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 Oceanographie, l'actu...

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tanka
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MessageSujet: Oceanographie, l'actu...   Ven 13 Mai 2011 - 14:45

Les océans pour les nuls

Comment est fait l’océan mondial ? Comment se met en marche la mécanique des courants ? Quels sont ses rapports avec sa compagne l’atmosphère ? Pour le savoir, Futura-Sciences a fait au plus simple: en lui tendant le micro. Plus causant qu’on ne l’imagine, l’océan nous a parlé…
Il couvre plus de 70% de la surface de la Terre. De l’espace, c’est surtout lui que l’on voit, avec les nuages. Pourtant, c’est l’endroit le plus mal connu de la planète, aujourd’hui moins bien cartographié que Mars. Pourtant, une armée de scientifiques le parcourt et l’étudie sans répit depuis longtemps. Les premières études systématiques puis les premières expéditions de longues durées, à commencer par la pionnière du genre, celle du Challenger (1872-1876), remontent au XIXe siècle. Ces travaux aboutissent au fondement d'une nouvelle science: l’océanographie.

Les scientifiques explorent alors un monde très mal connu, presque une autre planète, et doivent forger de nouvelles méthodes de travail, imaginer de nouveaux concepts et entretenir une large pluridisciplinarité. Physiciens, géologues, chimistes et biologistes doivent se lire les uns les autres et les météorologues rejoindront vite le bataillon.

Après un siècle et demi de labeur, l’océan mondial - une expression utilisée par les océanographes - est vu comme une machinerie complexe, en interaction avec l’atmosphère et les écosystèmes. Il méritait bien un mois spécial et, d’abord, de se présenter lui-même…


Vue de l'espace, la Terre mérite mal son nom...
© Nasa
Futura-Sciences: Bonjour, océan mondial. Merci de nous recevoir et d’accepter de répondre à nos questions.

L’océan: C’est tout naturel. J’espère que mes réponses ne seront pas trop vagues et suffisamment profondes… (rire)

FS: Tout d’abord, comment allez-vous ?

L’océan: Je vais très bien, merci. J’ai juste pris un peu d’embonpoint ces derniers temps…

FS: Vous voulez parler du réchauffement climatique, qui fait monter le niveau de la mer ?

L’océan: C’est cela même. Mais vous savez, j’ai l’habitude. En 4 milliards d’années, j’ai eu des hauts et des bas. Mon épaisseur (enfin... le niveau de la mer comme vous dites) a varié de plusieurs centaines de mètres… Il n’y a pas si longtemps, durant les dernières grandes glaciations, ma surface était environ 120 mètres plus bas qu’aujourd’hui. Depuis, je reprends du poil de la bête. Sur les 150 dernières années, le phénomène s’est accéléré: j’ai gagné 2,50 mètres en hauteur. C’est rapide. Je crois que c’est un peu de votre faute. Moi, en fait, cela ne me dérange pas trop. C’est plutôt votre problème… Je suis en train de rogner vos côtes et c’est là que vit la majorité de l’Humanité.

FS: Pourquoi cet embonpoint ? Vous mangez trop ?

L’océan: Disons que je bois trop d’eau douce, celles des glaciers continentaux et des inlandsis, ces grandes couvertures glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, qui enferment d’énormes quantités d’eau et qui se réduisent quand le climat est plus chaud. Mais ce qui me fait gonfler, c’est surtout l’élévation de température de mes eaux superficielles. Disons les premières centaines mètres. Quand elles sont plus chaudes, elles occupent davantage de volume (leur densité diminue).


Le 17 octobre 2009, le gouvernement des Maldives se réunit symboliquement sous l'eau. Le président Nasheed signe l'appel à lutter contre
les émissions de CO2 qui conduisent à élever le niveau des mers, menaçant la survie des sociétés vivant sur des îles peu élevées.
© The President's Office, République des Maldives
FS: Les eaux profondes ne se réchauffent donc pas ?

L’océan: Pas beaucoup. Je ne vais pas vous apprendre que l’eau chauffe moins facilement que l’air, tout de même. Quand vous prenez un bain chez moi, vous finissez par grelotter même quand mon eau est à la même température que l’air…

FS: C’est vrai que vous êtes très profond.

L’océan: Ce n’est pas tout à fait vrai, en fait. Il faut bien se rendre compte de mes dimensions et de mes proportions. Vous les humains, du haut de vos deux petits mètres, vous voyez en moi des profondeurs insondables. Mais je ressemble plutôt à une feuille de papier. Ce n’est pas difficile à comprendre. Je fais le tour de la Terre, ou presque. Je mesure donc environ 20.000 kilomètres, tandis que ma profondeur moyenne est de 4 kilomètres, et n’oubliez pas que mes fonds sont pour l’essentiel très plats. Prenez une piscine longue de 20 mètres avec une couche d’eau de 4 millimètres: c’est à peu près moi en modèle réduit.

FS: Pourtant, vos eaux de fond ne sont pas les mêmes que les eaux de surface ?

L’océan: Eh non ! Les transports d’eau verticaux sont typiquement mille fois plus faibles que les mouvements horizontaux. Je suis fait de couches d’eau qui glissent les unes sur les autres… Les différences entre ces couches tiennent surtout à la température et à la salinité, qui donnent à mes eaux leur densité. Les plus lourdes (plus froides ou plus salées) sont en bas et les plus légères (plus chaudes ou moins salées) sont au-dessus. C’est tout simple.

FS: Et pourquoi votre eau bouge-t-elle tout le temps ? Dans un lac, il n’y a que très peu de courant.

L’océan: Figurez-vous, mon ami, que la Terre tourne. Ma masse représente une certaine inertie. À chaque instant, surtout vers l’équateur, le sol se dérobe sous mes eaux, filant vers l’est. Alors moi, je semble aller vers l’ouest. Voyez le courant équatorial… Et quand mes courants rencontrent des continents, il faut bien qu’ils tournent.

FS: Alors, le Gulf Stream ne pourra jamais s’arrêter ?

L’océan: C’est peu probable en effet. Mais d’autres phénomènes me mettent en mouvement. Il y a les vents ! Ils n’arrêtent pas de pousser mes eaux de surface. Prenez les alizés. Entre, disons, 20° nord et 20° sud, ils soufflent toujours vers l’ouest (la rotation de la Terre doit y être pour quelque chose). Et quand mes eaux butent sur les Amériques, elles bifurquent vers les hautes latitudes, et là, elles sont poussées par des vents d’ouest.

C’est cela qui me fait tourner dans tous les sens. Et même dans le sens vertical ! Par exemple, quand une eau assez salée arrive dans une zone où la température est plus faible, elle refroidit et devient donc plus dense. Si elle est plus lourde que l’eau d’en dessous, plouf, elle plonge. C’est ce qui arrive à l’eau du Gulf Stream l’hiver en mer de Norvège. Elle coule et finit par redescendre dans l’Atlantique vers le sud, en profondeur. Dans le Labrador, en hiver toujours, c’est pire. L’eau se refroidit bien plus encore. Et le gel de l'eau en surface forme la banquise mais laisse la plus grande partie du sel dans l'eau. Très froide et très salée, c’est l’eau la plus lourde du monde. Quand elle retourne dans l’Atlantique, elle coule à pic et se retrouve au fond. On la retrouve jusque dans le Pacifique et l’océan Indien (même si elle met des siècles à faire le voyage). Chez ma copine la Méditerranée, il arrive la même chose au pied de Venise. L’eau refroidie en hiver s’écoule au fond de l’Adriatique et s’étale sur le fond. En d'autres endroits, quand les vents éloignent les eaux de la côte, ils créent une sorte d'aspiration qui fait remonter les eaux de fond.


Schéma de la circulation océanique globale. En hiver, dans les régions polaires, le refroidissement et la formation de la banquise, laquelle fait grimper
la salinité, augmentent la densité de l’eau, qui tend alors à descendre vers le fond. C’est le courant froid profond qui circule tout autour de la planète.
En surface, les eaux suivent le mouvement inverse, transportant d’énormes quantités de chaleur. Les petites flèches entre l’Europe et le Groenland,
au niveau de la mer de Norvège, montrent l’étalement en surface des eaux chaudes du Gulf Stream, en été.
© Planet Observer/INSU
FS: Vous êtes donc très lié avec l’atmosphère ?

L’océan: Je ne pourrais pas exister sans elle… Et, sans moi, elle serait bien différente. Avec près des deux tiers de la surface terrestre, c’est moi qui capte la majeure partie de l’énergie solaire. En plus, elle laisse passer la plus grande partie de la lumière, alors que moi, je l’absorbe presque complètement en 150 mètres. Quand mes eaux se réchauffent, elles transportent la chaleur plus loin (par exemple le Gulf Stream vers l’Europe). Mais je garde longtemps ma chaleur. Chez moi, sur les côtes, l’eau est plus chaude au début de l'automne qu’en été. Alors que d’un jour à l’autre, et même du matin au soir, l’atmosphère change, se refroidit, s’échauffe, envoie l’air très loin, avec des vents très rapides. Elle est un peu excitée, l'atmosphère. Moi, je suis un grand calme. Mes courants sont lents et, chez moi, l’eau reste (typiquement) des milliers d’années avant de s’évaporer. Puisque vous parlez beaucoup de changement climatique en ce moment, je vous signale que je suis en train de vous stocker du dioxyde de carbone...

FS: Voulez-vous dire que vous êtes un puits carbone ?

L'océan: Pas vraiment, mais un temporisateur quand le CO2 varie rapidement dans l'atmosphère, oui. Les eaux froides et salées que j'enfouis pour des siècles à quatre kilomètres de la surface embarquent le dioxyde de carbone qui s'est dissous en surface. Ce gaz finit par ressortir dans les zones de remontées d'eau (vos savants disent upwellings), bien sûr, mais quand les variations sont rapides, comme en ce moment, eh bien je constitue un tampon.

FS: Merci, océan...

L'océan: Oh vous savez, depuis quelques siècles, j'ai l'habitude. Vous vous servez de moi comme d'une poubelle. Aujourd'hui, je porte des milliards de minuscules déchets plastiques par exemple, sans parler de vos marées noires que je mets des années à nettoyer.

FS: Désolé...

L'océan: Pas grave. Il y a des chances que je vous survive... Et puis, je suis heureux de voir vos efforts touchants pour essayer de comprendre comment je fonctionne, pour explorer mes abysses ou pour étudier mon précieux plancton.


Le plancton (ici une larve de calmar) était au menu de l'expédition Tara Océans, dont la goélette a sillonné l'océan durant deux années.
© C. Guiguand/Tara Oceans
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 3 mai 2011 à 14h37
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/les-oceans-pour-les-nuls_29815/

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tanka
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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Ven 13 Mai 2011 - 23:26

Le monde fabuleux des méduses

Au travers du dossier réalisé par Catherine Vadon (océanographe) vous allez pouvoir découvrir le monde incroyable des méduses. Explorez mers et océans, de la surface jusqu’au fond, y compris dans les abysses ! Belles et majestueuses, elles fascinent autant qu'elles effraient...

Méduses noires géantes (Black Sea Nettle).
© Fotophillius/Flickr, Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)
On considère souvent ces tas gélatineux échoués sur le sable des plages comme des animaux dangereux, aux cuisantes piqûres venimeuses. En réalité, les méduses sont de belles et stupéfiantes créatures marines à l'incroyable diversité de formes et de couleurs...

Les jupons roses de Pelagie.
© Bertrand Laplace/Flickr, Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)
La plupart des méduses sont carnivores et immobilisent leurs proies à l’aide de leurs tentacules portant à leur surface de minuscules cellules à harpon. Mais ce ne sont pas les seules particularités de ces animaux. Voyons ici quelques-unes de leurs spécificités...

Rhizostoma pulmo.
© Alfiero Brisotto/Flickr , Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)
On en connaît plus de mille espèces, à l’incroyable exubérance de formes, de couleurs et de tailles. Les plus petites ne mesurent qu’un à quelques millimètres et sont pratiquement invisibles à l’œil nu. Chez les plus grandes, l’ombrelle dépasse 2 mètres de diamètre et les tentacules peuvent...

Les méduses sont des invertébrés.
© Fotopedia, Creative Commons by-sa license
Pour ne pas confondre les méduses avec les cténaires, et pour approfondir notre connaissances de ces animaux mystérieux, penchons-nous sur leur constitution et leur mode de vie. Les méduses sont des invertébrés...

Aurelia aurita Linnaeus, 1758.
© Luc Viatour, GNU Free Documentation License version 1.2
Bien qu’elles n’aient ni dents, ni mâchoires, les méduses sont de redoutables prédateurs ! La plupart sont carnivores et immobilisent leurs proies à l’aide de leurs tentacules...

Méduses, aquarium d'Osaka.
© Fotopedia, Creative Commons by-sa license
Les méduses se reproduisent alternativement de façon sexuée, entre mâles et femelles, et de façon asexuée, par bourgeonnement. Et pour compliquer le tout, selon qu’elles vivent près des côtes ou en pleine mer, leur reproduction a lieu de façon différente !

Pelagia noctiluca.
© Ed Bierman/ Flickr - Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)
Au large des côtes de France, les scientifiques ont recensé deux cents espèces de méduses. Mais cinq ou six d’entre elles y sont surtout abondantes. Une seule, la Pélagie...

Comment observer les méduses ?
© Matt Knoth licence Creative Commons paternité 2.0 générique
Les méduses font la joie des plongeurs et des observateurs passionnés. Couleurs, formes, constitution: elles offrent un ballet aquatique plein de merveilles. Comment réussir à les observer ?

Pelagia nocticula.
© andreaponza /Flickr, Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)
Les méduses jouent un rôle écologique important dans l’équilibre de la vie des océans, comme prédatrices et comme sources de nourriture pour d’autres animaux.

Aux Éditions Belin: Les méduses ces étranges animaux
Pour approfondir votre connaissance des méduses, parcourez l'ouvrage de l'auteur du dossier, pour un voyage dans le monde de ces étranges animaux. Aux Éditions Belin: Les méduses, ces étranges animaux.

Le 6 mai 2011 à 09h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/dossier-le-monde-fabuleux-des-meduses_29983/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Jeu 19 Mai 2011 - 18:16

La seiche, championne du camouflage... mais comment fait-elle ?

La seiche est l’une des championnes du camouflage, pouvant changer de couleur et de texture pour se fondre dans son environnement en moins d’une seconde. Elle peut donc échapper efficacement à tous ses prédateurs, si puissants leurs systèmes visuels soient-ils. Et le tout, malgré son incapacité à percevoir elle-même les couleurs !
Des insectes aux mammifères, la grande majorité des animaux possède un système visuel, plus ou moins développé. Leurs yeux sont adaptés à leurs modes de vie, leur permettant de chasser en repérant des proies, d’identifier de la nourriture ou au contraire d’échapper aux prédateurs. Ainsi, tous les systèmes visuels ne se valent pas et ce qui est perçu par un individu ne l’est pas forcément par un autre.

En effet, si les humains perçoivent une palette de couleurs allant du rouge au violet grâce à leurs trois types de photorécepteurs (sensibles au bleu, au rouge et au vert), les insectes quant à eux peuvent percevoir la lumière ultraviolette, également grâce à trois photorécepteurs, mais spécialisés dans la perception de l’ultraviolet, du bleu et du vert. L’intégration dans le cerveau des informations en provenance des trois types de récepteurs permet donc de reconstruire des images aux couleurs très distinctes suivant les espèces.

Un relooking extrême !
L’une des stratégies mises en place par les animaux menacés par des prédateurs repose sur le camouflage. Les seiches, par exemple, sont capables de changer de couleur pour s’adapter aux tons du fond marin sur lequel elles se trouvent. On parle alors de mimétisme par homochromie, un phénomène permis par la dilatation ou la contraction de chromatophores, des cellules remplies de pigments de différentes couleurs.

Ce mimétisme est si efficace qu’il peut imiter les reflets des vagues en faisant clignoter les couleurs, et même permettre des changements de la texture de sa peau, qui peut se couvrir d’épines ou redevenir complètement lisse. Ces modifications très rapides s’effectuent par réflexe (en quelques dixièmes de seconde), grâce à des actions hormonales et nerveuses.


Les seiches savent très bien passer inaperçues... (ici, elle est à droite).
© J.K. Wickiser, West Point
Selon de précédentes études, certains paramètres environnementaux semblent influencer l’efficacité du camouflage, comme l’intensité lumineuse, le contraste, la taille ou la forme des objets. Les seiches possèdent, il est vrai, une bonne perception des contrastes et sont capables de visualiser la polarisation de la lumière. Pourtant, comme tout céphalopode, ces animaux sont incapables de visualiser les couleurs !

Comment font-ils donc pour changer de tons, et surtout comment peuvent-ils réussir à « disparaître » aux yeux de tous leurs prédateurs, qui ne voient pas forcément tous de la même façon ? Pour répondre à ces questions, des scientifiques du Marine Biological Laboratory (MBL) à Woods Hole aux États-Unis se sont associés au U.S. Military Academy à West Point, et leurs travaux ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Se mettre dans la peau des prédateurs
Ils ont utilisé une technologie sophistiquée, puisqu’il s’agit d’imagerie hyperspectrale. Cette caméra vidéo un peu particulière permet d’enregistrer les seiches en plein camouflage en très haute précision de couleur grâce à sa sensibilité à 540 longueurs d’onde, distribuées tout le long du spectre lumineux. Il est ainsi possible de capturer des teintes qui ne sont ni perçues par l’Homme ni même par beaucoup d'animaux.

Malgré le manque d’informations sur les capacités visuelles des prédateurs de la seiche, cet outil permet de reconstruire artificiellement toutes les images pouvant être potentiellement perçues par les ennemis du mollusque, en réalisant, par superposition, des images di ou trichromatiques (partant du principe que les poissons ne possèdent pas plus de trois types de photorécepteurs différents).

Grâce à des observations réalisées pour la première fois comme au travers des yeux des prédateurs, il semble que l’intensité lumineuse émise par l'animal, plus que sa couleur, soit révélatrice de la présence de la seiche. Ainsi, malgré son incapacité à percevoir les couleurs, la seiche réussit très bien à adopter les couleurs et les motifs de son environnement pour passer inaperçue, quelles que soient les longueurs d'onde perçues par ses ennemis. En revanche, les secrets de sa grande adaptabilité n'ont pas encore été percés...


Les seiches savent se camoufler, en adoptant les mêmes couleurs, les mêmes motifs et les mêmes textures que les surfaces où elles se trouvent.
© Hans Hillewaert, Wikimedia, CC by-sa 3.0
Par Claire Peltier, Futura-Sciences, le 17 mai 2011 à 15h29
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/la-seiche-championne-du-camouflage-mais-comment-fait-elle_30247/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Dim 22 Mai 2011 - 16:45

Le fabuleux ballet du poulpe Dumbo

Il existe des créatures comme on n'en imagine pas, féériques, fragiles, presque irréelles et pourtant bien vivantes. C'est le cas du poulpe Dumbo (vous devinerez très vite les raisons de ce surnom) qui vogue tranquillement dans les grands fonds. Ne perdez pas l'occasion de découvrir ce curieux animal en vidéo.
Ce poulpe abyssal doit son nom à ses deux « oreilles » proéminentes qui sont en fait des ailettes qui l'aident à se diriger. Il utilise également ses tentacules pour se propulser dans les courants marins. On le trouve entre 300 et 4.000m de profondeur.


Le fabuleux ballet du poulpe Dumbo.
© RSSNOOI, YouTube.

On connaît finalement peu de choses sur lui. On sait qu'il peut atteindre 1,5m d'envergure. Le spécimen que vous pouvez voir a été filmé à l'aide d'une caméra HD à plus de 2.000m de profondeur au large des côtes de l'Oregon.


Majestueux, le poulpe Dumbo s'élance gracieusement dans les profondeurs.
© 2003 MBARI
Par Mylène Bertaux, Futura-Sciences, le 21 mai 2011 à 09h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/bonus-le-fabuleux-ballet-du-poulpe-dumbo_30320/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 25 Mai 2011 - 19:51

Les abysses, gardiennes de l'origine de la vie ?

Au travers du dossier réalisé par Daniel Desbruyères (chercheur pour Ifremer) vous allez découvrir un univers encore moins connu que l'espace: les abysses. Partez à bord du Nautile et du Victor, les engins les plus perfectionnés de l'Ifremer, et plongez au cœur des sources hydrothermales, les oasis des profondeurs. Vous allez également surprendre de bien étranges créatures au cours de ce voyage. Et si les abysses gardaient dans leur profondeur le secret de l'origine de la vie ? Et s'il existait des abysses ailleurs ?

Le monde des abysses n'est-il qu'un désert ?
© Ifremer Phare/Daniel Desbruyères
Le milieu abyssal, où règnent le froid et l'obscurité, couvre 307 millions de kilomètres carrés, soit les deux tiers de la surface du globe. Il a longtemps été considéré comme un désert: pas de lumière, pas de photosynthèse...

Zone de nodules du Pacifique central.
© Ifremer - Naudinaut/Daniel Desbruyères
Les abysses sont, dans l'imaginaire collectif, un monde de silence et d'absence de vie, où seule règne l'obscurité.

Le Nautile, sous-marin de l'Ifremer.
© DR
Pour observer, prélever, mesurer et expérimenter au plus profond des océans, les scientifiques français disposent du sous-marin habité Nautile, et du robot téléopéré Victor 6000. Lancé en 1984, le Nautile peut intervenir jusqu'à 6.000m...

Une source hydrothermale.
© Ifremer
Parmi les premières observations sur la dynamique du système abyssal, une expérience fortuite fut réalisée à l'occasion d'un accident du submersible américain Alvin. C'est en perdant au fond des eaux son sandwiche que le pilote du submersible accidenté put faire une étonnante découverte.

Paroi de fumeur hydrothermal.
© Ifremer/Phare/Daniel Desbruyères
Avec la découverte des sources hydrothermales, c'est aussi tout un écosystème que l'on dévoile: températures, répartition des organismes... Le milieu hydrothermal est constitué de la...

Les vers de Pompéi
Dans l'environnement des cheminées hydrothermales, on rencontre donc des espèces qui se sont adaptées à ce milieu si particulier. Parmi elles se trouvent les vers de Pompéi, qui vivent exclusivement dans ce milieu.

La lumière est une énergie normalement essentielle à la survie des plantes.
© DR
Les fonds océaniques sont caractérisés par l'absence de lumière. Sans lumière, il n'est pas possible de produire la photosynthèse. Comment des plantes arrivent-elles à y vivre ? La lumière est une énergie normalement essentielle à la survie des plantes.

Population de Riftia pachyptila.
© Ifremer/Phare
Si l'importance de la chimiosynthèse dans l'écosystème hydrothermal est un fait maintenant établi, les mécanismes de transmission entre producteurs et consommateurs sont plus surprenants.

Microbiologistes isolant des souches anaérobies.
© Ifremer/Dugornay/Daniel Desbruyères
Sur Terre, la plupart des formes de vie connues sont adaptées aux températures ambiantes, entre 15° et 45°C. Mais certains microorganismes thermophiles ont leur croissance maximale située entre 45° et 70°C. C'est le cas des Archaea...

Le milieu hydrothermal est-il le berceau de la vie ?
L'environnement hydrothermal aurait-il pu être le lieu de synthèse des premières molécules organiques, où les premières formes de vie se seraient développées sur la Terre ? Le milieu hydrothermal est-il le berceau de la vie ? Plusieurs arguments pourraient soutenir cette hypothèse...

Europe, satellite de Jupiter.
© DR
Si l'environnement hydrothermal peut être à l'origine de la vie sur Terre, pourquoi ne pourrait-il pas l'être également sur d'autres planètes ? La présence de systèmes hydrothermaux « marins » dans certains corps célestes comme Europa, la lune de Jupiter, ont été proposés.


L'incroyable découverte des sources hydrothermales sur la dorsale des Galápagos.
© Ifremer
Le 23 mai 2011 à 12h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/dossier-les-abysses-gardiennes-de-lorigine-de-la-vie_30067/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 25 Mai 2011 - 19:53

Des récifs artificiels pour sauver les poissons

Au travers du dossier réalisé par Éric Charbonnel (biologiste marin et plongeur scientifique) vous allez pouvoir découvrir le rôle des récifs artificiels dans le développement de la biodiversité marine. La pression exercée sur les littoraux est devenue tellement forte que c'est maintenant à l'Homme d'essayer de redonner aux poissons un habitat convenable. Voici un tour d'horizon des différents récifs artificiels, aux objectifs variés, allant de la production au loisir, en passant par la protection.

Le mérou vit dans les récifs.
© Éric Charbonnel - Tous droits réservés
Face aux pressions constantes exercées par les activités humaines sur le littoral et aux dégradations de l’environnement marin et de ses ressources, les récifs artificiels représentent un des outils de gestion intégrée de la bande côtière et des ressources littorales les plus performants...

Récif artificiel expérimental au Parc national de Port-Cros.
© Alexis Rosenfeld
Un récif artificiel peut se définir comme une structure immergée volontairement dans le but de créer, protéger ou restaurer un écosystème. Le concept des récifs artificiels est...

Les récifs artificiels se distinguent en trois types.
© CRPM
On distingue généralement trois grandes catégories de récifs artificiels: les récifs de production, les récifs de protection et les récifs paysagers.

Aquarelle représentant des récifs artificiels utilisés en France.
© DR
Les récifs artificiels proposent donc des sites privilégiés pour développer la biodiversité marine. Mais y en a-t-il assez ? Sont-ils présents dans tous les océans et mers ? Quelle est la situation en France et dans le monde ?

Les pageots font partie des espèces qui se multiplient bien dans les récifs artificiels.
© DR
Les récifs artificiels sont généralement installés dans des zones où il n’y a que du sable ou des fonds plats. Cet apport d’un habitat très complexe, fait de substrats durs, a des conséquences flagrantes sur la biodiversité locale, pour la flore et la faune fixées comme pour la faune...

Les récifs artificiels: quels avantages pour la pêche ?
© DR
Si les récifs artificiels diversifient et développent la biodiversité marine, quelles conséquences ont-ils sur la pêche ? Sont-ils avantageux pour cette activité commerciale ?

Exemple de récif réalisé au parc marin de la Côte Bleue (17,5km d’alignements de récifs sur 30km de côte)
avec des récifs de production et de protection.
© E. Charbonnel
L’élément clé de la réussite biologique d’un récif artificiel, c’est à la fois son architecture et son urbanisme. L’architecture des modules unitaires dépend des matériaux, de leur forme, leur hauteur, leur longueur et leur volume. L’assemblage des modules entre eux sur le fond fait appel à des...

Exemple à ne pas suivre: utilisation de pneumatiques usagés.
© E. Charbonnel - Tous droits réservés
La plupart des récifs sont construits en béton armé (avantage de l’utilisation d’un matériau inerte, durable et modulable) dont les formes sont issues du BTP, ce qui fait aussi qu’on peut reprocher aux récifs actuellement utilisés leur manque d’esthétisme. Si l’efficacité biologique des modules...

Comment augmenter le rendement d'un récif artificiel ?
© DR
L’efficacité biologique d’un récif artificiel est directement liée à la diversité et la complexité des structures et des cavités qui le composent. C’est la raison pour laquelle les rendements des récifs peuvent être optimisés de manière simple, avec plusieurs types de matériaux de garnissage...

Plongeur scientifique inventoriant les poissons sur un récif artificiel.
© Alexis Rosenfeld
Les récifs artificiels représentent un des outils de gestion intégrée des ressources littorales les plus performants, après la mise en place d’aires marines protégées.

Le 23 mai 2011 à 16h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/dossier-des-recifs-artificiels-pour-sauver-les-poissons_30054/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 6 Juil 2011 - 17:52

On pêche trop dans les grands fonds

L’océan n’est pas assez grand pour les estomacs humains. Les pêcheurs, confrontés à une stagnation de leurs prises malgré des efforts grandissants, doivent aller chercher plus bas. Mais les populations qui vivent là ne sont pas les mêmes et sont plus sensibles à l'exploitation.
De l’après-guerre aux années 1970, la pêche mondiale ramenait chaque année un peu plus de poissons, grâce à la modernisation des navires mais aussi à l’augmentation de « l’effort de pêche », c’est-à-dire la quantité de bateaux, leur tonnage et le nombre de jours passés en mer. Mais à partir de cette époque, quand les prises ont atteint les 60 millions de tonnes par an, la courbe ascendante a commencé à fléchir. Depuis les années 1990, la pêche mondiale stagne, se stabilisant entre 90 et 95 millions de tonnes. Pourtant, les capacités de prise des flottes de pêche ont continué à augmenter, particulièrement en Chine. Si la production halieutique, elle, augmente (elle était de 144 millions de tonnes en 2009), cette croissance est essentiellement due à la progression de l'aquaculture.

Visiblement, l’écosystème marin de la planète peine à suivre la demande des Homo sapiens. Selon la FAO (Food and Agriculture Organization) les deux tiers des ressources halieutiques en sont actuellement à leur exploitation maximale voire en surexploitation. Le cas le plus flagrant est celui de la morue, dont les stocks ne se sont pas reconstitués malgré un moratoire décidé (exécuté) en 1995.

Alors où trouver davantage de poissons ? Plus profond ! C’est vrai: sous les filets habituels vivent des populations d’animaux longtemps restés insoupçonnées. Si leurs effectifs sont rares, l’extension de leur domaine est immense. Les pêcheurs, plutôt que les scientifiques, ont ainsi découvert la richesse biologique des massifs montagneux sous-marins, qui retiennent de nombreux animaux. D'abondantes pêcheries sont maintenant exploitées, par exemple au large de l’Écosse ou autour de Madère et des Açores.


L'empereur, ou hoplostèthe orange, un poisson des grands fonds, vivant jusqu'à 2.000 mètres. En Nouvelle-Zélande, il est pêché depuis
les années 1960. Son exploitation intensive en Atlantique a fait chuter les populations au point d'interdire sa capture depuis 2010.
© Ifremer/P. Porcher
Une activité peu durable
Depuis, la pêche profonde, pratiquée à plusieurs centaines de mètres et aujourd’hui jusqu’à plus de 1.500m, a connu un essor phénoménal, passant de presque rien dans les années 1970 à environ 500.000 tonnes par an, comme le rappelle un rapport détaillé de la Bloom association, intitulé Le profil écologique et socioéconomique des pêches profondes. Une cinquantaine de pays sont impliqués dans cette pêche, mais à des degrés très divers. La Nouvelle-Zélande arrive largement en tête, avec 31% des prises mondiales de 1950 à 2008, suivie de la Russie et du Japon. À eux trois, ces pays représentent 57% de la pêche profonde durant cette période.

À regarder les chiffres de prises, on remarque une stagnation relative depuis quelques années et même une baisse récente, après un pic en 2000. En 2003, l’Europe a mis en place des quotas pour les pêches d’espèces profondes dans ses eaux territoriales, ce qui a fortement réduit les prises dans cette région. Mais, souligne le rapport de la Bloom association, la stabilité actuelle est trompeuse car elle n’est pas due à une pêche équilibrée. Comme nous l’expliquait Claire Nouvian (fondatrice de cette association), les zones de pêche sont le plus souvent des massifs montagneux sous-marins où se concentrent de nombreux animaux. La pêche intensive en un même lieu amenuise le stock de poissons en quelques années. La zone est alors abandonnée et les navires vont exploiter une autre zone.


Le grenadier de roche se pêche depuis la fin des années 1980.
© Ifremer
Des quotas pour enrayer la baisse des populations
L’étude met aussi en évidence une « expansion spécifique », c’est-à-dire une augmentation au fil des ans du nombre d’espèces pêchées. Actuellement, une demi-douzaine d’espèces sont principalement concernées, notamment l'empereur (ou hoplostète orange), la légine, la lingue bleue, le grenadier, la dorade rose et le sabre noir. L'activité s'étend aussi géographiquement, pour l’exploration de nouvelles régions, par exemple, le nord-ouest et le sud-ouest du Pacifique. Enfin, les données montrent aussi des pêches de plus en plus profondes.

Quel est l’impact de ces pêches ? Actuellement la science a du mal à le dire car ces espèces vivant en eau profonde sont très mal connues. On sait que leur métabolisme est lent, que leur maturité sexuelle est tardive et que leur longévité est grande (au moins 60ans pour le grenadier, 120ans pour l'empereur). Mais les biologistes ne peuvent qu’évaluer les stocks de manière très imparfaite. De plus, comme le souligne l'Ifremer, les écosystèmes benthiques (c’est-à-dire inféodés au fond) diffèrent de ceux du plateau continental et on ignore leur résistance aux engins de pêche.

Ce que l’on constate, c’est l’épuisement de plusieurs stocks, comme ceux de l'empereur et de la lingue bleue dans l’Atlantique nord-est. Ces observations ont conduit la Commission européenne, en 2010, à interdire la pêche à l'empereur et à certains requins. Il semble bien que la pêche profonde, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, ne puisse être une activité durable, même sur le plan économique…


La lingue bleue se pêche depuis les années 1970 et représente aujourd'hui le plus fort tonnage de la pêche profonde mondiale.
© Ifremer
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 24 mai 2011 à 18h02
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/on-peche-trop-dans-les-grands-fonds_29774/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 6 Juil 2011 - 23:36

Les éléphants de mer, océanographes et prédateurs

Au travers du dossier réalisé par Christophe Guinet (docteur en océanologie) vous allez pouvoir découvrir un projet de recherche international visant à étudier le comportement des éléphants de mer en fonction des conditions océanographiques. C'est grâce à une nouvelle génération de balises Argos et à l'appui du Cnes (programme Tosca), de l'Institut polaire et du groupe Mission Mercator/Coriolis que cette mission a pu voir le jour.

Mieux comprendre les éléphants de mer.
© fr.academic.eu
Afin de percer les secrets de la vie marine des éléphants de mer et de comprendre les dynamiques très contrastées de leurs principales populations dans l’océan Austral, un projet de recherche international associant des chercheurs britanniques, australiens et français a été lancé en...

Femelle éléphant de mer équipée d'une balise Argos et prête à partir en mer.
© Mike Fedak
Le programme mis en place vise à étudier le comportement de prospection alimentaire de cette espèce en fonction des conditions océanographiques. Pour cela, des éléphants de mer ont été équipés d’une nouvelle génération de balises Argos, balises embarquant également des...

Trajectoires des éléphants de mer équipés de balises Argos CTD et partis de Géorgie du Sud (Royaume-Uni- rouge), Kerguelen (France-bleu),
l’Ile Macquarie (Australie-rose) et les îles Shetland du Sud (États-Unis-orange) dans le cadre du programme SEAOS initialisé en 2004.
© DR
L'océan Austral est probablement l'océan le moins accessible et le moins connu de la planète, en raison de son isolement géographique et des conditions climatiques qui y règnent. Or cet océan joue un rôle fondamental dans les échanges thermiques entre l'océan et l'atmosphère et par conséquent...

Les éléphants de mer passent la plupart de leur temps dans l'eau.
© Mike Baird, Flickr CC 3.0 unported
Les éléphants de mer sont les plus grands phoques qui existent, pouvant peser plusieurs tonnes. Malgré ce gabarit impressionnant, ils se révèlent être de très bons plongeurs. Les éléphants de mer passent la plupart de leur temps dans l'eau.

On peut voir ici la surface en Antarctique, avec des eaux de différentes températures (du plus froid en bleu au plus chaud en rouge).
© DR
Les données rapportées par les balises des éléphants de mer permettent de cartographier les différences de températures et de salinité de l'océan Antarctique. On peut voir ici la surface en Antarctique, avec des eaux de différentes températures (du plus froid en bleu au plus chaud en...

Balise Argos sur un éléphant de mer.
© DR
La grande avancée technologique rendant possible cette étude fut le développement par les scientifiques et les ingénieurs du Sea Mammal Research Unit, de l'Université de St-Andrews en Écosse, de balises Argos permettant l'enregistrement et l'envoi par satellite des données de plongée et de...

Les éléphants de mers devenus océanographes !
© fr.academic.eu
Le programme d'étude océanographique avec les éléphants de mer permet donc de récolter des données précises sur l'océan Austral. Un programme conduit en collaboration entre différents pays.

Le 26 mai 2011 à 09h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/dossier-les-elephants-de-mer-oceanographes-et-predateurs_29956/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 6 Juil 2011 - 23:44

Top 15 des créatures de l'océan à connaître par coeur !

Nous arrivons à la fin du Mois des océans. Il est donc l'heure d'apprendre par cœur notre top 15 des animaux de la mer. Allez donc faire un tour du côté des cétacés et découvrez la merveilleuse diversité de ces mammifères aquatiques. Puis plongez chez les plus petits mais pourtant très importants planctons et autres méduses. Bon voyage.

Les cétacés sont bien plus proches de nous que leur apparence ne le laisse penser. S'ils ont l'air de gros poissons, ils sont pourtant dotés d'une intelligence remarquable.

Baleine bleue.
© Seabass London, Flickr CC


Baleine franche du Groenland.
© DR

Baleine noire de l’Atlantique nord.
© Cosepac

Le marsouin commun.
© DR

Une orque.
© DR

Baleine noire australe.
© manning 999, Flickr CC by-NC-ND 2.0

Baleine à bosse.
© GLOBICE Réunion

Squelette de mysticète: la mâchoire au premier plan ne présente aucune dent ni même trace d’implantation de ces dents.
© Haitham Alfalah CC by

Le rorqual commun
Partez à la découverte d'autres peuples de l'océan, plus discrets mais non moins passionnants:

Erenna, une créature proche de la méduse, découverte à environ deux kilomètres de profondeur.
Ses nombreuses tentacules émettent des pulsations de lumière rouge.
Crédits: Casey Dunn

Le pneumatophore de cette galère portugaise (Physalia physalis) est l’organe en forme de ballon.
© pixelschubser.de CC by-nc-sa 2.0

Un cténaire, aussi appelé cténophore.
© NOAA/OAR/ National Undersea Research Program

Larve planctonique de poisson d'eau froide (zooplancton).
©

Beroidae, élément du zooplancton.
Crédits: DR

Les méduses, organismes planctoniques, font partie du pélagos.
© Nick Hobgood CC by-nc 2.0



Une mère et son petit s'élèvent au-dessus des fonds coralliens qui bordent l'île de Rurutu.
© Alexis Rosenfeld- Tous droits réservés
Par Mylène Bertaux, Futura-Sciences, le 26 mai 2011 à 14h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/top-15-des-creatures-de-locean-a-connaitre-par-coeur_30413/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 6 Juil 2011 - 23:56

Les improbables créatures des abysses

Il existe des créatures sous-marines incroyables. Nous ne savons pas qu'elles existent et pourtant elles voguent paisiblement dans les profondeurs. C'est grâce à des personnes comme Claire Nouvian que nous pouvons nous rendre compte de la biodiversité incroyable qu'abritent les abysses. Découvrez-la en image.
En fondant Bloom, Claire Nouvian nous ouvre les portes des fonds océaniques car, c'est un fait, nous en savons bien plus sur l'univers lointain que sur les profondeurs marines. Nous vous proposons de découvrir en image des créatures dont vous n'auriez jamais soupçonné l'existence.


Ces poulpes à oreilles ont un comportement et une biologie très mal connus. On en rencontre fréquemment près du fond dans tous les océans du monde.
Il leur arrive de s’aventurer assez loin dans la colonne d’eau. Les plus grands spécimens peuvent atteindre 1,5 mètre.
© 2003 MBARI


Le Benthocodon est une petite méduse qui peut mesurer jusqu’à 4 centimètres de diamètre et qui vit dans les fonds marins. Elle possède entre 1.000
et 2.000 pédoncules lesquels, combinés à sa couleur rougeâtre, lui servent à attraper ses proies fluorescentes
sans attirer l’attention des prédateurs pendant qu’elle les mange.
© ex.libris, Flickr, CC BY-NC-SA 3.0


Winteria telescopa - Vise-en-l'air.
© David Shale


Anoplogaster cornuta - Poisson orgre.
© David Wrobel
Auriez-vous imaginé un jour que ces créatures existaient ? De l'adorable poulpe Dumbo à l'effrayant poisson ogre,
chacune de ces créatures est unique.
© 2003 MBARI/David Wrobel/David Shale/Bjorn Gulliksen - uw photo no
Nous les connaissons à peine et pourtant, ces créatures sont déjà menacées par les activités humaines. Mieux les connaître, c'est déjà un premier pas vers leur survie.


Poulpe à ventouses lumineuses.
© David Shale/Claire Nouvian
Par Mylène Bertaux, Futura-Sciences, le 26 mai 2011 à 16h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/en-image-les-improbables-creatures-des-abysses_30411/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Dim 10 Juil 2011 - 19:37

Mesurer le niveau des océans, un enjeu de taille

Au travers du dossier réalisé par Bruno Voituriez (océanographe) vous allez découvrir pourquoi il est fondamental de mesurer les variations du niveau des océans. Que représente réellement le niveau de l'océan ? Comment le mesure-t-on ? C'est une approche complète, depuis la fonte des glaciers jusqu'à la variation thermique, qui vous attend.

Réchauffement climatique: quelles sont les conséquences sur le niveau de la mer ?
© Janne M, Flickr CC by-NC-SA 3.0
La mesure du niveau de la mer et de ses variations permet de déterminer le niveau moyen de la mer qui est sans doute le meilleur indice que l’on puisse avoir du changement climatique. L'élévation du niveau de la mer est une préoccupation internationale depuis quelques années.

Les données satellitaires permettent d'évaluer l'élévation du niveau des océans.
©
Aviso
On parle beaucoup de l'élévation du niveau des océans, due au réchauffement climatique, mais comment détermine-t-on ce niveau et comment peut-on mesurer ses variations ? Les données satellitaires permettent d'évaluer l'élévation du niveau des océans.

Hauteur du géoïde en mètres par rapport à l’ellipsoïde de référence.
© Cnes, GRGS, CNRS
Pour parler du niveau de la mer et de ses variations il faut une référence géométrique fixe: c’est l’ellipsoïde de référence qui est au plus près de la forme de la Terre, hauteur du géoïde en mètres par rapport à l’ellipsoïde de référence. Par rapport à cette référence...

Mesure du niveau de la mer par altimétrie satellitaire.
© Cnes
Depuis le lancement en 1992 du satellite Topex/Poseidon (Cnes/Nasa) suivi de Jason 1 en 2001 et Jason 2 en 2008, on mesure maintenant régulièrement et de manière continue sur la quasi-totalité de l’océan le niveau de la mer par altimétrie satellitaire avec une précision...

Champ moyen de la pression atmosphérique en janvier et vents associés.
© The Atmosphere, Lutgens and Tarbuck, 8th edition, 2001
Anticyclones, Gulf Stream, tourbillons... Les courants marins engendrent de nombreux phénomènes océaniques, que l'auteur nous propose de mieux comprendre.

Que représente le niveau moyen de l'océan ?
© ecolomania.com
On entend souvent parler du niveau des océans, mais quels sont les éléments qui le déterminent ? Qu'est-ce qui fait son niveau moyen ? Que représente le niveau moyen de l'océan ? Le niveau moyen des océans dépend de plusieurs...

Changement du géoïde (en mm/an) provoqué par l'actuel rebond isostatique.
© Ivins and James 2005 Antarctic Science
Au sortir de la dernière période glaciaire, la fonte des calottes glaciaires nord américaines et européennes a provoqué une montée rapide du niveau des océans (~130 mètres). Il y correspond un transfert de charges: décharge sur les continents à la quelle répond une surrection des masses...

Élévation du niveau moyen de la mer au cours du XXe siècle en millimètres.
© Legos
L'une des nombreuses conséquences imputées au réchauffement climatique est la hausse du niveau moyen de la mer. Quelles ont été les mesures du XXe à aujourd'hui, et que nous apprennent-elles ? L'élévation du niveau moyen de la mer au cours du XXe siècle en millimètres...

Évolution de la température de puis 1880.
© (Nasa/Giss)
On ne peut évaluer l'élévation du niveau de la mer sans considérer la température des océans, une donnée essentielle. C'est via l’atmosphère dans lequel il vit que l’Homme ressent toute la saveur des variations climatiques (température, précipitations). Depuis le début du XXe siècle la...

Le système de satellites Grace: Gravity Recovery And Climate Experiment.
© Grace project
Les mesures depuis l’espace des variations de la gravité avec le système Grace (Gravity Recovery and Climate Experiment) lancé en mars 2002 apportent une nouvelle évaluation indépendante des transferts de masse d’eau.

Quelle est la part de la fonte des calottes glaciaires dans l'élévation du niveau de la mer ?
© DR
Ce sont les techniques de télédétection (aéroportées ou satellitaires) qui ont permis depuis une vingtaine d’années d’avoir un nouveau regard sur les variations de masse des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. L’altimétrie satellitaire sur orbite polaire (ERS-1/2, Envisat), les...

Évolution de la masse des glaciers continentaux 1980-2007 exprimée en équivalent millimètres d’eau sur la totalité de leur surface.
En rouge les trente glaciers de référence.
© (WGMS, Zurich)
Les glaciers continentaux sont évidemment sensibles aux variations climatiques et singulièrement à l’évolution en cours du climat.

Évaluation par Grace des variations des masses d'eaux continentales (exprimées en millimètres)
entre février 2003 et février 2006.
© DR
Les eaux continentales (qui ici n’incluent pas les calottes polaires et glaciers) participent au cycle de l’eau planétaire et sont à ce titre actrices de la machine climatique. Elles sont constamment échangées avec l’atmosphère et l’océan (évaporation, transpiration, ruissellement).

Élévation du niveau de la mer: quel est le bilan final des observations ?
© ecolomania.com
Après évaluation des différentes variations qui peuvent influencer le niveau de la mer, un bilan a été établi. Élévation du niveau de la mer: quel est le bilan final des observations ?

Évaluation par Grace de la variation de la masse océanique entre 2003 et 2008:
mesures brutes en bas et après correction de GIA en haut.
© DR
Les variations de la quantité d’eau dans l’océan, donc de la masse océanique induisent une variation du champ de gravité que le satellite Grace mesure directement. Aux données brutes de Grace il faut cependant apporter une correction de rebond postglaciaire (GIA). Dans le cas de la mesure...

Variations spatiales de l’élévation du niveau de la mer 1992-2008 en mm/an, altimétrie (en haut) et variations spatiales de la part due
au contenu thermique (en bas) en mm/an également.
© Legos
Alors que la fonte des glaciers s’est accélérée, il peut sembler surprenant que l’expansion thermique des océans ait marqué une pause aussi sensible entre 2003 et 2008. En tirer la conclusion que le réchauffement planétaire lui-même s’essouffle serait une erreur, bien que nous ne soyons pas...

Le niveau de la mer doit être mesuré en continu.
© Janne M, Flickr CC by-NC-SA 3.0
La mer, incontestablement et inexorablement, monte… Elle le fait à un rythme variable aux échelles pluriannuelles et décennales qui intègrent les réponses propres des différentes composantes qui y contribuent au réchauffement global d’une part et à toutes les échelles de variation climatique...

Le 29 mai 2011 à 10h05
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/dossier-mesurer-le-niveau-des-oceans-un-enjeu-de-taille_30466/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Lun 25 Juil 2011 - 0:59

Pollution de la Méditerranée: « inquiétante » dit un rapport sénatorial

Surpêche, résidus de médicaments, déchets de matières plastiques, polluants organiques…, la Méditerranée va très mal, explique un rapport présenté par le sénateur Roland Courteau. D’après lui, le « point de non-retour » n’est pas loin.

C’est plus un réquisitoire qu’un rapport. Présenté cette semaine au Sénat par Roland Courteau, sénateur de l’Aude, le texte de l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques (OPECST) détaille sur 300 pages tous les maux qui rongent la Méditerranée, cette mer presque fermée dont l’eau met un siècle à sortir. Une synthèse de quatre pages de ce rapport, intitulé La pollution de la Méditerranée: état et perspectives à l'horizon 2030, est disponible sur le site du Sénat.

Les faits mis en lumière sont connus mais leur juxtaposition donne un état de santé inquiétant de mare nostrum (notre mer), comme disaient les Romains de l’Antiquité. Les symptômes sont multiples mais la cause première est bien sûr la croissance de la population dans les pays riverains, de 285 millions à 427 millions d’habitants entre 1970 et 2000, selon le rapport, avec « 14% d’augmentation pour les pays de la rive nord et 101% pour les pays des rives est et sud ». Et cette croissance est aggravée par l’urbanisation grandissante mais aussi par la littoralisation, c’est-à-dire l’augmentation des populations vivant près de la côte, passées sur la même période de 96 à 145 millions.

Coopération internationale indispensable
La Méditerranée a ainsi vu grossir le flux de molécules chimiques, de matières organiques, de déchets de matières plastiques, de bateaux de pêche et d’espèces invasives. Les hydrocarbures sont pointés du doigt mais aussi les nitrates, les phosphates, les métaux lourds, les pesticides, les polluants de toutes sortes et même les produits pharmacologiques, une « pollution émergente » selon le rapport, qui souligne qu’il faudrait « 50 millions d’années pour tester individuellement chacune des molécules connues ».

Les stations d’épuration sont à l’évidence en nombre insuffisant. Dans les pays au nord de la Méditerranée, « seules 11% des villes de plus de 10.000 habitants n’ont pas de réseaux d’épuration - au sud ce pourcentage atteint 44% ». Plus généralement, les politiques et les moyens divergent très largement entre les pays du pourtour méditerranéen et, expliquent ces sénateurs, c’est à ce niveau qu’il faut agir et le rapport propose une liste de mesures. Par exemple, pour la lutte contre la pollution ou pour la recherche océanographique, des coopérations doivent être mises en place. Il faut s’organiser pour réduire les rejets d’hydrocarbures et encourager la création de zones marines protégées.


La vallée du Nil et la Méditerranée, photographiées de nuit le 28 octobre 2010 depuis la Station spatiale internationale. La croissance démographique,
l'urbanisation et la littoralisation impactent fortement cette mer presque fermée.
© Nasa
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 24 juin 2011 à 17h28
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/pollution-de-la-mediterranee-inquietante-dit-un-rapport-senatorial_31085/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Ven 5 Aoû 2011 - 12:56

L’expédition Tara Océans dans les Gambier

Le voilier océanographique Tara est désormais mouillé au milieu du lagon de Mangareva, dans l’archipel des Gambier. Ne manquez pas de suivre cette expédition. Il se passe toujours quelque chose…
Pour trouver Mangareva, une bonne méthode est d’utiliser Google Earth. La vue se dirigera vers le Pacifique sud, montrera Tahiti, puis plongera à droite, c’est-à-dire à l’est, vers l’archipel des Tuamotu (les « îles du large »), et descendra au sud-est vers un curieux chapelet d’îles encerclées d’un récif corallien. Les quatre îles Gambier sont en effet serrées dans un même lagon, à la manière de Bora-Bora, mais en plus grand.

Mangareva est la plus grande. Son nom signifie, comme on voudra, « montagne flottante » (car elle paraît s’élever au-dessus de l’eau pour le navigateur venu des Tuamotu, et reva veut dire aussi céleste), ou bien « montagne où pousse la reva », laquelle est une jolie fleur (vénéneuse).


Le lagon des Gambier, en ce début juillet, est bien venté...
© Sybille d'Orgeval/Tara Expéditions
À la recherche du plancton
L’équipe du Tara (on dit les taranautes) s’y est installée et y poursuit sa longue mission de trois années, commencée en 2009 et consacrée à l’étude du plancton. Cet ensemble d’organismes, minuscules, parfois microscopiques, où l’on trouve des végétaux, des petits animaux ou des larves voire des gamètes (cellules sexuelles), est encore loin d’être bien connu alors qu’il joue un rôle écologique énorme à l’échelle de la planète.

Christian Sardet, océanographe à la Station marine de Villefranche-sur-mer et l’un des initiateurs de l’expédition Tara Océans, explique que ce grand voyage scientifique doit faire progresser les connaissances mais aussi mieux faire connaître ce monde étrange et magnifique et « contribuer à l’éveil d’une conscience écologique ».


Les récoltes de plancton, depuis la poupe de Tara. À gauche, Sarah Searson, océanographe britannique.
© Sybille d'Orgeval/Tara Expéditions
Au cœur d’un lagon géant
Après la Méditerranée (2009), l’océan Indien (2010) et l’océan Atlantique (atteint en septembre 2010), le voilier Tara (qui fut l’Antarctica de Jean-Louis Etienne, et avait auparavant exploré l'océan Arctique) a longé les côtes brésiliennes, vers le sud, a fait escale à Ushuaia, non loin du Cap Horn, en décembre 2010 et est entré en janvier 2011 dans les eaux antarctiques. Le navire a ensuite remonté les côtes chiliennes du Pacifique, s’est promené dans les Galapagos puis a fait route vers l’ouest jusqu’à la Polynésie.

Dans le -grand - lagon des Gambier, le Tara est longtemps resté au calme, mais le vent s’est levé cette semaine et le navire, comme le raconte le journal de bord, était secoué comme en pleine mer. La météo n’a pas empêché l’équipe de poursuivre ses prélèvements et ses prises de vue, y compris avec des plongées de nuit.


Une des vedettes du plancton, l'annélide Platynereis, cousin élégant de nos vers de terre.
© Kahi Kai/Tara Oceans
Jours de fêtes en Polynésie
L’équipage s’amuse, aussi, d’autant qu’avec le mois de juillet, les fêtes ont commencé dans toute la Polynésie française. Rituelles, ces festivités ont historiquement comme origine la fête nationale du 14 juillet. Les Polynésiens aimant danser, l’événement s’est étendu à tout le mois, et s’est longtemps appelé Tiurai, déformation de july, juillet en anglais. Depuis 1985, on dit Heiva, c’est-à-dire, tout simplement, fête. On chante, on danse et, à Tahiti, de très sérieux concours récompensent les meilleures équipes de danseuses et danseurs.

La visite du site de l'expédition Tara Océans, entre vie à bord, photographies, vidéos et trouvailles scientifiques, est donc une excellente récréation exotique !


Un mollusque nudibranche (Phyllidiella sp.), aux branchies externes (« nues » comme le nom du groupe l'indique):
les organismes marins savent être beaux...
© Kahi Kai/Tara Oceans
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 9 juillet 2011 à 15h32
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/lexpedition-tara-oceans-dans-les-gambier_31337/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Ven 5 Aoû 2011 - 15:18

Les baleines grises changent de régime alimentaire

Comment les baleines grises ont-elles survécu aux changements climatiques passés ? Deux chercheurs californiens ont confronté le nombre d’individus, estimé génétiquement, avec la population maximale théorique qu’a pu nourrir le milieu au cours des derniers 120.000ans. Résultat: ces grands cétacés ont pu maintenir des populations fortes grâce à un changement de leurs habitudes alimentaires.

Avec ses émissions de gaz à effet de serre, l’homme est sans doute en train de modifier brusquement les éléments garantissant un climat stable et doux depuis plusieurs milliers d’années. Le dérèglement climatique qui s’en suit commence à modifier les habitats de nombreuses espèces - notamment en montagne - qui doivent s’adapter pour survivre. Mais qu’en a-t-il été au cours des fortes variations climatiques passées ?

Pour le mammouth et de nombreux grands mammifères terrestres, la sortie de la glaciation s’est soldée par une disparition. Nicholas Pyenson et David Lindberg, chercheurs à l’Université de Berkeley, ont étudié le cas intéressant d’un mammifère marin, la baleine grise Eschrichtius robustus. Ce cétacé vit dans les eaux peu profondes du plateau continental, le long des côtes du Pacifique nord, et se nourrit des petits organismes vivant sur le fond, le benthos. Très chassée du XVIIIe au XXe, les efforts de protection entrepris à partir des années 1930 ont payé: la population a retrouvé les niveaux d’avant la période de chasse intensive - le maximum naturel que peut accueillir leur habitat - soit environ 20.000 individus.


La baleine grise est un cétacé de taille moyenne (11m à 14m) des côtes du Pacifique nord. C'est le seul représentant actuel du genre Eschrichtius.
© Marine Mammal Commission-wikipediaDP
Une taille maximale pour les populations
Cette valeur, appelée capacité de charge, est un concept relativement complexe qui dépend de plusieurs facteurs, dont l’extension de cet habitat et sa capacité à fournir de la nourriture. Une disponibilité de la nourriture qui peut varier au cours des temps géologiques à cause de changements à grande échelle. Dans le cas le cas des espèces marines vivant en eaux peu profondes, les variations du niveau marin et l’extension de la banquise remodèlent complètement les zones d’habitat et d’alimentation. Depuis les plus anciennes preuves fossiles attestant la présence de baleines grises il y a 200.000ans, le climat, et donc le niveau des mers, a énormément fluctué. Les traits de côtes et donc les zones fréquentées et utilisées par cette espèce ont été plusieurs fois redessinés. Comment les baleines ont-elles pu survivre à ces bouleversements ? Question jusqu'alors sans réponse mais particulièrement intéressante en ces temps de changement climatique menaçant nombre d’espèces… dont la nôtre.

Géographie versus génétique
En calculant l’étendue de la zone côtière entre 0m et 75m propice à l’alimentation des cétacés, les chercheurs sont parvenus à estimer la population maximale qu’a pu supporter le pacifique nord au cours des derniers 120.000ans. Et selon ce paramètre, la population de baleines grises aurait chuté drastiquement durant les épisodes glaciaires, en particulier au cours du dernier maximum glaciaire ou LGM. Au point que ces réductions d’effectifs auraient dû être inscrites dans le patrimoine génétique de l’espèce.


Aire de répartition actuelle des baleines grises. En période de glaciation, la baisse du niveau des mers fait disparaître une grande partie
de ces zones peu profondes, notamment le détroit de Behring, réduisant les lieux habituels d'alimentation du cétacé.
© Pcb21-wikipedia-CC-by-sa 3.0
En effet, la diversité génétique d’une espèce est liée à la taille de sa population: plus il y a d’individus, plus il peut y avoir de variantes des gènes et de brassage génétique. A l’inverse, un effectif faible augmente la consanguinité et donc l’homogénéité génétique. En étudiant l’ADN d’individus actuels, on peut retrouver les traces laissées par les variations successives de tailles des populations dans l’histoire de cette espèce. Mis à mal durant la période de chasse, le nombre de baleines grises estimé par cette méthode montre un maximum il y a quelques milliers d’années et une stabilisation ces derniers siècles autour de 20.000 individus. Mais on ne trouve pas de trace d’effondrements dramatiques des stocks avant la période de chasse intensive.

Changement de crèmerie !
Il semble ainsi qu'il y a eu, en période glaciaire, une population supérieure à ce que la zone d'alimentation habituelle – la zone côtière peu profonde – a pu nourrir. Or c’est l’histoire géologique de la Terre qui définit sans négociations l’extension de ce territoire. Pour Nicholas Pyenson et David Lindberg, si des populations nombreuses de baleines grises ont pu se nourrir malgré la réduction de l'étendue de leur supermarché benthique, c'est qu'elles n'ont pas rechigné à aller voir ailleurs, au large ! Elles auraient changé de comportement alimentaire, ne se limitant plus à la seule prédation d'organismes benthiques mais adoptant des modes d’alimentation par filtration d’espèces pélagiques plus diverses. L’observation actuelle de comportements alimentaires variés chez une population de baleines grises présentes sur la côte nord-ouest américaine et autour de l’île de Vancouver accrédite cette hypothèse.

Un indice supplémentaire de la capacité d’adaptation de la vie à de grands changements de leur milieu, à condition que ceux-ci ne soient pas trop rapides.


Très chassées, les baleines grises ont fini par retrouver la taille naturelle de leur population,
environ 20.000 individus, grâce aux efforts de protection.
© guilmay-flickr-CC BY-NC-ND 2.0
Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 11 juillet 2011 à 15h32
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/variations-climatiques-les-baleines-grises-changent-de-regime-alimentaire_31333/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Sam 6 Aoû 2011 - 13:43

Des baleines radioactives au large de Fukushima

Au large des restes de la centrale de Fukushima, les éléments radioactifs apportés à l'océan par les fuites et les rejets d'eau de refroidissement contaminent les organismes marins. Jusqu'aux baleines ! Du césium radioactif a en effet été trouvé dans deux individus abattus près d'Hokkaido.

Quatre mois tout juste après le séisme et le tsunami qui ont ravagé les côtes nord-est du Japon, la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, détruite, vomit encore chaque jour d’importantes quantités de radioactivité dans l’environnement. À cause des tonnes d’eau déversées lors d’une improvisation de la dernière chance pour refroidir les réacteurs blessés, c’est l’océan tout proche qui a surtout récupéré les radioéléments. Si des tentatives de Tepco et d’Areva sont encore en cours pour limiter les rejets et colmater les fuites, la centrale ne peut pas être étanche. Or il faut continuer à refroidir les cœurs et le combustible usé. Alors de l’eau radioactive s’écoule toujours en mer. Personne n’y peut rien.

Dilution …et concentration
Bien sûr, les courants transportent et diluent les rejets toxiques dans l’immensité de l’océan, mais il faut compter avec la vie qui a une tendance naturelle à lutter contre l’entropie… Sur la côte justement, il y a de la vie: des algues, des moules, des poissons, des mammifères marins, participant tous à une chaîne alimentaire complexe. Chacun de ces organismes, à son niveau, capte et retient les particules présentes dans l’eau et se nourrit de l’étage inférieur. De proies en prédateurs, il y a concentration des éléments radioactifs. Plus ils sont hauts dans la chaîne, plus ils risquent d’être contaminés. Outre les filtreurs, comme les moules, qui par définition vont retenir tous les polluants, les poissons carnivores, prédateurs, comme les thons ou les requins sont particulièrement vulnérables. Or ce sont des prises et des mets de choix pour les populations humaines...


Algues, poisson cru... les sushis, plats emblématiques de la cuisine japonaise sont-ils menacés ?
© flexgraph-flickr-CC BY-NC-ND 2.0
Baleines radioactives!
Pour l’instant, en plus des détections directes d’iode 131, de césium 134 et de césium 137 dans l’eau de mer à 40km de la centrale, ce sont les algues qui inquiètent: comme les champignons sur la terre ferme, les algues concentrent fortement les radio-éléments. Et les grands mammifères marins avalent quotidiennement des tonnes de petits organismes qui se nourrissent de ces algues…

Mi-juin, dix-sept baleines ont été abattues au large d’Hokkaido dans le cadre du « programme de recherche » japonais sur les cétacé - une couverture pour de la chasse commerciale. Après analyse de six d’entre elles, deux se sont révélées contaminées au césium. Le gouvernement a interdit la pêche autour de la centrale. Les autorités et les responsables des pêcheries effectuent des contrôles du niveau d'irradiation de la pêche le long de la côte.

Alors que se tient ces jours-ci la 63e Commission Baleinière Internationale on peut ironiquement noter que pour une fois, les fameux prélèvements scientifiques de baleines du programme de recherche japonais auront servi à quelque chose...


Les baleines, au sommet de la chaîne alimentaire, concentrent les polluants tout au long de leur vie,
et notamment les radio-éléments libérés lors de la catastrophe de Fukushima.
© Lou Romig-fotopedia-CC BY 3.0
Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 12 juillet 2011 à 11h30
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/des-baleines-radioactives-au-large-de-fukushima_31364/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Dim 7 Aoû 2011 - 0:15

12 volcans découverts au fond de l'Atlantique sud !

Douze nouveaux volcans ont été découverts par l'équipage du bateau de recherche James Clark Ross, lors d'une expédition dans le sud de l'océan Atlantique. La découverte apportera de nouvelles connaissances en volcanologie.

En effectuant des analyses des fonds marins, les chercheurs du British Antarctic Survey, embarqués sur le RRS (Royal Research Ship) James Clark Ross, ont fait une découverte étonnante. Les analyses ont mis en évidence la présence de 12 volcans, à proximité des îles Sandwich du Sud (au nord-est du cap Horn). Ces îles, au nombre de 11, sont également d’origine volcanique et sont nées de la subduction de la plaque Scotia sous la plaque africaine.

Parmi les volcans découverts, certains ont une hauteur de 3.000m. Le sommet de certains autres s’est effondré en provoquant des cratères de 5km de diamètre. Cette découverte devrait permettre d’en apprendre davantage sur l’évolution et le cycle de vie des volcans car sept d’entre eux sont encore en activité. Ils pourraient aussi permettre d’appréhender la formation de tsunamis lors d’éruptions subaquatiques.

Enfin, à l’instar des sites hydrothermaux, les volcans sous-marins réchauffent les eaux environnantes, offrant un habitat spécialisé aux espèces subaquatiques.


Douze nouveaux volcans subaquatiques ont été découverts à proximité des îles Sandwich du Sud
© British Antarctic Survey
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 13 juillet 2011 à 12h34
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/en-bref-12-volcans-decouverts-au-fond-de-latlantique-sud_31385/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Lun 8 Aoû 2011 - 17:22

Bilan mitigé pour la Commission baleinière internationale

Quatre jours de discussions mais peu d’avancées réelles au cours de la 63e session de la Commission baleinière internationale. Les pays membres se sont toutefois engagés à augmenter la transparence du fonctionnement de l’organisation.

Attendue avec intérêt après les vives tensions de l’an dernier, à Agadir, la 63e session de la Commission Baleinière Internationale (CBI), qui vient de clore à Jersey, aura finalement été un peu fade. Les noms d’oiseaux diplomatiques ont parfois fusé entre Japonais, partisans de la chasse, et Britanniques en faveur de la protection des cétacés. Mais il y a eu blocage sur le projet de sanctuaire dans l’Atlantique sud proposé par le Brésil et l’Argentine et même les quelques résolutions adoptées montrent bien la difficulté d’établir un plan d’action par consensus avec des points de vue et des intérêts aussi opposés.

Jeudi, le Japon a réussi à faire passer un texte condamnant toute action violente ou mettant en péril la sécurité des équipages en mer, quelles que soient les différences de points de vue sur la protection de baleines. Ce document fait référence, pour les discréditer, aux attaques de baleiniers menées par le bateau de l’ONG écologiste Sea Shepherd du Canadien Paul Watson. Mais les lois maritimes internationales interdisent déjà ce genre de comportement pirate...

Le point le plus important reste l’engagement à plus de transparence dans le fonctionnement de l’institution. Initié par la Grande-Bretagne seule, car la position « pro-chasse » du Danemark a empêché une action commune aux 27 états européens, le texte s’est confronté à l’opposition du Japon. Ce dernier est soupçonné ouvertement de s’assurer les voies de pays défavorisés en payant leur cotisation ou en les récompensant par de l’aide au développement. Mais la délégation nippone n’a pu contrer la résolution visant à une harmonisation avec les « bonnes pratiques » (théoriquement) en vigueur dans nombre d’autres organisations internationales. Le commissaire britannique Richard Pullen estime que ce texte « envoie un message puissant que nous sommes prêts à faire avancer la CBI dans le 21e siècle en améliorant son efficacité et sa gouvernance ».

Rendez-vous du 11 juin au 6 juillet 2012 à Panama City pour voir ce qu’il adviendra du projet de sanctuaire lors de la prochaine session.


Malgré des efforts de protection, les stocks de grands mammifères marins peinent à remonter. Le sort de ces espèces se joue chaque année
dans les méandres diplomatiques jusqu'ici obscurs de la Commission Baleinière Internationale.
© Lou Romig-fotopedia-CC BY 3.0
Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 18 juillet 2011 à 10h23
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/en-bref-bilan-mitige-pour-la-commission-baleiniere-internationale_31442/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Jeu 18 Aoû 2011 - 10:37

Le vénérable sous-marin Nautile repart explorer les océans

Depuis 1984, le sous-marin jaune capable de descendre à 6.000m, a accompagné les océanographes lors de près de 1.800 plongées et a parfois joué les vedettes, par exemple en explorant l’épave du Titanic. Refait à neuf, équipé d’instruments high-tech, il va reprendre la mer. Témoignage ému de son pilote.
Avec 1.784 plongées à son actif, dont l'exploration de l'épave du Titanic, le Nautile, sous-marin habité de l'Ifremer, commençait à se faire vieux. Après d'importants travaux de rénovation, il s'apprête à reprendre la mer pour de nouvelles missions. Dans le hangar du centre de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), basé à La Seyne-sur-Mer (Var), ce submersible ovoïde de couleur jaune attend d'embarquer à bord de son navire support, l'Atalante.

À l'intérieur du minuscule habitacle (2,10m de diamètre), une sphère pouvant accueillir trois personnes, dont deux en position allongée, Jean-Paul Justiniano, pilote du Nautile depuis sa mise en service fin 1984, fait les derniers réglages. Il a hâte de retrouver les fonds marins après quatre mois d'arrêt technique. Quatre mois mis à profit pour changer certaines pièces de la charpente en titane, où des fissures étaient apparues, et moderniser l'engin qui arbore désormais des caméras à haute définition, un système de navigation et de positionnement plus précis et des logiciels dernier cri.

Quasi-unique lors de sa conception en 1984 par le Cnexo (Centre national pour l'exploitation des océans, devenu Ifremer), pour un coût de 120 millions de francs, ce successeur des bathyscaphes, gros sous-marins peu aisés à manier, « fait l'objet d'améliorations constantes pour prolonger sa durée de vie », qui ne devait être à l'origine que de vingt ans, et affronter la concurrence des robots high-tech commandés à distance, explique son inventeur Jean-François Drogou.


Le Nautile en action. Il peut emmener trois personnes jusqu'à 6.000m de profondeur, soit 97% de la superficie des fonds océaniques.
© Ifremer
Soixante pour cent de plongées scientifiques
Après cette transformation, place aux essais en Méditerranée, suivis d'une plongée en Atlantique à 5.000m le 7 août. Le Nautile, qui peut descendre jusqu'à 6.000m - ce qui lui rend accessible 97% des fonds marins - sera alors prêt à reprendre du service pour une mission au départ des Açores, menée par la Marine nationale.

Depuis ses débuts, il a exploré de nombreux océans et mers, dans 60% des cas à des buts scientifiques, 30% à des fins techniques et 10% dans le cadre de campagnes d'affrètement, les plus médiatisées. Le célèbre sous-marin jaune a fouillé l'épave du Titanic de 1987 à 1998 - « un des plus beaux souvenirs de ma carrière », confie Jean-Paul Justiniano - colmaté les fuites du pétrolier Prestige en 2002-2003, au large des côtes espagnoles de la Galice (nord-ouest), et plus récemment a été sollicité pour rechercher les boîtes noires du vol AF 447 Rio-Paris.

Au cours de plus de 1.700 immersions, chacune durant une dizaine d'heures en moyenne, le Nautile n'a jamais connu de problème de sécurité majeur. Et il dispose de réserves d'oxygène nécessaires pour tenir cinq jours dans les abysses en cas de mauvaises conditions météo en surface.

Prochain retour à terre: fin 2012… ou 2013
Seuls dangers, « s'accrocher sur une épave ou rentrer dans une caverne sans s'en rendre compte et rester collé à la paroi », explique le pilote expérimenté. D'où la présence d'un sonar panoramique d'une portée de 500m, venant compléter six projecteurs éclairant un périmètre d'une dizaine de mètres. Car le submersible a avant tout été pensé pour l'observation via trois hublots, tandis que deux bras manipulés de l'intérieur permettent de recueillir des échantillons et de prendre des mesures. « Des manœuvres délicates à réaliser, l'engin pesant tout de même 19,5t et mesurant 8m de long pour 2,70m de large », souligne Jean-Paul Justiniano.

« Tension nerveuse, atmosphère confinée, longues missions » (souvent plus d'un mois): le métier est éprouvant physiquement, mais accompli avec « passion », dit-il, rappelant qu'ils ne sont que quatre à piloter l'engin en France. Mardi soir, il devait reprendre la mer avec « son » sous-marin qui, lui, ne reviendra à terre que fin 2012-début 2013, après un petit tour du monde, du Mexique à Futuna.


Pendant quatre mois, le Nautile s'est refait une beauté à La Seyne-sur-mer. Il est prêt pour reprendre
ses campagnes océaniques et ne reviendra à terre que dans plus d'un an.
© AFP/Photo Bertrand Langlois
* Les caractéristiques techniques du Nautile

AFP, le 3 août 2011 à 10h32
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/le-venerable-sous-marin-nautile-repart-explorer-les-oceans_31757/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Jeu 25 Aoû 2011 - 18:55

Icebergs géants en Antarctique après le tsunami japonais

Le tsunami provoqué par le séisme de magnitude 9 le 11 mars 2011 au large de la côte nord-est du Japon n’a pas ravagé que la centrale nucléaire de Fukushima. Deux nouveaux icebergs géants sont nés en Antarctique à cause des vagues engendrées à près de 14.000km de là.

Les variations rapides du niveau de la mer engendrées par les grands séismes se propagent à la vitesse d’un avion de ligne à travers les océans tout autour du Globe. Une étude dirigée par le glaciologue Kelly Brunt, du Goddard Space Flight Center de la Nasa, vient de relier le séisme japonais de mars 2011 à la rupture d’une barrière de glace sur la côte ouest du continent austral.

Sur la côte est de la mer de Ross, la glace des calottes continentales glisse lentement vers la mer en d’immenses glaciers de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur qui se prolongent en mer. D’abord raclant sur le fond, la glace s’amincit pour former une plateforme glaciaire flottante s’avançant dans l’océan sur plusieurs dizaines de kilomètres. De là naissent les énormes icebergs tabulaires caractéristiques des mers antarctiques. La plateforme de glace de Sulzberger est une des plus calmes du continent. D’après comparaison d’images aériennes et satellites, elle n’a pas donné naissance à ces îles de glace (on dit vêler) depuis au moins 46 ans.

Le film de l'événement
Quand un tsunami au Japon déstabilise un glacier en Antarctique
http://bcove.me/tmzhvj1c
Pour la première fois, le lien entre la rupture d'une plateforme de glace et un tsunami a pu être établi.
La modélisation montre que les vagues produites par le séisme japonais ont atteint la côte antarctique
en 18h. Les satellites Terra et Aqua de la Nasa ont aperçu un des icebergs à travers les nuages, mais
c'est avec les images radar du satellite européen Envisat que les chercheurs ont pu reconstituer ce
qui s'est passé. La fin de la vidéo montre une image aérienne de 1965, qui confirme que
si des lignes de fracture (en rose) existaient déjà, la plateforme de Sulzberger
était stable depuis au moins 46 ans.
© Nasa/Goddard
Mais en mars, c’est l’été austral et aucune banquise ne protège la côte ou la plateforme des assauts de la mer. Après plus de 18h de voyage, les vagues de longue période formées suite à la secousse japonaise se sont heurtées à la côte glacée. Amorties par le long trajet, leur amplitude en eau libre ne dépassait pas 30cm, mais à cause de nombreux phénomènes de réfraction et réflexion, le train d’ondes originel était suivi d’un cortège de répliques pendant près de 140h.

À partir du 12 mars minuit, le niveau de la mer, en montant et descendant rapidement, a exercé des contraintes sur la langue de glace déjà fragilisée. Le 13 mars, c’est la rupture: deux bloc géants totalisant 125km2 pour 80m d’épaisseur sont libérés et partent à la dérive sur la mer de Ross. L’action a été suivie quasiment en direct par les chercheurs grâce aux images radar du satellite de l'Esa, Envisat.

Pour l’Agence Spatiale Européenne qui gère le satellite, cela montre ce que peut apporter une surveillance quotidienne de la planète dans la compréhension des conséquences des catastrophes naturelles. C’est la première fois en effet que la cause d’un tel vêlage est associée à un événement catastrophique lointain comme le séisme de Sendai. Les chercheurs y voient la confirmation de la protection et du renforcement apportés par la banquise à une plateforme de glace. C’est enfin un exemple du rôle que peuvent jouer des phénomènes extérieurs lointains dans la déstabilisation de ces glaciers.


À gauche, l'image prise par le satellite Envisat le 12 mars 2011 montre l'extrémité de la plateforme de Sulzberger qui commence à se fracturer.
Sur l'image du 16 mars à droite, les deux glaçons, plus grands que l'île de Noirmoutier, sont libres.
© Esa
* Magnitude 9.0 - NEAR THE EAST COAST OF HONSHU, JAPAN

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 11 août 2011 à 13h36
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/en-video-icebergs-geants-en-antarctique-apres-le-tsunami-japonais_32763/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Ven 26 Aoû 2011 - 0:46

Une carte mondiale pointe les plus menacés

Du nouveau pour la protection des coraux. Des chercheurs australiens ont établi une carte mondiale de la vulnérabilité des récifs. Elle permet de déceler les lieux où des mesures de conservation seront les plus utiles et semble donc un outil précieux pour les gestionnaires de ces écosystèmes fragiles.

Les récifs coralliens vont mal. Dix-neuf pour cent d’entre eux sont déjà morts, 15% du restant va suivre dans les quinze ans à venir selon les prévisions du réseau d’observation mondial des récifs coralliens (GCRMN). La hausse de la température de l'eau liée au réchauffement global est une des causes principales de leur mauvaise santé. Or l’écosystème basé sur les coraux est un des plus riches et productifs qui soient. Il abrite des milliers d’espèces marines, nourrit directement une centaine de millions de personnes et garantit la protection de la côte contre les assauts de la mer dans des dizaines de pays. La valeur économique des récifs est donc importante et, par surcroît, ils sont un des attraits touristiques principaux de nombreuses destinations.

Cartographier les périls est difficile car les coraux sont sensibles à des causes de stress très diverses. Une des principales causes de mort est liée aux variations excessives de la température de l’eau et en particulier son réchauffement. Il entraîne l’expulsion des microalgues en symbiose avec le polype ce qui fait blanchir le corail et finit par le tuer.

De nombreux paramètres pour une note globale
Le travail des biologistes de la Macquarie University de Sydney a donc pris en compte les caractéristiques des variations passées et prévues de la température de l’eau ainsi que bien d’autres facteurs. Parmi lesquels: la prolifération d’algues, l’exposition au soleil et aux ultraviolets, la quantité de sédiments et de polluants pouvant être apportés de la terre par les eaux de ruissellement ou encore l’effet des marées… Ils en ont formé trois catégories : les variables liées au soleil (température, UV), les paramètres augmentant le stress (eutrophisation, apport de sédiments) et ceux diminuant ce stress (le vent, les marées), qu’ils ont pu intégrer sous forme mathématique dans un modèle, d’où est issue la carte.


La carte synthétisant le travail de l'équipe de Joseph Maina localise les principaux récifs mondiaux par des points colorés correspondant à une note
entre 0 et 1. Du vert pour un récif en pleine forme (valeur 0), le dégradé va jusqu'au rouge, (valeur 1), symbole d'un fort risque de disparition.
La Réunion, avec un score de 0,13, est selon l'étude le meilleur élève.
© Joseph Maina
Sur ce planisphère, chaque récif de corail se voit attribuer une note, une valeur entre 0 et 1 correspondant à l’importance du stress qu’il subit et donc à son risque de disparition. Les données brutes sont disponibles sur le site du journal Plos One. La principale source de stress est l'augmentation de température de l'eau à cause du réchauffement climatique, renforcé ou réduit par d'autres facteurs également pris en compte. Une valeur basse correspond à des zones en bonne santé et faiblement menacées - en se rapprochant de 1, les perturbations augmentent et l’avenir s’assombrit.

Malheur aux vaincus
Pour l’organisation des efforts de protection, la carte est un outil précieux car elle est censée permettre de mieux diriger les investissements. Mais elle fait émerger une idée assez nouvelle: pour certains biologistes, dont le co-auteur de l’étude Tim McClanahan, de la Wildlife Conservation Society de Mombasa au Kenya, il faudrait « se concentrer sur les [récifs] gagnants, pas sur les perdants ». Un point de vue très pragmatique…

Des critiques quant à la valeur des diagnostics s’élèvent également car la réponse des récifs à une même agression peut être fort différente. Mais Joseph Maina, responsable de l’étude, précise bien que leur travail compile de manière lisible et efficace les agressions subies par le corail pour en tirer une valeur globale de stress. Il s'agit d'une somme de paramètres extérieurs, et l’avenir du récif dépend bien sûr fortement de l’adaptabilité et de la résilience des coraux face à ces menaces. Le séquençage du génome d'un corail, effectué récemment, apporte des précisions sur ces points.

Les informations apportées par ce travail dressent en tout cas un état des lieux précis de la vulnérabilité du corail face au réchauffement climatique. Utilisées en connaissant leurs limites, elles rendront tout de même la vie plus facile à ceux qui, dans le monde, tentent de sauver les récifs.


Richelieu Rock: un des plus beaux exemples de l'incroyable vitalité des récifs coralliens dans le Surin National Marine Park en Thaïlande. La carte
établie par l'équipe de Joseph Maina aidera certainement à protéger cette biodiversité en péril.
© danielguip, Flickr, CC by-nc-sa 2.0
* Global Gradients of Coral Exposure to Environmental Stresses and Implications for Local Management
* Coral Reefs: Winners and Losers
* ReefBase - A Global Information System On Coral Reefs
* Global Coral Reef Monitoring Network

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 12 août 2011 à 13h29
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/recifs-de-coraux-une-carte-mondiale-pointe-les-plus-menaces_32785/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Ven 26 Aoû 2011 - 23:42

L’éruption volcanique de l’Axial Seamount avait été prévue !

Pour la première fois, une éruption volcanique a été anticipée. Grâce à des mesures de pression et de gonflement du volcan, des géologues américains ont su donner à quelques années près le moment d’une éruption sous-marine.

Tout comme les tremblements de terre, les éruptions volcaniques sont des événements imprévisibles. C’est d’ailleurs un problème majeur pour la prévention des risques et la protection des populations, au vu les catastrophes qu’ils peuvent engendrer. Alors, volcanologues et sismologues se sont attelés à comprendre les phénomènes conduisant à ces épisodes violents. Le but étant de mettre en évidence d’éventuels cycles. Pour cela, les observations des volcans se sont multipliées et les outils des géologues se sont diversifiés.

L’Axial Seamount, dont l’éruption du 27 juillet avait été annoncée en 2006 par le géologue Bill Chadwick et le géophysicien Scott Nooner, était bardé de capteurs depuis près de treize ans. En 1998, ce volcan sous-marin de la dorsale Juan de Fuca était déjà entré en éruption. Le fond de la caldeira s’était alors affaissé de 3,20m, chassant la roche en fusion hors de la chambre magmatique. Rapidement, les géologues ont disposé des instruments de mesure, notamment de pression, pour suivre les mouvements du plancher océanique dans le cratère. Un gonflement rapide (20cm par an) ayant été mesuré, le dispositif s’est complexifié et suffisamment de données ont été recueillies pour qu’en 2006, les chercheurs publient leur pronostic: une nouvelle éruption aura lieu avant 2014.

Comprendre les cycles éruptifs
Pour arriver à ce résultat, l’équipe de l’université de l’Oregon a calculé le flux remplissant la chambre magmatique. Le gonflement au centre de la caldeira, stabilisé à 15cm par an, correspondait à une arrivée de 14 millions de mètres cubes de magma chaque année dans la chambre. Partant de l’hypothèse qu’une nouvelle éruption aurait lieu lorsque le fond du cratère aurait récupéré les 3,2m perdus en 1998, les chercheurs ont estimé la durée du cycle éruptif à seize ans.


Les pillow lavas, ou « laves en coussin », sont typiques des éruptions volcaniques sous-marines. Elles se forment lorsque
la roche en fusion à plus de 1.250°C entre en contact avec l'eau froide de l'océan.
© NOAA, Wikipedia, DP
Bien sûr, avec trois ans d’erreur, la précision de l’annonce laisse encore à désirer… Mais loin des prévisions météo, l’idée est en fait de comprendre quels cycles rythment l’activité d’un volcan et de développer des méthodes de suivi permettant de savoir où il en est. C’est ce qui est également fait à terre, sur le Vésuve par exemple, dont l’éruption sur la ville de Naples aurait bien d’autres conséquences qu’une coulure de basalte en mer.

Les techniques développées ici, avec le suivi sismique et la télédétection, sont au tout début d’une future prévision des éruptions. Chaque volcan est différent, a certainement son propre cycle, et les résultats de cette étude ne peuvent pas être directement exportés. En revanche, comme le souligne Scott Nooner, « le suivi complet de la déformation de la caldeira du volcan sur l’ensemble du cycle, d’une éruption à l’autre, est une première mondiale ». Reste à savoir si Axial Seamount sera au rendez-vous dans treize ou seize ans, ou s’il se comportera totalement différemment…


Le Giggenbach est lui aussi un volcan sous-marin très étudié. Sur l'image, la profondeur est figurée
par un dégradé de couleurs comme l'indique la légende en bas à droite.
© NOAA/National Science Foundation
* Vertical deformation monitoring at Axial Seamount since its 1998 eruption using deep-sea pressure sensors
* Volcanic inflation measured in the caldera of Axial Seamount: Implications for magma supply and future eruptions

Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 13 août 2011 à 14h24
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/premiere-leruption-volcanique-de-laxial-seamount-avait-ete-prevue_32791/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 31 Aoû 2011 - 0:23

Un rideau de bulles d’air antibruit pour protéger les poissons

Pour réduire le bruit émis lors de travaux sous-marins, des acousticiens proposent d’utiliser… des bulles d’air ! Comme des coups répétés sur la vitre d’un aquarium, des sons trop puissants blessent les animaux marins en détériorant leurs organes sensitifs. Les étonnants rideaux antibruit de ces chercheurs sont une solution innovante au problème.

L’océan n’est plus le Monde du Silence exploré et filmé par Jacques-Yves Cousteau, à tel point qu’on parle de pollution sonore. Des énormes bateaux, des forages, des recherches pétrolières ou des outils de cartographie du fond émettent en permanence un fort bruit.

Comme une soirée en boîte ou à un concert peut détruire notre audition, le son trop élevé de travaux sous-marins blesse les animaux. Les seiches, les poulpes et autres céphalopodes au corps mou sont les plus vulnérables mais les mammifères marins sont aussi affectés. Certains de leurs organes sensibles peuvent être réduits en bouillie par les variations de pression causées par ces sons, un peu comme les cerveaux des extraterrestres du film Mars Attacks !.


Le dispositif imaginé par les acousticiens de l'Université du Texas, lors des tests en bassin. Ici,
ce sont des bouées en vinyle qui sont testées comme amortisseurs sonores.
© Kevin Lee/University of Texas
Pour remédier à cela, des acousticiens de l’Université du Texas ont développé un mur de bulles d’air capable d’étouffer ce bruit. Les scientifiques ont d’abord testé des bulles d’air libres, remontant naturellement dans l’eau. La diminution du bruit se produit par dispersion car les bulles entrent en résonnance avec les ondes sonores, à condition d’avoir la taille adaptée à la longueur d’onde à étouffer. Or des bulles libres de 10cm de diamètre (diamètre nécessaire pour casser les fréquences inférieures à 200Hz) se fragmentent très vite en bulles plus petites au cours de leur remontée.

Baudruches antibruit
L’équipe de Mark Wochner est donc passée à l’étape suivante grâce à un procédé très technique permettant d’encapsuler des bulles d’air dans une peau de plastique: ils ont gonflé des baudruches ! En pratique, des lignes de ballons reliés par des câbles formant une cage ont été disposées autour d’une source sonore. Divers plastiques de différentes épaisseurs et formes ont été testés lors d’essais en piscine. Et si les recherches méritent d’être poursuivies, les premiers résultats, présentés au début de l’été à la réunion de la Société américaine d’acoustique, sont encourageants. Une baisse de plus de 40db a pu être obtenue: c’est la différence entre un centre-ville agité et le calme d’un musée !

Le but est de trouver un compromis entre performance sonore et durée de vie du matériau enveloppant les « bulles », pour pouvoir développer des applications industrielles à déployer en mer lors de travaux. Et qu’à l’avenir, les travaux de forages ou de construction sous-marines ne rendent pas sourds les animaux vivant alentour.


Il est facile d'imaginer le bruit que peut causer le fonctionnement de l'immense tour de forage
de bateaux comme le Saipem 12000, utilisés entre autres pour chercher du pétrole.
© gcaptain.com, Flickr, CC by-nc 2.0
Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 24 août 2011 à 10h22
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/oceanographie-1/d/un-rideau-de-bulles-dair-antibruit-pour-proteger-les-poissons_32971/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Ven 2 Sep 2011 - 19:18

Un nouveau courant marin découvert au nord-est de l’Islande

Un nouveau courant marin vient d’être identifié entre l’Islande et le Groenland. Froid et profond, il déverse de l’eau polaire dans l’Atlantique nord et participe ainsi à la grande boucle qui permet les échanges de chaleur entre tropiques et Arctique. Une nouvelle expédition vient de partir pour en identifier la source et comprendre en quoi le réchauffement climatique peut affecter son cours.

À une époque où le moindre mètre carré de la planète est scruté en permanence par des satellites, où des modèles prévoient en détail l’arrivée d’un tsunami japonais sur les côtes antarctiques 14.000km plus loin, il semble presque étonnant de pouvoir encore découvrir de nouvelles choses. Pourtant, les abysses restent suffisamment mystérieux pour livrer un cadeau digne des explorations des siècles passés: un nouveau courant marin.

La circulation générale de l’eau dans l’océan est tout de même assez bien documentée. Elle permet un transfert de chaleur de l’équateur vers les pôles en surface, avec dans l’Atlantique des courants comme le Gulf Stream. Pour que l’apport d’eau chaude se poursuive et maintienne un climat doux en Europe de l’Ouest, il faut une contrepartie: la seconde moitié de la boucle, en profondeur, rend aux zones tropicales de l’eau froide et salée, très dense, qui coule en flux puissants au fond de l’océan.


Une vue schématique des courants marins de la zone atlantique nord. Tous ne sont pas à la même profondeur, d'où des superpositions. La couleur
reflète la température de l'eau, avec: en rouge et orange, la dérive nord-atlantique, prolongement du Gulf Stream - en bleu, le courant
est-groenlandais passant par le détroit du Danemark, parallèle au nouveau courant nord-islandais en rose. L'eau profonde
nord-atlantique arrivant en partie de la mer de Norvège est figurée en tirets violets.
© Curry and Mauritzen
C’est un de ces « fleuves » abyssaux qui a été découvert par une équipe internationale d’océanographes, à partir des mesures effectuées à bord du navire de recherche Knorr, lors d’une expédition en 2008 au large de l’Islande. Les résultats viennent d’être publiés dans le journal Nature Geosciences.

Jusqu’à présent, la théorie de la circulation thermohaline n’identifiait qu’un seul courant froid dans le détroit du Danemark: le Courant est groenlandais (EGC), coulant le long des côtes orientales du Groenland. Mais à partir de multiples analyses de température, de salinité et de vitesse, les chercheurs ont pu comprendre et modéliser ce qui se passe sous l’eau à ce niveau.


Vue en coupe NO-SE d'une partie du détroit du Danemark. Le NIJ, en jaune, est adossé à la côte islandaise (en gris). En abscisses, la distance
en km le long de l'axe de mesures, dont les stations sont indiquées en haut (triangles). En ordonnées, la profondeur en m. L'échelle
de couleur figure la vitesse de déplacement vers l'équateur, en cm/s (négative en bleu).
© WHOI
Et ils se sont aperçus que le long des côtes islandaises du détroit, il fallait compter avec le North Icelandic Jet (NIJ), ou courant nord-islandais. D’après les chercheurs, il assurerait la moitié du transport d’eau vers le sud dans le détroit, dont quasiment toute l’eau la plus dense. Exutoire d’une partie de l’eau polaire profonde dans l’Atlantique, il jouerait ainsi un rôle de premier plan dans la fameuse circulation thermohaline, qui contrôle en partie le climat de l’Atlantique nord.

À la recherche de la source du NIJ
Restent deux énigmes: celle de la localisation de sa source et celle de sa réaction dans un contexte de réchauffement climatique. Une nouvelle expédition sur le Knorr est partie lundi 22 août pour répondre à ces questions. Elle installera pour la première fois une ligne d’instruments de mesure sur toute la largeur du détroit. Ancrés au fond et automatiques, ils collecteront pendant un an des données sur toute la tranche d’eau, nécessaires à quantifier le flux d’eau et à bien le différencier de l’EGC.

Après le mouillage de ces bouées, le bateau ira à la recherche de la source du NIJ, supposée au nord de l’Islande. Il s’agit d’identifier la zone de formation d’eau profonde où l’eau de mer, très froide et enrichie en sel par la formation de la banquise, est si dense qu’elle plonge en profondeur pour former le courant.

Le parfum des grandes expéditions historiques flotte sur cette mission… Et le détroit du Danemark, avec deux courants majeurs sur moins de 300km de large, devient un point clé tant pour l’océanographie que pour la climatologie.


Lors des missions en mer au large de l'Islande, les scientifiques doivent réaliser régulièrement des mesures
et des prélèvements d'eau. Parfois dans des conditions de météo difficiles...
© WHOI
Par Jean-Emmanuel Rattinacannou, Futura-Sciences, le 28 août 2011 à 17h31
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/un-nouveau-courant-marin-decouvert-au-nord-est-de-lislande_33036/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Jeu 27 Oct 2011 - 17:03

En Arctique, les baleines peuvent désormais passer à travers la banquise

Deux baleines boréales, l'une venant du Pacifique nord et l'autre de l'Atlantique nord, se sont rendues au même endroit, au nord du Canada, normalement inaccessible à cause de la banquise. Un voyage qui n'avait pas été possible depuis environ 10.000 ans. Le fameux passage du Nord-Ouest s'est ouvert pour les baleines, mais aussi, sans doute, pour d'autres espèces.

Les baleines boréales (Balaena mysticetus) vivent dans les eaux froides de l’Arctique. Elles sont divisées en cinq populations correspondant à des aires géographiques. Pour la première fois, des scientifiques ont prouvé que des baleines vivant dans le nord de l’océan Pacifique et d'autres provenant de l’océan Atlantique avaient atteint le même point au nord du Canada, en nageant au milieu des glaces de l’Arctique, signe que la traversée d'un océan à l'autre est possible.

À cause du réchauffement climatique, la banquise de l’Arctique fond petit à petit. Régulièrement, les instituts de veille comme la Jaxa ou le NSIDC enregistrent des records de minimum de surface. Le dernier date de 2007 et a bien failli être battu cette année.

À force de battre en retraite, la banquise finit par laisser un passage entre les océans Pacifique et Atlantique, au nord du Canada. C’est le passage du Nord-Ouest, qui fait depuis longtemps rêver les navigateurs humains. Au cours de l’hiver, il est bien sûr infranchissable puisque les glaces sont abondantes. Mais pendant l’été, et plus particulièrement en septembre, mois de tous les records, la banquise est à son minimum.

Le réchauffement ouvre la route à travers la banquise
C’est probablement à la fin de l’Holocène (il y a environ 10.000 ans) que des baleines ont pu traverser ce passage pour la dernière fois, une époque où la glace était absente à la fin de l’été. Mais en équipant des baleines appartenant à deux des cinq populations de Balaena mysticetus, celle du détroit de Béring, de la mer de Beaufort et celle de la mer de Baffin et du détroit de Davis avec des GPS, les scientifiques du Greenland Institute of Natural Ressource, de l’Université de Washington et de l’Alaska Department of Fish and Game ont montré que ces populations avaient emprunté le passage du Nord-Ouest à plusieurs reprises.


Parcours des deux baleines mâles dont les trajets se sont croisés en septembre 2010.
© Heide-Jørgensen et al. 2011 - Biology Letters
Déjà, en 2002, une baleine de l’Atlantique s’engageait dans ce passage avant de faire demi-tour, témoignant d’une certaine volonté de traverser le passage tandis qu’en 2006, une baleine du Pacifique tentait une expérience similaire. C’est en 2010 que les chemins de deux mâles, l’un venu du Pacifique, l’autre de l’Atlantique, se sont croisés au niveau du canal Parry. Les scientifiques ignorent ce qui a pu attirer ces deux cétacés dans cette zone plutôt pauvre en ressources alimentaires, mais suspectent, puisque seuls des mâles semblent avoir emprunté ce passage, que ces cétacés étaient probablement à la recherche de femelles.

Les analyses génétiques réalisées sur des populations de baleines de part et d’autre du passage suggèrent qu’il y a déjà eu des flux de gènes entre ces populations, dont l’occurrence dépend probablement de l’ampleur de la banquise et de l’ouverture du passage qui en découle. On parle alors de métapopulations. Quoi qu’il en soit, si les baleines ont réussi à se frayer un chemin au milieu de la banquise, c’est que d’autres espèces, dont la dispersion est plus difficile à observer, l’ont déjà fait ou sont désormais capables de le faire.


Les baleines boréales de l'Atlantique et du Pacifique se retrouvent au nord du Canada.
opcy - National Oceanic and Atmospheric Administration
Par Bruno Scala, Futura-Sciences, le 28 septembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/en-arctique-les-baleines-peuvent-desormais-passer-a-travers-la-banquise_33635/

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MessageSujet: Re: Oceanographie, l'actu...   Mer 16 Nov 2011 - 23:33

Le finning massacre des requins

Des requins continuent d’être chassés pour leurs ailerons, notamment à Taïwan comme le montrent des images publiées par l’ONG Pew Environment. Cette activité n’est pas nouvelle, ni même vraiment illégale, mais contribue à la raréfaction de plusieurs espèces.

Ces images de requins amputés de leurs ailerons et de leur nageoire caudale sont toujours choquantes, par la cruauté du traitement infligé aux animaux, pour la futilité de leur utilisation mais aussi pour le risque d’extinction qui pèse sur de nombreuses espèces de ces poissons cartilagineux. D’après l’UICN, c’est environ 30% d’entre elles qui sont aujourd’hui en danger. C’est le cas par exemple pour le requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini) et le requin longimane (Carcharhinus longimanus).

Les ailerons de requins se vendent très bien, notamment sur les marchés asiatiques, même quand la viande elle-même a peu de valeur marchande. Cette pêche, qu’on appelle le finning (fin signifie nageoire en anglais) touche donc d’innombrables espèces et elle est très peu réglementée. Souvent, les ailerons sont coupés sur le bateau et l’animal, toujours vivant mais incapable de nager, est rejeté à l’eau. La cruauté s’ajoute ainsi à la mauvaise gestion de la ressource. À terme, la soupe d’ailerons risque de devenir un plat de luxe quand les squales se seront trop raréfiés.


Les requins-marteaux sont des victimes habituelles du finning. Les effectifs se réduisent.
© Shawn Heinrichs/Pew Environment Group
Le finning trop peu réglementé
Les images prises au cours d’une campagne menée par l’ONG Pew Environment viennent de Taïwan et illustrent l’ampleur de ces prises. Selon les estimations, elle toucherait plusieurs dizaines de millions de requins par an (entre 26 et 73 millions selon des estimations réalisées en 2006).

Taïwan a promulgué une loi, le 20 octobre dernier, pour limiter le finning. En vigueur le 1er janvier prochain, elle n’interdira pas la pêche d’espèces menacées mais obligera les pêcheurs à ramener au port des carcasses complètes.


Des ailerons sèchent au soleil. Ces cadeaux de la mer se vendent très cher. On ignore le total des prises à l'échelle mondiale.
© Shawn Heinrichs/Pew Environment Group
Pour le finning ou pour la viande, l’Europe constitue un gros débouché et les réglementations sont insuffisantes, comme le souligne Shark Alliance à l’occasion de la Semaine européenne des requins, qui vient de s’achever. Le finning est interdit, comme dans de nombreux pays, sauf en Espagne, qui bénéficie d’une dérogation, mais la réglementation est semble-t-il insuffisante pour limiter vraiment ce commerce.

La chasse aux ailerons n’est pas la seule activité qui menace les populations de requins dans le monde, les prises accessoires (captures accidentelles parmi les espèces recherchées) ont aussi un fort impact.


Un requin récupéré par un pêcheur de mahi-mahi.
© Shawn Heinrichs/Pew Environment Group
* Un article sur les estimations de pêche pour le finning en 2006

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, le 6 novembre 2011
Source Actualité Futura-Sciences: http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/en-image-le-finning-massacre-des-requins_34424/

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Oceanographie, l'actu...
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