plus à gauche, deux copépodes, ces petits crustacés nageurs,
dont il existe de très nombreuses espèces. À voir sur "Les chroniques du plancton".
© Christian Sardet
Le Challenger, c’est le nom du navire britannique qui effectua entre 1872 et 1876 la première grande campagne océanographique. Jamais auparavant, on n’avait poussé aussi loin l’exploration des mers ni étudié l’océan mondial en tant que tel. Au bilan figurent la découverte de milliers de nouvelles espèces mais aussi de la dorsale médioatlantique ou de la Fosse des Mariannes, sans oublier les données sur les températures, les salinités et les courants, en surface et en profondeur.

Tara réunissait biologistes, physiciens et océanographes
La comparaison a donc de la force… Comme nous l’expliquait Gabriel Gorsky, l’expédition Tara Oceans est très différente d’une campagne océanographique effectuée sur de grands navires, qui concentrent plusieurs équipes sur des missions assez courtes et précisément définies avant le départ. « Les campagnes donnent d’excellentes photographies de la situation mais il est difficile de passer à une échelle plus globale », confirme Christian Sardet. Pendant deux ans et demi, la mission Tara Oceans, elle, a effectué des séries de mesures, toutes de manière identique, lors de « stations », lorsque le navire est immobilisé dans une zone intéressante (tourbillon, remontée d'eau, station de référence). Il s’agissait pour l’essentiel d’étudier le plancton, mais quand l’équipage descendait à l’eau « la rosette », cet ensemble de bouteilles de prélèvements et d’appareils de mesure (250kg une fois les bouteilles emplies), c’est une série de données physicochimiques (températures, salinités, etc.) sur la colonne d’eau qui était enregistrées.


Où sommes-nous ? Dans le laboratoire humide du Tara, installé sur le pont à l'arrière. Juste un peu plus grand qu'un placard à
vêtements, le local abrite les systèmes de filtration, ici à droite, recevant l'eau de mer par des tuyaux. Les mailles
des filtres varient de 0,2 à 10 microns, selon les types d'organismes que l'on souhaite isoler.
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
Le travail était donc puissamment multidisciplinaire. « Pour le guidage du navire [c’est-à-dire trouver les emplacements les mieux adaptés pour les stations, nous reviendrons sur ce sujet, NDLR], les physiciens étaient à la manœuvre, mais pour l’identification des espèces, les biologistes prenaient le relais. Ce n’est pas si facile ! » Sur les prélèvements eux-mêmes, plusieurs métiers étaient mobilisés.


La goélette Tara au mouillage. Sur l'arrière, le portique et la zone de travail pour les biologistes.
© Jean-Luc Goudet/Futura-Sciences
« Nous associons systématiquement l’imagerie, la génétique et l’étude des paramètres physicochimiques, poursuit Christian Sardet. Ainsi, nous avions une vue complète du plancton, des virus aux siphonophores en passant par les bactéries et les larves de poissons ou d’invertébrés. Effectué tout au long de l’expédition, dans tous les océans du monde, ce travail donne donc une image précise et globale du plancton à l’échelle planétaire à l’époque actuelle. Nous savons déjà que la collecte est un grand succès. Maintenant, nous avons un trésor sur les bras ! Le challenge, aujourd’hui, est d’exploiter au mieux les données. Il faudra beaucoup de temps… »

* La mission Tara Oceans
* Expédition Tara Oceans
* Tara Oceans: le journal de bord
* Les chroniques du plancton

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, du 4 avril 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/tara-oceans-a-nous-avons-maintenant-un-tracsor-dans-les-bras-a_37805/

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MessageSujet: Re: Les Tribulations de la Goélette Tara...   Jeu 19 Avr 2012 - 21:23

Les satellites et les gliders au service des océanographes

Pourquoi plonger une sonde de prélèvement ici plutôt que là ? Lorsque l’on est au milieu de l’océan, il faut demander aux satellites ou envoyer des gliders en éclaireurs. Efficace mais pas si simple, comme nous l’explique Fabrizio d’Ortenzio, participant à Tara Oceans et océanographe à Villefranche-sur-Mer, là où a été conçue la « rosette » et là où l’on observe en continu le courant Ligure depuis la fin du XIXe siècle.

Mesurer en plusieurs endroits la température, la salinité, le courant ou les populations de plancton le long de la route d’un navire peut réserver des surprises. Les océans, en effet, sont parcourus de courants, qui vont parfois d’un continent à l’autre et peuvent s’enrouler en une boucle. Ces mouvements circulaires, emportés par la force de Coriolis, s’appellent des gyres ou des tourbillons, et sont de tailles très variables. « Ce sont les structures de la mer, explique Christian Sardet, biologiste au CNRS et spécialiste du plancton. Les petits tourbillons peuvent faire une cinquantaine de km de diamètre et même se déplacer jusqu’à 6 milles nautiques en deux ou trois jours. »


Un glider en train de remonter, en Méditerranée, près de Chypre. Cet engin de 1,50m pour 12cm de diamètre évolue dans le plan vertical
en vidant ou en emplissant ses ballasts. Ses gouvernes lui permettent de tourner, donc de se déplacer dans le plan horizontal. Sa vitesse
est faible, ainsi que sa capacité d'emport. En revanche, son autonomie peut atteindre plusieurs mois. Il effectue des mesures
régulièrement mais ne fait aucun prélèvement. En général, il descend de 1.000m puis remonte pour se positionner avec
son GPS. Ce qui permet de mesurer sa dérive et donc le courant affectant la masse d'eau dans laquelle il se trouve.
Il en profite également pour transmettre ses données par radio
et recevoir de nouvelles instructions. Ensuite, il replonge.
© D. Sauveur/Fonds Tara
Résultat, si, sans le savoir, les océanographes envoient leurs sondes au milieu, dans l’eau en quelque sorte enfermée au centre du tourbillon, puis dans le courant puis enfin au-delà du gyre, les conclusions seront complètement faussées. Il faut donc savoir repérer ces structures mouvantes. Mais, à l’œil, depuis le navire, elles sont difficilement détectables. De tels tourbillons, immenses, sont bien calmes.

Prévisions océanographiques grâce aux satellites
Alors les océanographes doivent aussi être physiciens. C’est le cas de Fabrizio d’Ortenzio, qui travaille au Laboratoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer (LOV) et qui a collaboré à l’Expédition Tara Oceans. Pour savoir où se trouve le navire parmi ces gyres, la première source d’information vient du ciel. « Les satellites donnent des informations en temps réel, comme des bulletins météo. Ils nous donnent les températures, les courants, les concentrations de phytoplancton… »

Avec l’imagerie radar, qui consiste à envoyer un véritable flash vers la surface et à recueillir l’écho pour mesurer le temps de l’aller et retour, les satellites environnementaux peuvent mesurer, si l’on peut dire, l’altitude de la mer à quelques centimètres près. Au niveau des gyres, la surface est très légèrement bombée, dans un sens ou dans l’autre selon le sens de rotation, ce qui les rend visibles sur les images radar. « Ces données nous indiquent le contexte océanographique, résume Fabrizio d’Ortenzio. Mais nous avons aussi des prévisions de la situation à plusieurs jours et également, bien sûr une prévision météo sur l’état de la mer. Et tout cela nous permet de venir positionner le bateau avec une bonne précision. Sur le Tara, les stations longues pouvaient durer trois jours, il ne fallait donc pas se tromper ! »


Carte réalisée grâce aux données satellite durant l'Expédition Tara Oceans. Elle montre la partie est de la Méditerranée, avec l'île de Chypre
en haut à droite. La carte indique la hauteur du niveau de la mer par rapport à la moyenne. En bleu, le niveau est plus bas, en rouge il est
au-dessus. Ces données sont importantes à connaître sur place. La tache rouge au Sud de Chypre indique la position de l'équipe Tara
et des mesures qui seront réalisées par des gliders. Ainsi, le contexte océanographique sera bien connu.

© D. Hayes et al./Locean
« Mais les satellites ne voient pas sous la surface… Les gliders font le même travail que les satellites sous l’eau ! », commente Fabrizio d’Ortenzio. Les gliders, ce qui, en français, signifie planeur mais personne n’emploie ce mot, sont des engins sous-marins autonomes qui fonctionnent par modification de leur flottabilité à l’aide de ballasts. Ils peuvent glisser vers le bas ou vers le haut, s’orientant à l’aide de plans mobiles, comme les gouvernes d’un avion ou d’un planeur. Leur consommation est très faible et leur autonomie se mesure en semaines, voire en mois. Une fois lâchés dans l’eau, ils descendent selon le profil voulu et mesurent température, salinité et concentration en phytoplancton. Ils fournissent aussi la valeur du courant puisque, évoluant très lentement, ils dérivent beaucoup.

« Durant le passage à Chypre, nous avons utilisé six gliders, lâchés du port de Limassol, qui ont exploré le Sud de l’île jusqu’à 1.000m de profondeur, rapporte l’océanographe. Aux Marquises, dans l’Océan Pacifique, nous en avons lâché un depuis le bateau. » Durant l'Expédition Tara Oceans, ces gliders travaillaient entre la surface et environ un millier de mètres de profondeur, occupant une équipe réunissant les spécialistes du LOV et ceux de Locéan (Laboratoire d'Océanographie et du climat), Laurent Mortier et Pierre Testor.


Au large des Marquises, dans l'Océan Pacifique, un glider a été utilisé depuis le Tara, et
non depuis la terre. Hervé Legoff et Mathieu Oriot sont ici en train de le récupérer.
© Sybille d'Orgeval/Tara Expéditions
Ces engins sont aujourd’hui utilisés en routine, leur grande autonomie permettant des sorties longues. « Ils sont particulièrement utiles là où les conditions varient beaucoup dans le temps et dans l’espace. Ils donnent alors des indications impossibles à obtenir avec des satellites. » La station de Villefranche-sur-Mer en envoie un par mois, qui reste en mer durant une semaine. Ses mesures poursuivent le travail effectué depuis un siècle et demi dans cet observatoire océanographique installé près de Nice. En 1850, Carl Vogt y étudiait déjà le plancton dans la baie. « Cette baie est profonde, explique Christian Sardet, et le courant ligure y apporte des populations planctoniques très différentes. Depuis la fin du XIXe, nous avons là une série continue de mesures, sans doute la plus longue du monde. »

Ce n’est donc pas un hasard si c’est là qu’a été conçue la fameuse « rosette » de Tara, par Marc Picheral. Cet engin de 250kg au total porte des bouteilles de prélèvement et une sonde CTD (Conductivity-Temperature-Density), qui mesure la température, la salinité (évaluée par la conductivité électrique) et la pression. À raison de 24 mesures à la seconde durant la descente qui peut atteindre 1.000m, l’engin envoie au bateau jusqu’à 240.000 données. Associées aux observations visuelles du plancton et à l’analyse métagénomique des ADN récoltés, une telle plongée renseigne donc sur l’eau, ses caractéristiques et son peuplement dans la colonne. Après les quelque 600 descentes de la rosette, il ne reste plus qu’à rassembler les résultats, en les associant aux courants, aux gyres, à la profondeur, à la météo, aux salinités, à la saison, au lieu, à la latitude, etc. Il faudra seulement un peu de temps. Quelques décennies, peut-être.

* Fabrizio d’Ortenzio
* PDF sur l'étude au Levantin
* Locéan
* Laurent Mortier et Pierre Testor

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, du 10 avril 2012
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/tara-oceans-les-satellites-et-les-gliders-au-service-des-oceanographes_37817/

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